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Timidité, transes et vide XXL

Chère lectrice, cher lecteur,

Timides qui remplissent des stades, divas infatigables et artistes qui transforment le vide en spectacle : cette semaine, la scène culturelle n’a pas manqué de panache.

Ibrahim Maalouf, qui se décrit en éternel introverti, continue pourtant de faire vibrer les foules à coups de trompette incandescente. En contrepoint, l’architecte esthète Jean-Louis Mainguy, devenu Fra’ Jean-Louis et disparu à 71 ans, bâtissait des âmes autant que des murs.

Au musée Sursock, Stéphanie Saadé érige la table de cuisine en atelier d’art et de mémoire, tandis qu’Assala, après vingt-sept ans d’absence, offre à Beyrouth un marathon vocal de quatre heures, plongeant le Forum dans une transe quasi mystique. Raphaël Quenard, lui, délaisse un instant les plateaux de cinéma pour investir les rayons des librairies avec Clamser à Tataouine, insolent jusque dans la ponctuation.

À la JAH Gallery, l’Iranien Hossein Shenavar fait du vide une matière monumentale, tandis que BeMA transporte l’art contemporain au cœur du palais de Beiteddine, dans un dialogue facétieux entre ruines et créations. Enfin, Sam Ghazal, armé de son accent de Bécharré, prouve qu’il suffit parfois d’un phrasé montagnard pour déclencher l’éclat du rire et la réflexion.

Bref, encore une semaine où la culture a tout donné : trompettes timides, divas marathoniennes, vides créatifs et blagues montagnardes. Qui dit mieux ?

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel

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