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Environnement - Déchets Ménagers

Greenpeace : Par l’agrandissement de la décharge de Jdeidé, le Liban prolonge la crise

L’organisation internationale réagit à la décision prise la veille en Conseil des ministres de créer une nouvelle cellule sur le site ultra-saturé du Metn-Nord.

Greenpeace : Par l’agrandissement de la décharge de Jdeidé, le Liban prolonge la crise

Des déchets qui s'amoncellent à Zouk, dans le Kesrouan, le 11 octobre 2024. On a failli faire face à une nouvelle crise des déchets mardi, suite à la fermeture temporaire de la décharge de Jdeidé. S.B / L'Orient-Le Jour

L'organisation Greenpeace - section Mena, dont le bureau est à Beyrouth, a vivement critiqué vendredi la décision gouvernementale d’agrandir la décharge de Jdeidé (Metn-Nord). « Au lieu d’opter pour une solution durable, le Conseil des ministres a choisi hier d’endosser une nouvelle solution provisoire par l’agrandissement de la décharge côtière, et la prolongation de la durée de vie de pareils sites », fustige l’organisation dans un communiqué.

Créée suite à la pire crise des déchets de l’histoire du Liban, la décharge de Jdeidé qui dessert le Mont-Liban nord et une partie de Beyrouth depuis 2016 a été brièvement fermée mardi, pour cause de saturation (le site fait déjà 37 mètres de haut). Face à l’éventualité d’une nouvelle accumulation des sacs poubelle dans les rues, le gouvernement a opté pour une solution d’urgence, celle de garder le site ouvert et de créer une nouvelle cellule sur un terrain de 40 000 mètres carrés qu’il avait auparavant cédé à la municipalité, en accordant à celle-ci tous les avantages qu’elle avait demandés (exploitation de l’entière superficie de la décharge après sa fermeture, installation d’une station de production d’électricité…) Cependant, la nouvelle cellule serait le dernier agrandissement possible et ne donnerait de répit que jusqu’à fin 2026.

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« Une fois de plus, le gouvernement renouvelle son habitude d’opter pour les solutions provisoires pour la gestion des déchets ménagers, au lieu de s’engager dans une voie durable basée sur une vision claire et une véritable volonté politique », écrit Julien Jreissati, directeur des programmes pour la région Mena de Greenpeace. Et le responsable d’ajouter : « Le problème reste entier. Il n’y a pas de solutions miracles ni de technologies qui règleraient à elles seules la question. Il faut aujourd’hui prendre des mesures pratiques, réalistes et applicables dans les court et long termes qui passeraient par le recyclage, le compostage et le traitement du peu qui reste de manière écologique, loin des solutions artificielles et dangereuses telles que les incinérateurs dont certains « marchands de la mort » font la promotion. » Les incinérateurs suscitent les craintes des écologistes du fait que dans un système tel que celui du Liban, avec des organismes de contrôle peu fonctionnels, le risque de pollution par les émissions et les résidus toxiques de pareilles usines s'avère très élevé.

Une crise de gouvernance

Pour sa part, Samar Khalil, experte en gestion environnementale et membre de la Coalition civile pour la gestion des déchets, a assuré dans le même communiqué que « la crise des déchets au Liban n’est pas de nature technique, mais d’une crise de gouvernance et de volonté politique ». « Les solutions existent et elles se trouvent dans la stratégie nationale de gestion des déchets, il faut juste les appliquer », poursuit-elle. La stratégie a été mise au point par le précédent gouvernement, mais elle est actuellement en cours de révision à la demande de l’actuelle ministre, Tamara el-Zein.

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L’experte a préconisé les mesures suivantes, en phase avec les exigences de l’économie circulaire : appliquer le tri à la source obligatoire, aidé par les infrastructures nécessaires pour un tri secondaire en usine, donner la priorité au compostage (production de compost, enrichissement des sols), vu que 70 % environ des déchets au Liban sont organiques, responsabiliser les producteurs et les importateurs notamment pour réduire l’impact du packaging, mettre des indicateurs pour un suivi transparent de ces processus et en informer le public.

Les deux organisations ont enfin mis en garde contre l’adoption de la technologie du carburant dérivé des déchets (Refuse Derived Fuel, ou RDF) comme solution rapide pour la crise des déchets, craignant que « sa production à partir de déchets non triés en fasse un carburant potentiellement polluant, sans compter qu’il ne favoriserait pas le principe de réduction du volume des déchets ».

Le RDF est une technologie visant à transformer les déchets en carburant, notamment par leur découpage en fines lamelles. Ce carburant n’est utilisable que dans les industries lourdes, qui au Liban se limitent aux cimenteries.

L'organisation Greenpeace - section Mena, dont le bureau est à Beyrouth, a vivement critiqué vendredi la décision gouvernementale d’agrandir la décharge de Jdeidé (Metn-Nord). « Au lieu d’opter pour une solution durable, le Conseil des ministres a choisi hier d’endosser une nouvelle solution provisoire par l’agrandissement de la décharge côtière, et la prolongation de la durée de vie de pareils sites », fustige l’organisation dans un communiqué.Créée suite à la pire crise des déchets de l’histoire du Liban, la décharge de Jdeidé qui dessert le Mont-Liban nord et une partie de Beyrouth depuis 2016 a été brièvement fermée mardi, pour cause de saturation (le site fait déjà 37 mètres de haut). Face à l’éventualité d’une nouvelle accumulation des sacs poubelle dans les rues, le gouvernement a...
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