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Politique - cessez le feu au liban 2026

Nawaf Salam : Israël contrôle maintenant 68 villages, et Bint Jbeil ressemble à Gaza

Le Premier ministre a également déploré qu'« Israël occupe aujourd'hui près de la moitié de la zone au sud du Litani », à l'heure où l'armée israélienne ne cache pas sa volonté d'établir une « zone tampon » sur une profondeur de 8 à 10 km au sein du Liban.

Nawaf Salam : Israël contrôle maintenant 68 villages, et Bint Jbeil ressemble à Gaza

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, lors d'une interview accordée le 8 mars 2026 à L'Orient-Le Jour. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a regretté dimanche le fait que la guerre dans laquelle le « Liban a été entraîné » par le Hezbollah le 2 mars a provoqué le « contrôle par Israël de 68 villages, près de la moitié de la zone située au sud du Litani », et des destructions « similaires à Gaza », lors d’un entretien avec la chaîne saoudienne al-Arabiya.

« 68 villages contrôlés par Israël »

« On avait cinq points encore occupés avant la guerre, et nous essayions d’obtenir un retrait israélien avec un soutien arabe et international (…) Israël contrôle maintenant 68 villages ! », a regretté Nawaf Salam. Malgré l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024, qui prévoyait le retrait complet de l'armée israélienne du Liban-Sud sur une durée de deux mois, elle était restée positionnée sur au moins cinq collines près de la frontière, avant d'entamer une offensive terrestre en mars 2026, après l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale. « Israël occupe aujourd'hui près de la moitié de la zone au sud du Litani », fleuve situé à 30 km de la frontière, a déploré le Premier ministre, à l'heure où l'armée israélienne ne cache pas sa volonté d'établir une « zone tampon » sur une profondeur de 8 à 10 km au sein du Liban. Avant de souligner que des « villes comme Bint Jbeil sont détruites, dont au regard des images prises par drone, on ignore si elles ont été prises à Bint Jbeil ou Gaza ! »

Pour sortir de la guerre, M. Salam a de nouveau défendu la nécessité de négociations directes avec Israël, pilotées par le président Joseph Aoun, avec son accord, « conformément à la Constitution », et malgré les reproches du Hezbollah à cet égard. Dimanche, Mahmoud Comati, membre du Conseil politique du Hezbollah, a lancé une violente diatribe contre M. Aoun, demandant comment ce dernier « se permet de passer outre un pilier essentiel de l’État, le président du Parlement Nabih Berry, et de quel droit il décide seul du destin du Liban ».

Le Premier ministre a également estimé que « la majorité des Libanais soutient les négociations », et insisté sur le fait que le gouvernement « se concentre actuellement sur l’arrêt des hostilités et la fin de la guerre », affirmant œuvrer au « retour des déplacés dans leurs villages et leurs villes ». Nawaf Salam s'est dit « attaché à la nécessité d’un retrait israélien complet de l’ensemble des territoires libanais selon un calendrier précis et des arrangements sécuritaires clairs ».

Il a de nouveau affirmé que le Liban était ouvert à la discussion d’un accord de paix, mais dans le cadre plus large de l’Initiative de paix arabe de 2002, qui conditionne la normalisation des pays arabes avec Israël à l'établissement d’un État palestinien dans les frontières de 1967. Position traditionnelle de la diplomatie libanaise, elle est également plus largement un souhait de l'Arabie saoudite, parrain de la communauté sunnite au Liban.

« Consolidation des relations » avec la Syrie

Le chef du gouvernement a tenu ses déclarations au retour d'une visite à Damas, où il s'est rendu samedi accompagné d'une importante délégation ministérielle, afin d'ouvrir une nouvelle ère de relations entre le Liban et la Syrie, dont le pouvoir est soutenu par Riyad. « Nous avons tourné la page des différends avec la Syrie, a-t-il dit. Nous nous dirigeons vers une consolidation des relations. » Il a encore affirmé qu'un « grand progrès a été accompli avec la partie syrienne et que ses résultats apparaîtront bientôt ». Plus précisément, il a annoncé travailler à « la création d’un Conseil supérieur de coopération avec la Syrie », précisant que « la première réunion du Conseil se tiendra en juin prochain ». Il a également fait part d'« un accord avec la Syrie visant à faciliter la circulation des personnes et des marchandises ainsi que l’interconnexion électrique ».

Le déplacement de la délégation libanaise de haut rang a eu lieu alors que Damas accuse régulièrement le Hezbollah d’être impliqué dans des projets d’attaques sur le territoire syrien, ce que le parti chiite dément, et que l'armée israélienne occupe des territoires syriens et libanais. La délégation libanaise comprenait le vice-Premier ministre Tarek Mitri, les ministres de l’Économie et du Commerce Amer Bsat, des Travaux publics et des Transports Fayez Rassamny, de l’Énergie et de l’Eau Joe Saddi, ainsi que la conseillère du Premier ministre, l’ambassadrice Claude Hajal.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a regretté dimanche le fait que la guerre dans laquelle le « Liban a été entraîné » par le Hezbollah le 2 mars a provoqué le « contrôle par Israël de 68 villages, près de la moitié de la zone située au sud du Litani », et des destructions « similaires à Gaza », lors d’un entretien avec la chaîne saoudienne al-Arabiya.« 68 villages contrôlés par Israël »« On avait cinq points encore occupés avant la guerre, et nous essayions d’obtenir un retrait israélien avec un soutien arabe et international (…) Israël contrôle maintenant 68 villages ! », a regretté Nawaf Salam. Malgré l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024, qui prévoyait le retrait complet de l'armée israélienne du Liban-Sud sur une durée de deux mois, elle était restée...
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