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Politique - Législatives

Quel impact aurait un scrutin tenu le 27 mars prochain ?

En décidant presque à l’unanimité de tenir des élections aussi tôt, la majorité des forces politiques chercheraient à couper la route à l’opposition, aux indépendants et au vote de la diaspora.

Quel impact aurait un scrutin tenu le 27 mars prochain ?

La commission parlementaire des Finances et du Budget réunie à l’hémicycle, le 27 septembre 2021. Photo Ali Fawaz/Parlement libanais

En dépit de multiples défis logistiques, de complications monstres au niveau de l’organisation et de la violation du principe de l’égalité des chances des candidats en lice, les commissions parlementaires mixtes ont retenu hier la date du 27 mars pour les législatives de 2022, sachant que le délai constitutionnel pour leur tenue s’étend au 15 mai prochain.

À l’exception du Courant patriotique libre qui s’est abstenu de voter, c’est la majorité des formations politiques qui se sont prononcées hier en faveur de la date du 27 mars prochain au lieu de celle du 8 mai initialement prévue, alors que les modalités de la participation de la diaspora au scrutin – que les forces traditionnelles semblent craindre au plus haut point – continuent de faire l’objet de débats intenses.

Même si le choix de la date fait l’objet d’une recommandation seulement, il s’agit là néanmoins d’une tendance générale dont le ministre de l’Intérieur Bassam Maoulaoui devra tenir compte. Après tout, c’est un large éventail de formations politiques qui souhaite rapprocher la date de l’échéance électorale, pour des raisons tactiques qui diffèrent d’un bloc à l’autre.

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« Rien n’est encore tranché puisque ce n’est certainement pas aux commissions que revient ce type de décision qui relève du ministre de l’Intérieur. C’est lui qui émet le décret de convocation des collèges électoraux qu’il cosigne avec le chef de l’État et le Premier ministre », commente l’ancien ministre Ziyad Baroud. Cette décision est donc techniquement du ressort de l’exécutif.

Sauf que Bassam Maoulaoui n’avait pas écarté la possibilité d’avancer la date des élections, lorsqu’il s’était dit prêt à les organiser avant le mois de mai, après un entretien le 23 septembre dernier avec le chef de l’État. Le Premier ministre Nagib Mikati avait lui aussi évoqué l’éventualité de tenir le scrutin le 27 mars, au cours d’une interview accordée il y a deux semaines à la LBCI. Il reste que le président de la République pourrait refuser de jouer le jeu par solidarité avec le CPL, une éventualité qui ne ferait que compliquer momentanément la donne et rendre Michel Aoun un peu plus impopulaire, même si l’on reste dans les délais constitutionnels si la nouvelle date était retenue. L’élection d’une nouvelle Assemblée doit, selon les textes, avoir lieu dans les soixante jours qui précèdent l’expiration de son mandat, soit le 21 mai prochain.

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Il fallait choisir entre le 27 mars et le 15 mai, qui représente le dernier dimanche avant l’expiration du mandat de la législature actuelle. Amal et le Hezbollah s’étaient farouchement prononcés contre l’idée d’effectuer le scrutin durant le mois de ramadan qui coïncide avec le mois d’avril, en faisant valoir qu’il leur est impossible de faire campagne durant le jeûne. Une argumentation qui laisse sceptique bon nombre de partis politiques et d’analystes. « Amal et le Hezb sont techniquement prêts, quelle que soit la date du scrutin. Leur machine électorale est parfaitement huilée et ils n’ont pas à s’inquiéter outre mesure puisque leurs circonscriptions leur sont majoritairement acquises », précise Ziyad Baroud. Il faudra donc chercher ailleurs les raisons de leurs réserves.

Quid du vote des émigrés ?

Le choix du 27 mars réduit ainsi au maximum le temps alloué aux préparatifs et à la logistique, sachant que l’option d’organiser le scrutin les dimanches du 1er, 8 ou 15 mai existe toujours. C’est d’ailleurs ce que préfère le CPL, qui souhaite vraisemblablement prendre son temps pour se préparer plus sérieusement à une échéance intimement liée à celle de la présidentielle, en octobre 2022.

S’il devait être entériné, le rapprochement de la date du scrutin implique une série de complications techniques aux multiples impacts politiques, notamment concernant le vote des Libanais de l’étranger qui à ce jour n’a fait l’objet d’aucun accord. Même si les forces politiques continuent d’afficher leur volonté de respecter cet engagement légal, elles redoutent en même temps la participation d’une masse électorale importante au comportement incertain, qui risque de renverser les équilibres en place.

Pour l’heure, on ne sait toujours pas si les émigrés seront appelés à voter pour les 128 députés au niveau des 15 circonscriptions au Liban ou pour six députés représentant chacun un continent – un moindre mal –, un peu sur le modèle français. Une chose est sûre, soulignent les experts : le choix du 27 mars ne laisse pas une marge de manœuvre suffisante pour mettre au point la logistique affectée au vote des non-résidents. En tous les cas sûrement pas s’il est question de désigner de surcroît les 6 candidats qui doivent en même temps refléter la mosaïque communautaire, un casse-tête qui risque de se transformer en obstacle susceptible de torpiller leur participation.

