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Culture - Repère

Ces Libanais qui font rayonner la culture en France

D'Amin Maalouf à Wajdi Mouawad en passant par la ministre Rima Abdul Malak, retour sur celles et ceux qui se sont fait un nom dans le paysage culturel de l'Hexagone. Et qui font résonner un Liban différent.

Ces Libanais qui font rayonner la culture en France

Montage Guilhem Dorandeu

Déjà Immortel, Amin Maalouf est devenu jeudi Secrétaire perpétuel de l'Académie française. Une nouvelle consécration pour l'auteur franco-libanais du Rocher de Tanios, des Jardins de lumière et d'autres chefs-d'œuvre, membre de l'Académie depuis 2012.

Lister tous ses best-sellers prendrait trop de temps, tout autant que d'énumérer tous les Libanais qui, depuis la France, font rayonner le pays du Cèdre. L'Orient-Le Jour vous propose néanmoins un florilège – non exhaustif – de ces fiers représentants du Liban basés de l'autre côté de la Méditerranée.


Rima Abdul Malak

La ministre française de la Culture, Rima Abdul Malak, à Paris en mai 2022. Photo d'archives AFP/Emmanuel Dunand

Commençons par la nouvelle venue, celle que les Français ont découverte en mai 2022. Elle venait alors d'être propulsée ministre de la Culture du gouvernement d'Élisabeth Borne. Et en très peu de temps, Rima Abdul Malak a su trouver sa place aussi bien dans le jeu gouvernemental que dans le monde de la culture. Plus discrète que Roselyne Bachelot, occupante précédente du fauteuil d'André Malraux, celle qui a quitté le Liban en guerre à dix ans, emmenée par ses parents, a gravi peu à peu les échelons de la République. C'est elle qui organise la visite du président Emmanuel Macron à Feyrouz, la personnalité libanaise qui fait l'unanimité par excellence, le 31 août 2020 au Liban. Retrouvez ici notre portrait de Rima Abdul Malak.


Ibrahim Maalouf

Le trompettiste Ibrahim Maalouf. Photo DR

Il est un ami de longue date de Rima Abdul Malak. Et surtout un musicien reconnu, un trompettiste qui revisite toutes les mélodies orientales avec son instrument. « Ma musique, une sorte de créolisation de toutes les cultures qui m’intéressent », voilà comment Ibrahim Maalouf définissait son art dans une interview à L'OLJ. Le neveu d'Amin n'a plus besoin d'être présenté, tant il s'est imposé rapidement sur les scènes française et internationale. Compositeur, producteur, professeur, maître de l'improvisation, le multi-récompensé aux Victoires de la musique revendique son inspiration libanaise et défend le métissage que le pays incarne à ses yeux.


Vénus Khoury-Ghata

L'écrivaine Vénus Khoury-Ghata. Photo Gilles Khoury

Autrice prolifique, Vénus Khoury-Ghata n'a de cesse de chanter le Liban de son enfance, les hauteurs de Becharré où elle a vu le jour. Née en 1937, elle quitte le pays en 1972, avant que n'éclate la guerre civile qui ravagera la terre et son imaginaire. « J’avais le souvenir d’un torrent magnifique, devenu un mince filet d’eau  ; le souvenir de la tombe de Gebran creusée dans le roc et qui a été emmurée ; il y avait autant de chèvres que d’arbres et d’enfants, et il ne restait plus rien », confiait-elle à L'Orient Littéraire récemment. Femme de lettres, poète et romancière, elle navigue entre France, Liban et Mexique, au gré des écrits et des aléas qui ponctuent sa vie.


Wajdi Mouawad

Wajdi Mouawad, directeur du théâtre de la Colline. Photo d'archives Simon Gosselin

Il dirige l'un des théâtres les plus prestigieux de Paris, une institution créée il y a plus de 30 ans et qui ne cesse de se renouveler : le théâtre de la Colline. Son dernier succès, « Mère », a réuni sur scène la célébrissime Christine Ockrent et des comédiens libanais talentueux comme Aida Sabra. Wajdi Mouawad est depuis plusieurs années un nom incontournable dans le milieu dramaturgique français. L'auteur franco-libano-canadien nourrit un désir de projet au Liban, en arabe. Il nous le promettait en décembre dernier : « J’ai très envie de retourner prochainement au Liban et de prendre mon temps là-bas. C’est trop chargé sur un plan affectif pour n’y rester que quelques jours ».


Gabriel Yared

Le compositeur Gabriel Yared. Photo DR

Les musiques de L'Amant, du Patient anglais ou encore du sublime Azur et Asmar de Michel Ocelot, c'est lui. À 73 ans, Gabriel Yared a signé les bandes-son de plus d'une centaine de films, a été césarisé et oscarisé. Membre du jury du festival de Cannes en 2017, rien ne prédestinait Gabriel Yared à une carrière dans la musique. « Je suis né comme ça. C'est un don. Pas d'artiste dans ma généalogie, je suis le ''mouton noir'' de la famille », nous lançait-il en interview. Un mouton noir qui a trouvé le chemin de la lumière par ses mélodies, et qui continue de revenir au Liban exposer son art, comme récemment à Beit Tabaris.


