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Politique - Liban

Aoun dénonce la volonté d'élire un président sans les chrétiens, Bassil étrille la moumanaa

Le fondateur du CPL "estime déraisonnable de boycotter une confession" pour l'élection présidentielle ; son gendre fustige la moumanaa "qui considère avoir gagné dans la région et veut consacrer sa victoire au Liban".

Aoun dénonce la volonté d'élire un président sans les chrétiens, Bassil étrille la moumanaa

Michel Aoun saluant ses partisans venus l'acclamer au dernier jour de son mandat présidentiel, le 30 octobre 2022 à Baabda. Photo Joao Sousa

L'ex-président de la République libanaise Michel Aoun a estimé mardi soir "déraisonnable de boycotter une confession" dans le cadre des tractations autour de la présidentielle, en allusion au Hezbollah, tandis que son gendre Gebran Bassil a vivement critiqué le parti chiite, allié de longue date du Courant patriotique libre (CPL) fondé par Michel Aoun et dirigé par M. Bassil.

Dans une interview-fleuve au quotidien al-Chark al-Awsat publiée mercredi, le chef du CPL a fustigé la moumanaa "qui considère avoir gagné dans la région et veut consacrer sa victoire au Liban". Le terme de moumanaa désigne le camp du Hezbollah et de ses alliés, dont le CPL fait pourtant partie depuis l'accord de Mar Mikhaël en 2006. Quant à Michel Aoun, c'est dans un entretien à la chaîne aouniste OTV qu'il s'est exprimé, insistant sur la nécessité d'une "entente" pour la présidentielle et réagissant aux derniers développements judiciaires autour de Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban (BDL).

Isolement des chrétiens et critique du Hezbollah
 "Il est déraisonnable de boycotter une confession ou d'élire un président de la République sans elle", a lancé Michel Aoun mardi soir. Les deux principaux partis chrétiens, le CPL et son rival les Forces libanaises (FL), refusent catégoriquement de soutenir la candidature de Sleiman Frangié, appuyée par le Hezbollah. A plusieurs reprises, le parti chiite a lancé un ultimatum aux leaders chrétiens vis-à-vis de l'élection du leader de Zghorta.

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M. Aoun a en outre condamné le fait que les Libanais "attendent une confirmation de l'étranger" pour élire son successeur, estimant qu'"un président élu par l'étranger ne sera pas un président indépendant" et appelé à ce que les tractations se concentrent "sur les réformes" à entreprendre pour redresser le pays plutôt que sur "les noms des présidentiables". Il a par ailleurs fustigé les blocages internes à la scène politique et regretté que "les personnes qui font obstruction sont désormais la norme au sein du pouvoir".

Quant à son gendre Gebran Bassil, il a estimé que "le problème, c'est que tout le monde adopte un comportement classique dans des circonstances exceptionnelles, notamment la moumanaa". "Elle considère avoir gagné dans la région et veut consacrer sa victoire au Liban. Mais est-ce que cela a une influence bénéfique sur la situation interne du pays ?", a-t-il poursuivi.

"Nous voulons une patrie qui résiste, mais pas seulement par les armes (...) Qu'importe la victoire sur Israël quand le pays se vide de son peuple ?", a renchéri Gebran Bassil, qui indique cependant que le contact avec la moumanaa "n'est pas coupé". "L'important est que ce contact soit établi afin d'arriver à un résultat, pas pour que chacun campe sur ses positions", a-t-il poursuivi. Il l'assure, "tout divorce (avec le Hezbollah) a des conséquences néfastes sur le pays."

Opposition et Forces Libanaises
Les critiques de Gebran Bassil ne se sont pas concentrées uniquement sur le Hezbollah. Il s'en est également pris à l'opposition, désignée comme un camp "qui veut détruire le projet du Hezbollah par la force" selon ses termes. "Pourtant, d'autres solutions sont possibles pour régler cette affaire. Vouloir détruire, ça ne sert à rien", a-t-il asséné.

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Michel Aoun comme Gebran Bassil ont également abordé les liens du parti avec les Forces libanaises. Dans son entretien télévisé, l'ancien chef d'Etat a mis en doute l'impact d'une éventuelle entente autour d'un candidat entre CPL et FL. "Cela ne nous permettrait pas d'imposer un candidat à l'autre camp", a-t-il lancé. "A quoi cela servirait-il de mettre quelqu'un au pouvoir s'il est incapable de travailler dans le système actuel ?", s'est-il interrogé.

Quant à Gebran Bassil, il a déclaré : "Nous considérons que les FL nous ont trahis mais, en nous tournant vers le futur, nous pardonnons. Nous sommes liés l'un à l'autre".

Enfin, concernant le mandat d'arrêt international émis mardi par la justice française à l'encontre du gouverneur de la BDL, Riad Salamé, Michel Aoun a qualifié de "violation majeure" un éventuel refus de la justice et du gouvernement libanais d'exécuter ce mandat. 

Après la publication de cette décision judiciaire, Riad Salamé a affirmé sa volonté de se défendre. De son côté, le ministre sortant de l'Intérieur Bassam Maoulaoui a affirmé mardi que Riad Salamé ne peut pas être arrêté ni poursuivi au Liban si Interpol n'émet pas un mandat d'arrêt (une notice rouge) à son encontre. De son côté, un avocat d'une des associations portées parties civiles dans les procédures en France avait estimé que, M. Salamé étant désormais "dans une position de fugitif", il n'était pas en mesure de faire appel du mandat d'arrêt, et qu'il ne récupérerait ce droit que lorsqu'il serait en état d'arrestation. 

L'ex-président de la République libanaise Michel Aoun a estimé mardi soir "déraisonnable de boycotter une confession" dans le cadre des tractations autour de la présidentielle, en allusion au Hezbollah, tandis que son gendre Gebran Bassil a vivement critiqué le parti chiite, allié de longue date du Courant patriotique libre (CPL) fondé par Michel Aoun et dirigé par M. Bassil.Dans...
commentaires (4)

"ils" sont toujours vivants,Aoun et Bassil?

Marie Claude

16 h 10, le 18 mai 2023

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Commentaires (4)

  • "ils" sont toujours vivants,Aoun et Bassil?

    Marie Claude

    16 h 10, le 18 mai 2023

  • Fala2touna !!! Gendre et beau père à tous les coups sachant que la grande majorité des postes politiques se transmettent de père en fils. Mais pour l’0LJ il n’y qu’un seul lien de parenté : celui de Aoun et Bassil

    Hitti arlette

    15 h 02, le 18 mai 2023

  • J’aurais souhaité avoir l’opinion de Sami Gemayel , fils de Amin G et cousin de Nadim G.

    Hitti arlette

    14 h 51, le 18 mai 2023

  • « Il s'en est également pris à l'opposition, désignée comme un camp "qui veut détruire le projet du Hezbollah par la force" selon ses termes ». On croirait vraiment entendre le mollasson Saad Hariri.. L’Histoire nous apprendra que le beau-fils de Michel Aoun et le fils de Rafic Hariri sont 2 personnalités en apparence l’une contre l’autre mais qui en réalité se ressemblent presque autant qu’un personnage et son image dans un miroir qui lui fait face.

    Citoyen libanais

    14 h 36, le 18 mai 2023

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