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Autre inconvénient qui pointe à l’horizon : le fait de rapprocher autant la date du scrutin est à même de défavoriser principalement les nouveaux prétendants à l’hémicycle, principalement les indépendants ou les candidats de la thaoura qui seront largement défavorisés. Si les partis traditionnels possèdent déjà l’expertise, les moyens financiers et logistiques et surtout des machines électorales bien rodées, tel n’est pas le cas pour les nouvelles élites, foncièrement anti-establishment, qui n’auront pas assez de temps pour mettre au point leur campagne.

Plus grave encore, dénonce l’Association pour la démocratie des élections (LADE), une ONG anti-establishment, est le fait que les listes des électeurs dont la mise à jour est finalisée le 30 mars de chaque année, seront celles de l’année 2021 si la date du 27 mars est maintenue.

« Cela suppose que seront éliminés d’entrée jeu plus de 90 000 jeunes électeurs qui, le 30 mars 2022, auraient atteint 21 ans, soit l’âge légal pour voter », fait remarquer le directeur exécutif de LADE, Ali Slim. « C’est une tranche d’âge qui généralement fait partie de la génération de la thaoura et dont la participation au scrutin inquiète de toute évidence les partis politiques traditionnels. »

La société civile craint aussi qu’en rapprochant autant la date de la consultation, le ministère de l’Intérieur n’ait pas suffisamment de temps pour mettre en place la fameuse Commission de supervision des élections, censé contrôler le bon déroulement et la transparence du scrutin. C’est probablement ce qui expliquerait l’intervention du chef des FL, Samir Geagea, dont la formation a pourtant avalisé le choix du 27 mars, et qui a rappelé dans un communiqué que cette commission doit être formée six mois avant le scrutin.


En dépit de multiples défis logistiques, de complications monstres au niveau de l’organisation et de la violation du principe de l’égalité des chances des candidats en lice, les commissions parlementaires mixtes ont retenu hier la date du 27 mars pour les législatives de 2022, sachant que le délai constitutionnel pour leur tenue s’étend au 15 mai prochain.À l’exception du Courant...

commentaires (2)

Donc ces fameux six députés sont élus d’office ?!

Wow

14 h 58, le 08 octobre 2021

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Commentaires (2)

  • Donc ces fameux six députés sont élus d’office ?!

    Wow

    14 h 58, le 08 octobre 2021

  • SUR LE : SOUHAITEZ-VOUS SOUTENIR L,OLJ ? MA REPONSE : OUI, CERTES QUE JE LE SOUHAITE CAR JE VEUX COMMUNIQUER AVEC L,OPINION PUBLIQUE ET LUI PASSER LES MESSAGES DE MA LIBRE EXPRESSION. OR LE JOURNAL A ENFOUI LES REACTIONS DE SES ABONNES DANS DES DEDALES INACCESSIBLES AU COMMUN DES LECTEURS ET PAR DESSUS LE MARCHE IL PRATIQUE UNE CENSURE PARTISANE ET MALHONNETE SUR LES LIBRES EXPRESSIONS DE SES ABONNES LES COUPANT TRES SOUVENT DU LIBRE CONTACT AVEC L,OPINION PUBLIQUE. - SI LE JOURNAL REVIENT A LA PRESENTATION PRECEDENTE DES REACTIONS DES INTERNAUTES POUR QU,IL Y AIT VRAI CONTACT AVEC L,OPINION PUBLIQUE ET SI LE JOURNAL ANNONCE QU.IL N,Y A PLUS DE CENSURE SUR LES REACTIONS DES INTERNAUTES, SES ABONNES, A MOINS QUE LES REACTIONS RENFERMENT DES INSULTES PERSONNELLES OU SI ELLES ATTAQUENT PERSONNELLEMENT ET INJUSTEMENT DES MEMBRES DU JOURNAL, ALORS JE SUPPORTERAIS LE JOURNAL. ET JE CROIS TOUS LES ABONNES LE FERAIENT. LEUR BUT C,EST DE COMMUNIQUER AVEC L,OPINION PUBLIQUE ET DE LUI PASSER LIBREMENT LEURS LIBRES MESSAGES. - ESPERONS QU,A L,OLJ ON REALISE LES FAITS ET QU,UN SOUTIENT DES DEUX COTES SE DEVELOPPE. VOUS SOUTENEZ MA LIBRE COMMUNICATION AVEC L,OPINION PUBLIQUE, JE SOUTIENS VOTRE JOURNAL !

    OLJ, LA CENSURE EST UNE HUMILIATION A VOS ABONNES

    08 h 07, le 08 octobre 2021

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