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Chasse illégale

Un carnage de perdrix provoque l’émoi des internautes et des écologistes

Une association a porté plainte contre les chasseurs contrevenants, qui ont exposé leur « butin » sans complexes sur les réseaux sociaux.

Un carnage de perdrix provoque l’émoi des internautes et des écologistes

Une des photos postées par les chasseurs contrevenants, montrant l’un d’entre eux posant fièrement devant les voitures dont les plaques sont parfaitement lisibles. Photo tirée de Facebook et fournie par Roger Saad

La vidéo circule largement sur les réseaux sociaux : trois hommes exhibent fièrement une centaine de perdrix tuées, placées sur les capots de deux voitures poussiéreuses. Les hommes ne cachent ni leur nom ni les plaques de leurs voitures. L’un d’eux s’amuse même à compter les oiseaux morts, étalés en parfaite symétrie sur les deux 4x4. Le lieu n’est pas précisé, mais il s’agit de toute évidence d’un jurd, un site en très haute altitude, où la végétation est particulièrement rare. C’est dans ces endroits reculés que l’on trouve généralement les perdrix, ce sont aussi ceux qui restent passablement inaccessibles à des forces de l’ordre débordées par bien d’autres problèmes dans le pays. Dans tous les cas, cette vidéo met en scène trois individus qui ne semblent pas craindre les agents de loi, et qui s’expriment d’une manière provocatrice.

La saison de chasse est ouverte depuis septembre, et elle s’annonce déjà meurtrière, malgré les multiples préoccupations du peuple libanais qui, on l’aurait cru, auraient dû reléguer de telles activités au second plan. « Nous constatons une multiplication de pareils carnages à l’encontre des oiseaux, domestiques ou migrateurs », déplore Roger Saad, chargé de communication de l’Association libanaise de conservation des oiseaux (ABCL).

Commentant la vidéo proprement dite, l’activiste note l’insouciance des trois individus. « Ils semblent ne craindre rien ni personne, souligne-t-il. D’une part, ils déclinent leur identité sans complexe, et fournissent des informations précises sur leurs véhicules. D’autre part, ils exhibent les oiseaux morts sur leurs voitures comme sur les réseaux sociaux. Ce faisant, ils enfreignent doublement la loi sur la chasse, et même triplement, puisque l’espèce d’oiseau qu’ils ont chassée, la perdrix, est protégée par la loi libanaise et internationale. De plus, le nombre – effrayant – de spécimens tués est dans tous les cas inacceptable et illégal (étant donné que la loi précise les espèces à chasser et le nombre de spécimens autorisé). Seul le lieu n’est pas précisé, mais il pourrait s’agir du jurd du Qaa ou de Boudaï, dans la Békaa. »

Roger Saad rappelle que la perdrix est un bel oiseau très caractéristique du Liban, souvent chanté par les poètes, le célèbre « hajal ». Comme beaucoup de volatiles, il se nourrit d’insectes, et la réduction de sa population a un impact sur l’ensemble de la biodiversité. Si cette chasse sans frein se poursuit, cette espèce pourrait bien se retrouver un jour sur la liste des espèces menacées, craint-il.

Des massacres à répétition

Et ce massacre est loin d’être le seul constaté cette année par l’association. L’activiste parle de deux cas de chasse abondante de bondrées apivores dans la région du Akkar, d’un pélican blessé qui a fini par succomber, de cigognes atteintes en plein vol, et même d’un carnage d’oiseaux migrateurs au lance-roquettes à Ouyoune el-Samak, à Denniyé…

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« En tant qu’association, nous documentons ces cas et les transmettons aux Forces de sécurité intérieure, affirme Roger Saad. Dans la plupart des cas, les contrevenants sont arrêtés, ils doivent signer des engagements et ils sont déférés devant les juges. Mais dans le cas de cette dernière vidéo, il n’y a pas encore eu d’arrestations. »

