Comme prévu, les premiers effluves nauséabonds du tripatouillage politique destiné à reporter les prochaines législatives commencent à se dégager, et la classe politique est comme qui dirait figée en point de suspension. Aussi, pour rester dans la même fragrance, rien ne vaut un petit topo sur la crise des déchets, au fond desquels la gabegie et l’incompétence menacent de nous engloutir. À la limite, ce n’est même pas un changement de sujet, le passage de la crasse politique aux ordures ménagères se faisant en douceur et quasiment dans le même parfum.
Surprise attendue ! À la date butoir du 1er octobre, et avec la saturation de la décharge de Jdeidé, le gouvernement vient brusquement de découvrir que les patrons communautaires refusent désormais le mélange de leurs saletés. Chefs maronites, sunnites, chiites et druzes veulent traiter chacun tout seul et sur son territoire ses propres ordures. Il se pourrait bien qu’un jour lointain ils finiront par s’entendre sur une loi électorale, la répartition des pertes financières, le dégraissage de la fonction publique, voire un règlement de la question des armes du Parti barbu, mais mélanger leurs cacas dans un suprême élan de patriotisme, ça jamais ! Bref, à chaque communauté ses raclures, et les microbes seront bien gardés…
La décharge de Jdeidé aura été finalement le dernier laboratoire actif de solidarité communautaire. Voilà sans doute pourquoi les Israéliens ne s’avisent jamais de la bombarder en profondeur. Les remugles tenaces d’unité nationale qui s’en échapperaient pourraient les soûler.
Ce qu’il faut savoir en revanche, c’est qu’en matière d’assainissement de l’environnement et d’esprit écolo, le Liban en est encore à gratter le fond de la caisse. L’écologie chez nous ne se décline pas en déchets radioactifs, produits toxiques et autres cochonneries industrielles, comme dans les pays évolués. Nos vieux guignols de la politique en sont encore à l’hygiène de base : apprendre à se laver les mains avant de passer à la table du dialogue, à se brosser les dents après chaque déclaration incendiaire, à trier soigneusement le langage ordurier avant de jeter à la mer les sacs-poubelle… Et dire qu’on nous traite encore de république bananière, alors que les bouffons ont bouffé toutes les bananes, et se battent pour les épluchures !
Partout ailleurs dans les sociétés normales, la gestion des ordures ménagères se fait dans l’indifférence du public et le ronron rassurant des recycleuses. Y a que chez nous où trouver un terrain pour un dépotoir relève de la chasse au trésor, où les embruns marins sont saturés de staphylocoques dorés, où le tri des déchets a été remplacé par la ségrégation des excréments selon les communautés, et où les tarifs des sociétés retenues par les appels d’offres sont de véritables attaques à main armée.
À l’occasion de ce survol automnal au-dessus d’un nid de cocus, ne reste plus qu’à espérer que les déchets solides mettront d’accord nos responsables liquéfiés. Bientôt surgira des limbes de leurs cerveaux assoupis une idée lumineuse : refiler le tas d’ordures fumantes à une commission fumeuse où les querelles de clochers et de minarets pourront exulter au milieu des miasmes parfumés.
Tenez et reniflez, ceci est mon pays.
gabynasr@lorientlejour.com



Liban-Sud : six secouristes tués près de Tyr dans des raids israéliens
Je relis et relis et relis encore tout en pleurant mon beau Pays, Patrie, Message qui, dans mon esprit, se métamorphose et se réduit en un simple rêve de jeunesse qui ne s'est jamais concrétisé et, pour l'éradiquer de nos consciences, tout le monde nous assène des coups à la tête pour effacer nos souvenirs et nos espoirs... allez messieurs, chamaillez vous pour des depotoirs privés que j'espère devenir vos cimetières éternelles... bandes de ...
19 h 03, le 08 octobre 2025