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Environnement - Environnement

Présentation d’un recours en invalidation de la décision de réouverture des carrières de cimenteries

Deux députées, Najat Aoun Saliba et Halima Kaakour, avec l’Agenda légal et des associations locales du Koura, s’opposent à la décision gouvernementale et à la reprise des activités dans ces sites.

Présentation d’un recours en invalidation de la décision de réouverture des carrières de cimenteries

Les députées Halima Kaakour et Najat Aoun Saliba (au centre) lors de la conférence de presse pour annoncer la présentation d'un recours contre la décision de réouverture des carrières des cimenteries, le 28 avril 2026. Photo S.B/L'Orient-Le Jour

Une opposition de la société civile s’est constituée contre une décision du gouvernement de Nawaf Salam qui autorise la réouverture des carrières des cimenteries, notamment celles du Koura (Chekka), dans des sites situés principalement dans deux villages, Kfarhazir et Badbahoun. Les députées Najat Aoun Saliba et Halima Kaakour, en collaboration avec l’Agenda légal et des associations locales du Koura, ont tenu mardi une conférence de presse pour exprimer le refus de la reprise des activités dans ces carrières et annoncer la présentation d’un recours en invalidation auprès du Conseil d’État.

La décision d’accorder un permis d’un an, renouvelable jusqu’à 10 ans, pour l’exploitation des carrières des cimenteries a été adoptée une première fois le 9 avril, sur proposition du ministre de l’Industrie Joe Issa el-Khoury et donnait deux semaines aux municipalités de la région pour accorder leur approbation ou opposer leur refus. Devant le rejet de ce délai par les municipalités, notamment celle de Kfarhazir, la décision a été confortée lors de la dernière réunion du Conseil des ministres. La première décision avait causé un différend entre le ministre de l’Industrie et la ministre de l’Environnement, Tamara el-Zein, mais lors de la dernière réunion du gouvernement, Mme Zein a présenté une proposition modifiée de la décision avec des critères environnementaux plus stricts.

Pour la société civile réunie mardi, le résultat reste le même : même si les carrières sont rouvertes sous couverture légale, la mesure reste « inacceptable ». Dans un communiqué, les députées et les environnementalistes dénoncent le caractère « illégal » des deux décisions du 9 et du 23 avril, en faisant valoir que les sites des carrières « ne sont pas conformes au seul plan directeur en vigueur au Liban, datant de 2002 (modifié en 2009), et qui limite la zone de carrières à l’Anti-Liban », chaîne de montagnes dans la Békaa, alors que le Koura est dans le Mont-Liban. Le texte, lu par Halima Kaakour, souligne le fait que le refus exprimé par les autorités locales a été ignoré. Il dénonce aussi « un gaspillage de deniers publics puisque ces permis ne sont pas conditionnés au paiement des arriérés demandés aux propriétaires de carrières (dans tout le Liban, ndlr) pour les dégâts environnementaux occasionnés par ces exploitations ». De manière générale, ce texte reproche au gouvernement d’avoir « privilégié l’intérêt des compagnies au détriment de l’intérêt général ».

Pour sa part, Najat Saliba a critiqué les justifications avancées pour expliquer cette décision, notamment celles en relation avec les besoins d'approvisionner le marché en ciment, soulignant que cela ne justifie pas la disparition de montagnes. « La solution est simple, réduire les taxes à l’importation de matières premières et briser le monopole de la production locale, ce qui réduirait les prix et la pression sur l’environnement au Liban », a-t-elle dit.

Des environnementalistes du Koura ont mis en avant les retombées des carrières sur les populations locales. Georges Inati, coordinateur du Comité de l’environnement à Kfarhazir, a martelé que « les cas de cancers et de maladies respiratoires sont généralisés dans les foyers de (son) village, en raison des émanations riches en soufre et en polluants ».

Farès Nassif, président de l’association Raseef el-Ard, a assuré, pour sa part, que les habitants du Koura « ont clairement exprimé leur refus de la réouverture des carrières, contrairement à ce que les compagnies et le gouvernement ont prétendu ».

Pour sa part, Bassam el-Kantar, membre du Comité national des droits de l’homme, a insisté sur le fait que le droit à un environnement sain est un droit humain. Il a insisté sur la nécessité d’accorder au Haut conseil des carrières les prérogatives nécessaires pour prendre ses décisions indépendamment de l’establishment politique, de ne plus ignorer les autorités locales, et d’éviter dorénavant les permis d'exploitation de carrières à caractère temporaire.

Une opposition de la société civile s’est constituée contre une décision du gouvernement de Nawaf Salam qui autorise la réouverture des carrières des cimenteries, notamment celles du Koura (Chekka), dans des sites situés principalement dans deux villages, Kfarhazir et Badbahoun. Les députées Najat Aoun Saliba et Halima Kaakour, en collaboration avec l’Agenda légal et des associations locales du Koura, ont tenu mardi une conférence de presse pour exprimer le refus de la reprise des activités dans ces carrières et annoncer la présentation d’un recours en invalidation auprès du Conseil d’État.La décision d’accorder un permis d’un an, renouvelable jusqu’à 10 ans, pour l’exploitation des carrières des cimenteries a été adoptée une première fois le 9 avril, sur proposition du ministre de l’Industrie Joe...
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