Quant au miel qu'elles produisent à l'aide du nectar, c'est un produit connu et apprécié depuis l'Antiquité. Lors des Jeux olympiques antiques, les athlètes buvaient de l'eau miellée (l'hydromel) pour recouvrer rapidement leurs forces. Hippocrate (le plus grand médecin de l'Antiquité) disait que l'usage du miel conduisait à la plus extrême vieillesse, et le prescrivait pour combattre la fièvre, les blessures, les ulcères et les plaies purulentes. Composé à plus de 80 % de glucides, c'est un aliment riche en énergie et relativement pur. En fait, on y retrouve principalement deux sucres : le fructose et le glucose, deux sucres simples qui ne nécessitent aucune digestion et qui sont facilement et directement assimilés par le corps. Le miel renferme moins de calories que le sucre (64 calories contre 84 pour 20 grammes). Il a le même index glycémique, mais apporte plus d'antioxydants... Pour produire un pot de 500 grammes de miel, les abeilles doivent effectuer plus de 17 000 voyages, visiter 8 700 000 fleurs, le tout représentant plus de 7 000 heures de travail... On peut trouver aujourd'hui des dizaines de variétés de miel. Si les plus connus sont à base d'acacia, de trèfle ou de luzerne, le miel le plus pur au monde est celui de l'île de Pitcairn dans l'océan Pacifique. Comme les abeilles de l'île de Pitcairn ont été séparées depuis si longtemps de leurs congénères, elles n'ont développé aucune des maladies qui ces deux derniers siècles ont affligé les autres abeilles. Elles n'ont donc jamais été traitées chimiquement. De plus, toutes les fleurs sauvages de l'île de Pitcairn n'ont jamais reçu aucun pesticide. Dès lors, les abeilles ont la flore le plus pure du monde pour butiner !
Le miel le plus « branché » est récolté sur les toits de l'opéra Garnier : un apiculteur installé depuis plusieurs années sur le toit de l'opéra y attire de nombreuses abeilles. Lui qui devait installer ses ruches temporairement a été dépassé par le succès : les abeilles étaient beaucoup plus nombreuses que prévu à venir déposer leur précieux nectar dans ce cadre magique après avoir butiné dans les espaces verts de la capitale. Sa récolte est désormais commercialisée sous l'étiquette Fauchon. Ce miel est très parfumé, avec des accents de citron-menthe. Le prix des miels peut varier considérablement selon leur lieu de production, les propriétés qu'on leur attribue, le type d'abeille productrice, la plante butinée et l'abondance de la récolte. Ainsi, en France, le miel du sapin des Vosges est considéré comme le nec plus ultra. Mais le miel le plus cher au monde serait celui du jujubier sauvage ou sidr, produit au Yémen. L'apiculture est omniprésente dans le pays. On retrouve des ruches dans chaque hameau et dans chaque village. Les apiculteurs vivent, mangent et dorment kalachnikov en bandoulière à côté de leur cheptel, un peu comme des bergers, en fonction des saisons. Dans toute la péninsule arabique on retrouve la même race d'abeille, « l'Apis yemenitica ». Au cours de l'été, elles vont visiter diverses plantes, notamment les labiées, dont la flore du Yémen est riche. Mais c'est à partir du mois de novembre que commence la floraison du jujubier sauvage, de son nom latin « Ziziphus spina christi » et ceci jusqu'à mi-décembre. Cet arbre présent essentiellement dans la vallée du wadi Do'an, une vallée verdoyante qui s'étend dans le désert de l'Hadramaout, à l'est du Yémen, donne un miel aussi précieux que le pétrole. Son goût de caramel au beurre, sa pureté, sa rareté (2 à 5 kg par ruche et par an) et ses applications médicales citées dans le Coran en font le miel le plus cher au monde. Les pays occidentaux pensent que des commerces de miel yéménites sont suspectées de blanchir l'argent de la nébuleuse el-Qaëda et la presse anglo-saxonne n'hésite d'ailleurs pas à parler du « miel Ben Laden ». Vendu jusqu'à 90 dollars le kilo au Yémen, les prix atteignent 200 dollars aux Émirats où des cheikhs s'en procurent pour stimuler leurs chameaux avant une course de vitesse mais aussi pour se stimuler. En effet de toutes les propriétés, qu'on attribue à ce miel, il en existe une qui supplante toutes les autres, qui lui donne toute sa valeur commerciale et que l'on ne divulgue qu'aux initiés : ce miel est recherché pour ses effets aphrodisiaques ! Et l'on comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les hommes ne regardent pas le prix.
Sources principales : lejsl.com ; linternaute.com ; terra-economica.com ; sidr-honey of yemen.com


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