C’est un nom que tous les Libanais ont appris à connaître, mais que certains d’entre eux évitent de prononcer trop fort quand on les interroge, exigeant quasiment tous des précautions particulières et une garantie absolue d’anonymat. Banquier, mécène et patron de médias, « faiseur de députés » comme de « deals », Antoun Sehnaoui, PDG de la SGBL, est aujourd’hui l’un des acteurs les plus influents du Liban. De la gestion de la crise bancaire aux négociations avec Israël, il suffit de gratter un peu pour retrouver son nom, en arrière-scène. Tirant les ficelles et imposant son récit et ses méthodes à tous ceux qui cherchent à se mettre en travers de sa route, l’homme fascine et fait peur. Comment a-t-il réussi à se placer au cœur de plusieurs enjeux-clés sans quasiment plus mettre les pieds au pays ? Pourquoi sait-on aussi peu de choses sur lui, sur ses réseaux d’influence et sur son projet ? C’est ce mystère que L’Orient-Le Jour a cherché à percer dans cette enquête en cinq épisodes sur cette ombre grandissante qui tient dans ses mains une partie du destin du Liban. Contactés pour une demande d’interview, Antoun Sehnaoui ainsi que son père Nabil Sehnaoui ont décliné et ont essayé d’obtenir une injonction empêchant cette publication devant le juge des référés de Beyrouth, Nadine Doumit. Leur demande a été rejetée au motif qu’interdire la publication d’un article est contraire a la liberté d’expression garantie par la Constitution libanaise. Par la suite, Antoun Sehnaoui a sollicité une seconde injonction, jeudi 30 juillet, devant la juge des référés de Beyrouth, Fatima Bazzi. Cette nouvelle demande visait deux objectifs : bloquer la publication des trois derniers épisodes de la série, et obtenir la suppression des épisodes déjà publiés. Sur le premier point, la juge a de nouveau rejeté la requête, au motif qu'interdire la publication constituerait une violation de la liberté d'expression garantie par la Constitution libanaise. Sur le second, elle a estimé qu'aucune intervention conservatoire n'était nécessaire au vu des articles publiés, renvoyant les plaignants à une décision de justice au fond. L’Orient-Le Jour décline toute responsabilité quant au contenu des reprises, reproductions ou traductions non autorisées de cet article pouvant circuler sur internet depuis la publication de notre série. Ces versions, réalisées sans notre accord, ne sauraient être considérées comme reflétant fidèlement les articles originaux publiés par L'Orient-Le Jour.
Publié le 05 août 2026 à 15h31 , mis à jour à 15h31