Des terres cultivées dans la vallée de la Békaa au Liban. Photo d'archives João Sousa/L’Orient-Le Jour
Plus de 56 000 hectares de terres agricoles au Liban ont été affectés par les attaques israéliennes en cours, avec des dégâts dévastateurs sur les exploitations agricoles, le bétail et les infrastructures de production alimentaire dans le Sud, selon le ministère de l’Agriculture, qui a mis en garde contre des menaces croissantes sur la sécurité alimentaire et l’économie rurale.
Environ 56 264 hectares de terres agricoles à l’échelle nationale ont été touchés, dont environ 18 559 hectares ayant subi des dommages directs, ce qui représente 22,5 % des zones agricoles situées dans les zones de conflit au Sud, précise un rapport en ce sens. Au total, 64 localités du Sud ont enregistré différents degrés de destruction affectant les terres agricoles, les systèmes d’irrigation, les infrastructures agricoles et les installations liées aux chaînes de valeur alimentaires et agricoles.
Les petits agriculteurs ont été identifiés comme les plus durement touchés, les petites exploitations représentant près de 80 % des fermes dans le sud du Liban. Les responsables ont averti que ces destructions constituent une menace directe pour les moyens de subsistance ruraux et la stabilité économique locale. « Les arbres fruitiers, en particulier les agrumes, les bananeraies et les oliveraies, figurent parmi les cultures les plus fortement endommagées. Les zones touchées comprennent environ 11 075 hectares d’arbres fruitiers et environ 6 600 hectares d’oliveraies, ce qui suscite des inquiétudes quant à l’impact à long terme sur l’agriculture pérenne et la production alimentaire stratégique », indique le rapport.
Le ministère de l'Agriculture a également indiqué que 23 611 agriculteurs se sont jusqu’à présent inscrits sur sa plateforme agricole, dont 5 803 au cours de la seule semaine écoulée. Les données montrent que près de 77,9 % des agriculteurs du sud du Liban restent déplacés de leurs villages, tandis que seulement 22,1 % continuent de résider dans leurs zones.
Les pertes d’infrastructures concernent environ 4 269 hectares de terres agricoles, 1 617 fermes et 793 serres agricoles en plastique. Les installations de transformation alimentaire, les presses à olives et à caroube, les centres d’emballage, les unités de refroidissement et les centres de collecte agricole ont également subi d’importants dégâts.
Sévères pertes en bétail
Les pertes en bétail sont sévères, avec la mort d’environ 1 848 856 volailles, moutons, chèvres et bovins. Le rapport documente également des pertes importantes dans l’apiculture et la pisciculture, incluant plus de 29 000 ruches détruites et près de 2 030 tonnes de production de poisson perdues.
Les agriculteurs ont identifié des besoins urgents incluant des médicaments agricoles, du carburant pour l’irrigation, l’accès à l’eau, l’alimentation du bétail, les soins vétérinaires, les vaccinations et un soutien logistique pour transporter les produits vers des zones plus sûres. Les cazas de Bint Jbeil, Marjeyoun et Tyr enregistrent les niveaux les plus élevés de besoins agricoles d’urgence.
En réponse, le ministère de l’Agriculture a indiqué qu’il continue de mettre en œuvre un plan national d’urgence global axé sur la protection de la production agricole et animale, le maintien des chaînes d’approvisionnement alimentaire, la stabilisation des marchés et la fourniture d’une assistance directe aux agriculteurs touchés en coordination avec les organismes gouvernementaux, les organisations internationales et les agences donatrices.
Le ministère a ajouté que des mesures exceptionnelles sont introduites pour faciliter les importations de produits agricoles essentiels et accélérer le mouvement des cargaisons via les ports et les points de passage frontaliers, tout en renforçant le contrôle des marchés et des prix avec les autorités de sécurité alimentaire et de protection des consommateurs.
Les autorités ont également annoncé des plans, en coopération avec des donateurs et partenaires internationaux, pour fournir « plus de 1,65 million de dollars d’aide en espèces bénéficiant à environ 4 840 agriculteurs ». Des paquets d’aide supplémentaires comprendront des intrants agricoles, des aliments pour animaux, des pompes solaires et la réhabilitation des infrastructures agricoles endommagées pour près de 1 850 agriculteurs supplémentaires.
Les programmes de soutien impliquent un éventail d’organisations internationales et humanitaires, dont le Programme alimentaire mondial, l’Union européenne, des agences des Nations unies, ainsi que des groupes locaux et internationaux spécialisés dans le développement agricole et la résilience rurale.


