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Le Liban « sait ». Qu’attend-il pour agir ?


Tout Libanais, véritablement libanais, se pose aujourd’hui la même question : qu’est-ce qui est donc le plus grave ? Que, deux ans après l’assassinat de Hassan Nasrallah, nous n’ayons toujours pas aperçu la lumière au bout du tunnel ? Ou que nous ayons cru, en ce 27 septembre 2024, qu’elle était enfin à portée de vue ?TCe jour-là avait quelque chose d’une fin d’époque. Pour les uns disparaissait le chef d’une résistance ; pour les autres, se tournait une page sombre de l’histoire du pays. Certains ont alors voulu croire au commencement d’une autre ère : celle d’un Liban qui retrouverait enfin sa souveraineté. Deux ans plus tard, cette promesse reste inachevée.oCar, au fond, Hassan Nasrallah n’était qu’une pièce. Sa disparition a décapité une direction, mais elle n’a rien changé à tout ce qui avait permis au Hezbollah de devenir ce qu’il est. Et surtout, elle n’a pas guéri le Liban de ce qui avait rendu tout cela possible.
En 2006, Hassan Nasrallah avait dit : « Si j’avais su. » Il feignait ainsi de regretter sa décision d’enlever deux soldats israéliens et d’avoir provoqué une guerre israélienne dévastatrice pour le Liban. En 2024, quelques jours avant son assassinat, il croyait encore dur comme fer que les Israéliens « n’oseraient pas » s’attaquer à sa personne ni à aucun autre cadre de sa formation.uEn 2026, on commémore les deux ans de son assassinat. Et, malheureusement, le déni semble avoir changé de camp.
Car l’État libanais, lui, « sait ». Il sait jusqu’où Israël est prêt à aller. Il sait que la guerre n’a pas disparu avec Hassan Nasrallah. Et surtout, il ne peut plus prétendre ignorer l’existence d’une organisation armée sur son territoire. N’a-t-il pas lui-même tranché la question en déclarant hors la loi les activités militaires et sécuritaires de cette formation ? Il sait, mais il ne fait rien. Comme si la solution pouvait venir de quelqu’un d’autre que lui. Autant l’admettre : il existe un gouffre entre la gravité de ce que l’État proclame et la portée de ce qu’il parvient effectivement à imposer.tTout Libanais, véritablement libanais, pouvait être fier d’entendre le discours souverainiste du Premier ministre à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Mais l’épreuve de la souveraineté commence ici, au Liban.
Car qui décide, jusqu’à ce jour, de la guerre ? Qui négocie la sécurité et l’avenir du pays ? Et qui peut prendre des engagements en son nom, puis garantir qu’ils seront respectés ?
Il aura beau tourner autour du pot, l’État devrait aujourd’hui être en mesure de le savoir : le monopole de la négociation est indissociable du monopole des armes. Tant que l’un ou l’autre demeure en dehors des institutions, la souveraineté de l’État reste en suspens.
À la clarté de la position exprimée à New York doit répondre une égale clarté à Beyrouth. Les Libanais ont le droit de savoir comment les engagements se traduisent en actes. Soutenir politiquement le choix de l’État leur donne d’ailleurs une raison supplémentaire de lui demander des comptes.
En voici un premier : depuis la signature de l’accord-cadre tripartite avec Israël, par lequel l’État libanais s’est engagé à mettre en œuvre la décision du gouvernement d’interdire toute activité militaire de la milice hezbollahie, une seule arme a-t-elle été saisie ?
Jusqu’à quand brandira-t-on la peur de « l’affrontement interne » quand il s’agit, en réalité, d’une légitimité qui reprend ses droits ?
Les Libanais ont payé un prix exorbitant pour des décennies de formulations ambiguës. Il est temps de rendre aux mots leur sens. Ce n’est pas par les discours, aussi éloquents soient-ils, que la souveraineté sera reconquise. Pas davantage qu’une organisation armée et inféodée à l’étranger ne sera ramenée à la raison.
Hassan Nasrallah ne savait peut-être pas ce qui l’attendait.
Mais vous, vous le savez.




Tout Libanais, véritablement libanais, se pose aujourd’hui la même question : qu’est-ce qui est donc le plus grave ? Que, deux ans après l’assassinat de Hassan Nasrallah, nous n’ayons toujours pas aperçu la lumière au bout du tunnel ? Ou que nous ayons cru, en ce 27 septembre 2024, qu’elle était enfin à portée de vue ?TCe jour-là avait quelque chose d’une fin d’époque. Pour les uns disparaissait le chef d’une résistance ; pour les autres, se tournait une page sombre de l’histoire du pays. Certains ont alors voulu croire au commencement d’une autre ère : celle d’un Liban qui retrouverait enfin sa souveraineté. Deux ans plus tard, cette promesse reste inachevée.oCar, au fond, Hassan Nasrallah n’était qu’une pièce. Sa disparition a décapité une direction, mais elle n’a rien changé à tout ce...
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