Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assiste à une cérémonie de dépôt de gerbe à l'occasion de la Journée annuelle de commémoration de l'Holocauste au musée du Mémorial de l'Holocauste Yad Vashem à Jérusalem, le 14 avril 2026. Photo Ilia YEFIMOVICH / AFP
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé l'espoir que la fin du régime iranien pourrait mener à la chute de ses proxies dans la région, affirmant que les négociations prévues à Washington en fin de semaine visent à « répartir les rôles » entre Beyrouth et Tel-Aviv « pour se débarrasser du Hezbollah. »
Dans un entretien sur la chaîne américaine CBS, M. Netanyahu a souhaité que la fin du pouvoir iranien conduise à la chute, « comme un échafaudage », des supplétifs de l'Iran au Yémen (houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah). « Est-ce possible ? Oui. Est-ce certain ? Non », a-t-il répondu. « L'Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire », a observé le chef du gouvernement israélien.
Il a estimé que le Hezbollah disposait « avant la guerre » en octobre 2023 de « 150 000 missiles balistiques et roquettes », soit « la plus forte concentration de ce type de projectiles sur la planète ». Mais « l'essentiel de cet arsenal » a été détruit, s'est-il félicité, bien qu'il « leur reste encore des milliers de roquettes et quelques missiles balistiques, ce qui continue à poser un problème majeur. » Le Premier ministre israélien a accusé aussi le parti chiite de « tenir le Liban en otage ».
« Nous pouvons faire la paix avec le Liban »
« Nous n’avons aucun différend avec le Liban. Nous pouvons faire la paix avec le Liban, et nous voulons faire la paix avec lui demain — non, même hier », a-t-il dit, mais cela est empêché par une « organisation terroriste soutenue par l’Iran qui a détourné le pays. »
Selon lui, « les Libanais aimeraient » qu'Israël désarme le Hezbollah. C'est, a-t-il affirmé, dans ce cadre que les négociations directes doivent être comprises. « Ce dont nous discutons avec eux, c’est comment travailler ensemble — militairement et politiquement — en se répartissant éventuellement les rôles pour se débarrasser du Hezbollah. Cela n’a pas encore été fait, mais cela doit être fait », a-t-il poursuivi.
Benjamin Netanyahu a dès lors rejeté l'éventualité de lier la fin de la guerre en Iran avec l'arrêt des hostilités sur le front libanais, estimant néanmoins que la guerre en Iran n'est « pas finie » car il faut encore en « retirer » les stocks d'uranium enrichi. La guerre « a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran », a-t-il dit, ajoutant qu'il restait également « des sites d'enrichissement à démanteler ». Interrogé pour savoir comment il comptait « sortir » l'uranium d'Iran, il a déclaré : « On y va et on le sort. » « Ce que le président Trump m'a dit, c'est : +Je veux y aller. Et je pense que c'est physiquement possible. Ce n'est pas là le problème. Si on a un accord, on y va et on le sort, pourquoi pas ? C'est la meilleure solution », a-t-il ajouté.
« On finira par le récupérer (...) on le surveille de près », avait auparavant déclaré le président américain dans une interview séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine. « Si quelqu'un s'approche de l'endroit, on le saura, et on le fera sauter », avait-il ajouté.
L'uranium enrichi
Le sort de l'uranium enrichi détenu par l'Iran est l'un des enjeux majeurs au cœur des discussions entre Téhéran et Washington. Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des Douze jours de juin 2025. Selon les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran disposait alors de 441 kilos d'uranium enrichi à 60 %, proche du seuil des 90 % permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20 % et de plus de 6 tonnes à 5 %. Le stock de 60 % était réparti sur trois sites : Fordo, Natanz et Ispahan.
Alors que Donald Trump se rend cette semaine en Chine, Benjamin Netanyahu a affirmé que Pékin soutenait l'arsenal militaire de Téhéran. « La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles », a-t-il déclaré, refusant d'en dire plus. Le Premier ministre israélien a évalué à 3,8 milliards de dollars l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et exprimé sa volonté de vouloir réduire ce montant « à zéro », au moment où des voix s'élèvent aux États-Unis pour dénoncer le soutien à l’État hébreu. « Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire », a-t-il estimé. « Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans ».


Trump pensait, naïvement, obtenir une reddition de l'Iran. Netanyahu, lui, n'y a jamais cru. Sa méthode est d'affaiblir le régime pour permettre, un jour, aux iraniens, qui, seuls, peuvent le faire, de le renverser. De même, au Liban, il sait que Tsahal ne peut – l'expérience e Gaza le prouve – détruire le Hezbollah. Ce qu'il veut, c'est l'affaiblir suffisamment pour que les libanais fassent le reste. Le problème est que le pouvoir libanais préfère voir le pays ruiné ("mille ennemos extérieurs valent mieux qu'un ennemi intérieur") plutôt que s'y coller.
08 h 36, le 12 mai 2026