L’activiste fait part de sa désapprobation face à l’action des autorités, même s’il reconnaît en revanche les efforts fournis par les forces de l’ordre. « J’aurais personnellement préféré que la saison de chasse ne soit pas ouverte cette année, dit-il. Il s’agit d’une année exceptionnelle sur tous les plans, les forces de l’ordre sont trop sollicitées partout et elles ne peuvent suivre de près les chasseurs contrevenants. Voilà pourquoi nous menons notre propre enquête pour les assister. »

Rappelons que plusieurs associations écologiques, dont le collectif du Mouvement écologique libanais, avaient suggéré que la chasse ne soit pas ouverte cette année, mais leur requête n’a pas été prise en considération par le Haut Comité de la chasse, présidé par le ministre de l’Environnement (voir L’OLJ du 3 octobre).


La vidéo circule largement sur les réseaux sociaux : trois hommes exhibent fièrement une centaine de perdrix tuées, placées sur les capots de deux voitures poussiéreuses. Les hommes ne cachent ni leur nom ni les plaques de leurs voitures. L’un d’eux s’amuse même à compter les oiseaux morts, étalés en parfaite symétrie sur les deux 4x4. Le lieu n’est pas précisé, mais...

commentaires (9)

On ne sait plus dur qui cracher tellement les candidats dont nombreux!!! Ils peuvent être fiers de massacrer la nature et de réduire ce qui était un paradis en un dépôt d'ordures...humaines

Wlek Sanferlou

01 h 24, le 23 octobre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • On ne sait plus dur qui cracher tellement les candidats dont nombreux!!! Ils peuvent être fiers de massacrer la nature et de réduire ce qui était un paradis en un dépôt d'ordures...humaines

    Wlek Sanferlou

    01 h 24, le 23 octobre 2020

  • Nous battons le record du monde du nombre de tarés qu’on découvre chaque jours dans notre pauvre petit pays , que des déchets humains et des ramassis d’ordures . A l’image de nos dirigeants

    Ziad Moukarim

    23 h 03, le 22 octobre 2020

  • Salauds, sales gens ?? des pauvres oiseaux migrateurs pourquoi pourquoi les tuer ?? VICIEUX BARBARES on devrait vous incarcérer, c’est là votre place. Mort à vous plutôt ??

    Khoury-Haddad Viviane

    07 h 41, le 22 octobre 2020

  • En taule ainsi que leur(s) protecteur(s) !

    Remy Martin

    20 h 25, le 21 octobre 2020

  • ces chasseurs meritent d etre chasser du pays mais qui va les chasser tous les gouvernements sont incapables de faire respecter le code de circulation automobile comment voulez vous qu ils fassent respecter la chasse, le libanais c est un abadaye et le revendique pauvre pays et pauvres libanais on a le gouvernement qu on merite.

    youssef barada

    19 h 59, le 21 octobre 2020

  • Quel Honte pour le Liban. Quel Honte pour ceux qui laissent passer.

    DRAGHI Umberto

    19 h 17, le 21 octobre 2020

  • Ils s’en fichent. Ils doivent être hezb ou du tayyar, ya3ni immunisés...

    Gros Gnon

    15 h 52, le 21 octobre 2020

  • CE N,EST PAS POSSIBLE DE TIRER TANT DE PERDRIX AU LIBAN DANS LA NATURE SAUVAGE. A MOINS QU,IL Y AIT UNE FARME D,ELEVAGE DE PERDRIX OU LES - CHASSEURS DE LA BLAGUE- VONT PERTERER DU MASSACRE SUR DES OISEAUX QUI NE VOLENT MEME PAS TOUT COMME LES POULES D,ELEVAGE, ET SE VANTER D,AVOIR CHASSE DES PERDRIX. WLEK 3AYB 3LEYKON !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 39, le 21 octobre 2020

  • Ces abrutis ne risquent rien, même pas le rhum, tellement leur boîte crânienne est vide. Il y a longtemps que leur cerveau a déserté. Il faut les châtier et avec fermeté. Des imbéciles errants et nuisibles.

    Citoyen

    08 h 54, le 21 octobre 2020