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Lifestyle - Objets Et Histoire

La petite fille en vendait !

Si j’ai décidé d’en parler, c’est parce qu’elle va bientôt tomber en désuétude (si ce n’est déjà fait). Pourtant, à des étudiants de l’Université de Princeton qui lui demandaient un jour quelle était, à son avis, la découverte la plus importante des temps modernes, Albert Einstein répliqua : « C’est l’allumette. » En effet, le jour où l’homme apprend à « domestiquer » le feu pour faire cuire ses aliments ou à se chauffer, il a accompli un premier pas important sur la route de la civilisation. Mais, au début, il ne sait pas produire le feu. Il faut qu’il attende, pour s’en procurer, que la foudre tombe et qu’éclate un incendie de forêt. Puis l’homme apprend à allumer le feu en frottant deux silex, l’étincelle qui en jaillit brûle l’herbe sèche. Une autre méthode consistait à faire tourner rapidement une baguette de bois dur sur du bois tendre : l’échauffement ainsi produit finit par enflammer les brindilles ou la mousse sèche entourant les bois. Ce n’est pas facile. Aussi, ce feu péniblement obtenu est-il soigneusement entretenu pour éviter qu’il ne s’éteigne : un feu brûle en permanence au milieu de chaque village. Des siècles durant, le feu est chose si essentielle qu’on le considère comme sacré, et des prêtres sont chargés de veiller sur lui. Dans la Rome antique, ce sont de jeunes prêtresses, les vestales, qui gardent le feu sacré de la déesse Vesta. Plus tard, lorsque Rome est devenue une grande cité, le feu sacré sur lequel veillent les vestales ne peut plus suffire aux besoins de tous les habitants. Les Romains installent dans différents quartiers de la ville de grands braseros publics continuellement entretenus, chacun peut venir s’y procurer des braises et les emporter chez soi. Il faut attendre le Moyen Âge pour que l’homme cesse de faire du feu comme ses ancêtres de la préhistoire. Les armes à feu, en plein développement, exigent pour allumer la poudre un procédé rapide et efficace. On invente divers systèmes, mais c’est surtout avec la mode du tabac que l’on accomplira de grands progrès vers le milieu du XVIIe siècle. On invente l’ancêtre de l’allumette : un bâtonnet de bois imbibé de soufre : il ne s’allume cependant pas par frottement. Pour enflammer cette allumette, il faut se livrer à une série d’opérations complexes qui obligent à manipuler des produits aussi dangereux que l’acide sulfurique, le chlorate de potassium, le soufre. Vers 1820, on vend en Allemagne des nécessaires pour fumeurs ; ces petits coffrets sont aussi explosifs qu’une poudrière en miniature. Enfin, en 1832, l’Allemand Jacques Kammerer met au point une allumette trempée dans un mélange de phosphore blanc, de chlorate de potassium et de colle. Pour l’enflammer, on la frotte sur une surface rugueuse. Mais ces allumettes peuvent prendre feu toutes seules dans une poche ! Au même moment, le Suédois Lundstrom imagine de préparer deux pâtes, l’une pour l’allumette, l’autre pour le frottoir : une extrémité de l’allumette est paraffinée, puis recouverte d’un bouton coloré. Celui-ci est composé d’un mélange de trisulfure d’antimoine et de chlorate de potassium, qui servent d’oxydant, de poudre de verre, qui sert d’abrasif pour augmenter la friction, et d’une colle qui retient le tout. Le frottoir, lui, est formé d’un mélange de phosphore rouge, de dioxyde de manganèse, de poudre de verre et d’une colle qui adhère au couvercle du carton d’allumettes. Les « allumettes de sûreté », ou « allumettes suédoises », sont nées ! Au début du XXe siècle, l’usage des allumettes se généralise, leur production et leur usage vont sans cesse croissant dans le monde.
La technique de fabrication étant à peu près maîtrisée, la terrible concurrence que se livrent les fabricants se reporte peu à peu sur l’habillage des boîtes, et les vignettes des boîtes d’allumettes constitueront de véritables témoignages des cultures et des mœurs de la société, tout au long de l’histoire. L’art de les collectionner est la philuminie !
Quant à la petite fille du titre, ce n’est autre que La petite fille aux allumettes, conte célèbre de l’écrivain norvégien à succès Andersen, auteur également du non moins célèbre La petite sirène, mais aussi du conte...
Le Briquet. Illuminé cet Andersen !

Sources principales :
magazine_histoire.com
guichetdusavoir.com
histoirede.com
Si j’ai décidé d’en parler, c’est parce qu’elle va bientôt tomber en désuétude (si ce n’est déjà fait). Pourtant, à des étudiants de l’Université de Princeton qui lui demandaient un jour quelle était, à son avis, la découverte la plus importante des temps modernes, Albert Einstein répliqua : « C’est l’allumette. » En effet, le jour où l’homme apprend à « domestiquer » le feu pour faire cuire ses aliments ou à se chauffer, il a accompli un premier pas important sur la route de la civilisation. Mais, au début, il ne sait pas produire le feu. Il faut qu’il attende, pour s’en procurer, que la foudre tombe et qu’éclate un incendie de forêt. Puis l’homme apprend à allumer le feu en frottant deux silex, l’étincelle qui en jaillit brûle l’herbe sèche. Une autre méthode consistait à...
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