Elle, c'est Marie Tussaud. Les musées de cire portant son nom se trouvent dans le monde entier, de Londres à New York en passant par Berlin et Shangai. Née Marie Grosholtz en 1761 à Strasbourg, son père décède durant la guerre avant sa naissance. Alors qu'elle avait deux ans, sa mère tenait la maison de Philippe Curtius, célèbre modeleur suisse qui, encouragé par le prince de Conti, s'installe à Paris et y ouvre deux musées qui eurent beaucoup de succès. Curtius apprit alors à Marie, qui le suivit à Paris avec sa mère, les techniques de vente, de publicité, mais surtout le modelage des figures, et bientôt elle surpassa son maître, au point que Louis XVI enthousiasmé par la qualité artistique de son portrait la fit venir en 1780 pour enseigner son art à Versailles... Marie échappe de peu à la folie révolutionnaire. Arrêtée pour suspicion de sympathie royaliste, elle est condamnée à la guillotine mais sauve sa tête grâce à son art. Elle est graciée à condition d'accomplir une macabre mission : on la charge de confectionner les masques funèbres des plus célèbres victimes de la guillotine. C'est grâce à elle que l'on connaît les visages de Marie-Antoinette et de Louis XVI, qu'elle a côtoyés et bien connus : c'est sur leurs têtes fraîchement décapitées qu'elle doit opérer ses moulages, puis ceux de tant d'autres, dont Robespierre... À la mort de Curtius en 1794, elle hérita non seulement des deux salons, mais aussi d'une montagne de dettes, et son mariage avec l'ingénieur François Tussaud, son cadet de plusieurs années, n'améliora en rien sa situation financière, vu l'addiction de ce dernier au jeu. C'est ainsi qu'après la naissance de ses deux fils, la femme d'affaires décide de tenter sa chance en Grande-Bretagne où elle embarque avec son aîné et avec dans ses bagages 44 figures de cire de grandeur naturelle parmi lesquelles des membres de la famille royale, Napoléon et sa femme Joséphine, mais également Franklin, Voltaire Rousseau... Le public londonien s'enthousiasme pour ses figures. Parallèlement, elle offrit ses services à de riches clients privés et pendant qu'elle gagnait bien sa vie, son mari achevait à Paris de ruiner les deux établissements. Alors elle décida de rester sur l'île. Elle sillonna l'Angleterre, l'Irlande, l'Écosse comme foraine ambulante. Elle louait pour ses expositions des lieux de réunion spacieux pour des mises en scène théâtrales à la lueur des bougies et des lampes à gaz, et unanimement la presse louait ses arrangements. Elle finit par installer définitivement son musée qui prit le nom de « Madame Tussaud's » (avec s) dans Baker Street à Londres, et avec ses deux fils, l'idée commerciale s'était transformée en entreprise familiale. De dix heures du matin jusqu'à des heures tardives, les Londoniens, mais également un grand nombre de voyageurs s'y ruaient pour admirer les sosies de reines, de rois, de politiciens ou de criminels tristement célèbres. À cette époque, nulle part ailleurs il n'était possible de se faire une meilleure idée de la physionomie des personnes qui avaient influencé ou continuaient à influencer les destinées du monde, car très peu de journaux imprimaient leurs portraits. Ces statues étaient frappantes de vérité surtout que, pour parfaire le résultat, elle utilisait de vrais cheveux, de vrais cils et de vraies dents. Un magazine anglais titra un jour : « On doit avoir son double exposé chez Madame Tussaud si l'on veut devenir une référence pour le peuple. » Madame Tussaud tenait en personne la caisse, encaissait les tickets d'entrée et, même vieillissante, elle ne se lassait pas de toujours repenser son concept d'exposition afin de maximiser son profit. Pour la salle Napoléon, elle acquit les reliques de la bataille de Waterloo, entre autres le carrosse avec lequel il se rendit sur le champ de bataille, et pour le prix important de 16 000 livres, elle acheta les habits du sacre de Georges VI - mais elle ne se permettait aucun luxe pour elle. Elle décède en 1850. En 1884, ses petits-fils décidèrent de transférer le musée dans le Marylebone Road où il se trouve toujours, sa collection s'étant enrichie de top models, de sportifs de haut niveau et de stars hollywoodiennes tel l'acteur Daniel Radcliffe (Harry Potter) qui est devenu à 18 ans le plus jeune artiste à avoir sa statue de cire chez Madame Tussauds après la fille de Brad Pitt et Angelina Jolie, Shiloh Nouvel... Ce musée est la 4e attraction touristique de Londres avec 2,6 millions de visiteurs annuels.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Elle, c'est Marie Tussaud. Les musées de cire portant son nom se trouvent dans le monde entier, de Londres à New York en passant par Berlin et Shangai. Née Marie Grosholtz en 1761 à Strasbourg, son père décède durant la guerre avant sa naissance. Alors qu'elle avait deux ans, sa mère tenait la maison de Philippe Curtius, célèbre modeleur suisse qui, encouragé par le prince de Conti, s'installe à Paris et y ouvre deux musées qui eurent beaucoup de succès. Curtius apprit alors à Marie, qui le suivit à Paris avec sa mère, les techniques de vente, de publicité, mais surtout le modelage des figures, et bientôt elle surpassa son maître, au point que Louis XVI enthousiasmé par la qualité artistique de son portrait la fit venir en 1780 pour enseigner son art à Versailles... Marie échappe de peu à la folie...