Danielle Arbid

La réalisatrice Danielle Arbid. Photo JM Lohmer

« Elle ne cherche pas à être reconnue, elle vit de manière simple. » Danielle Arbid parle alors d'Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022. La réalisatrice française d'origine libanaise l'a rencontrée, et a adapté un de ses romans au cinéma. Née à Beyrouth en 1970, Danielle Arbid quitte le pays pour la France où elle termine ses études. Elle a réalisé de nombreux films, notamment sur la guerre, et s'est vue accueillie par le Centre Pompidou au début de cette année. Dans son dernier court-métrage, Un tueur, elle cumule les casquettes de réalisatrice et d'actrice.


Sabyl Ghoussoub

L'écrivain Sabyl Ghoussoub. Photo d'archives Patrice Normand

À seulement 34 ans, il a déjà un prix Goncourt des lycéens en poche. Avec Beyrouth-sur-Seine, paru en 2022, Sabyl Ghoussoub signe une ode vibrante au Liban, à la France et à ses parents, toujours pris en tenaille entre les deux et attaché à sa double identité. Le jeune auteur tient également une chronique littéraire dans L'Orient-Le Jour et sera bientôt notre rédacteur en chef d'un jour, pour notre édition spéciale de L'Orient des écrivains.


Matthieu Chedid

Le musicien Matthieu Chedid. Photo Jamie Davie/Wikimédia commons

Qui de nous deux, inspire l'autre... On a tous fredonné cet air, et tous les autres. Matthieu Chedid, « M » pour tout le monde, seule l'initiale suffit. Le guitariste et interprète français fait partie du palmarès des artistes les plus récompensés aux Victoires de la musique, et a exploré tous les styles, aussi bien capillaires que musicaux. Pop, rock, variété française, musique de films d'animation, albums avec le groupe malien Lamomali... « Pour vous, je dis Aime », adressait-il aux Libanais lors d'une soirée caritative en 2020.


Abdel Rahman el-Bacha

Le grand pianiste libanais Abdel Rahman el-Bacha. Photo DR

L'intégrale des sonates de Beethoven est passée entre ses mains expertes, et a été sublimée par son toucher au clavier. Abdel Rahman el-Bacha a conquis le public libanais, mais aussi international, grâce à sa maîtrise du piano. À seulement vingt ans, il remportait le premier prix du Jury et celui du Public à la compétition internationale Reine-Elizabeth de Belgique. Également compositeur et star de nombreux festivals, Abdel Rahman el-Bacha apprécie aussi la musique populaire de Marwan Khoury, Gabriel Yared ou encore Naji Hakim. Le Liban n'est jamais très loin.

Déjà Immortel, Amin Maalouf est devenu jeudi Secrétaire perpétuel de l'Académie française. Une nouvelle consécration pour l'auteur franco-libanais du Rocher de Tanios, des Jardins de lumière et d'autres chefs-d'œuvre, membre de l'Académie depuis 2012.Lister tous ses best-sellers prendrait trop de temps, tout autant que d'énumérer tous les Libanais qui, depuis la France, font rayonner...
commentaires (6)

Preuve que les libanais ne resusissent a grande echelle que lorsqu'ils quittent le Liban. Dommage.

Ma Realite

08 h 50, le 30 septembre 2023

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Commentaires (6)

  • Preuve que les libanais ne resusissent a grande echelle que lorsqu'ils quittent le Liban. Dommage.

    Ma Realite

    08 h 50, le 30 septembre 2023

  • Voilà les deux visages de notre cher pays. Un représentant la honte, la mascarade et l'echec, et l'autre, est le vrai visage du Liban et des libanais, volontaires, créatifs, fiers de leur Liban et aimant réellement et jalousement leur pays. Bravo à eux.

    Citoyen

    03 h 01, le 30 septembre 2023

  • M est égyptien

    Le Tigre

    23 h 38, le 29 septembre 2023

  • Voilà ce que les obscurantistes ne veulent absolument voir dans notre pays. Ils s’acharnent à pousser à l’exil tout libanais compétent et illustré pour ne pas lui faire de l’ombre en exprimant son savoir contre leur culture d’un autre âge.

    Sissi zayyat

    19 h 30, le 29 septembre 2023

  • Ils pourront le faire ( pratiquer l’excellence au Liban) lorsque tous les mafieux qui tiennent le pouvoir seront rentrés dans leurs tanières.

    HIJAZI ABDULRAHIM

    18 h 25, le 29 septembre 2023

  • Si tous avaient pu developer leurs talents au Liban , quel bel exemple de pays réussi nous aurions pu donner Hélas …

    Lucien KLAT

    16 h 37, le 29 septembre 2023

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