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À La Une - Liban

Entre rejet et "c'est mieux que rien" : les premières réactions au cabinet Diab au Liban

Beirut Madinati dénonce une "insulte" au peuple, le Bloc National rejette une "logique clairement confessionnelle et de partage du gâteau qui ne peut aboutir à un plan de sauvetage ou même une volonté de sauvetage".

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, le 22 janvier 2020 au palais de Baabda. Photo AFP/ HO / DALATI AND NOHRA

Au lendemain de la formation du cabinet de Hassane Diab, une équipe monochrome de 20 ministres, dont six femmes, composée certes de technocrates, dont nombreux sont reconnus pour leur parcours professionnel ou académique, mais qui est loin d’être indépendante, des responsables politiques, des partis et des associations ont réagi. Des réactions qui vont du rejet catégorique au "c’est mieux que rien".


- "Tout gouvernement vaut mieux que le vide car ce qui vient sera encore plus difficile et il vaut mieux abattre les barrières intérieures pour ne pas se perdre dans le jeu des nations", a écrit le leader druze libanais Walid Joumblatt sur son compte Twitter. Le PSP de M. Joumblatt, de même que les Forces libanaises de Samir Geagea et le courant du Futur de Saad Hariri avaient indiqué qu'ils ne participeraient pas au cabinet de M. Diab

- Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, interrogé par L'Orient-Le Jour, a préféré attendre "quelques jours" avant de se prononcer au sujet du nouveau gouvernement, mais il estime d’emblée qu’en se fondant sur les "péripéties" qui ont accompagné la formation du cabinet, notamment pour ce qui est de la distribution des parts entre les protagonistes politiques qui ont nommé les ministres, cette équipe "semble pire que les précédentes".

- "Vous n'êtes pas optimistes, nous le sommes", a déclaré, pour sa part, le président de la Chambre et chef du mouvement Amal, Nabih Berry à la presse, alors qu'il se trouvait à Baabda avant la tenue du Conseil des ministres.

Pour Nabih Berry, "la confiance du peuple et des instances arabes et internationales au gouvernement est plus importante que la confiance de la Chambre des députés", a plus tard rapporté Ali Bazzi, député du mouvement Amal à l'issue d'une réunion hebdomadaire avec M. Berry. "M. Berry a souligné lors de la réunion que le temps est à l'action et non aux paroles, et la priorité du Parlement, après le vote de confiance et le vote du budget, sera d'adopter l'ensemble des lois sur les réformes, notamment les lois portant sur la corruption", a ajouté M. Bazzi.

- Le patriarche maronite, Béchara Raï, a pour sa part appelé à "donner une chance" au gouvernement de Hassane Diab. "Je m'adresse ce soir au peuple libanais pour lui dire qu'il doit pas se précipiter dans le doute et le refus, et de donner une chance au gouvernement pour mettre en place un programme de sauvetage et un plan de travail", a affirmé Mgr Raï lors d'une messe à Bkerké. "Les troubles, les atteintes aux biens publics et privés, les incendies de pneus et les blocages de routes ne doivent pas avoir lieu en cette période".

- Mercredi, le courant du Futur n'avait toujours pas réagi à la formation du cabinet Diab.

- Dès mardi soir, des manifestants ont exprimé, dans la rue, leur rejet du cabinet de M. Diab, qui ne répond pas à leurs revendications d'un cabinet d'experts indépendants. Une nouvelle manifestation violente avait également lieu en soirée, mercredi.


(Eclairage : Un gouvernement qui promet beaucoup, mais qui s’est rétracté sur l’essentiel)


- Le parti Beirut Madinati, issu de la société civile, a estimé que "le gouvernement des quotas est une insulte, une provocation et un mépris de la dignité du peuple", peut-on lire dans un communiqué publié par le groupe.

"Après trois mois d'atermoiements et de fausses promesses d'un gouvernement restreint et indépendant, trois mois couronnés de violence, le pouvoir stérile a formé un gouvernement de quotas politiques ne répondant qu'à ses propres intérêts. Cette ignorance provocatrice des revendications légitimes du peuple promet une large confrontation populaire, qui conduira à l'effondrement complet du pays et accroîtra notre dépendance vis à vis de la politique des axes", est-il ajouté.

"Le processus de formation du gouvernement, en particulier la farce dont nous avons été témoins ces derniers jours, indique clairement qu'il s'agit d'un gouvernement dépendant, soumis à des politiques qui ont détruit et pillé le pays, même si certains (ministres) ont une certaine expérience ou un certain professionnalisme. Le conseiller est devenu ministre, et le ministre est devenu conseiller..., dénonce encore Beirut Madinati. Il n'y a aucune confiance dans la capacité d'un tel gouvernement à fournir un véritable programme de sauvetage qui redonne aux gens leur dignité. Pas de retour en arrière".


(Lire aussi : Atomes non crochus, l'éditorial de Issa GORAIEB)



- Le Bloc national dirigé par Salam Yamout a estimé mercredi qu'il ne peut y avoir de "sauvetage" du pays à l'ombre du gouvernement formé par Hassane Diab. Dans un communiqué publié sur son site, le BN dénonce "la demande du tiers de blocage au sein d'un gouvernement composé uniquement d'alliés stratégiques". Il dénonce également "les différends au sujet du nombre (de ministres) et des portefeuilles ministériels dans une logique purement confessionnelle", avant de critiquer également "les tiraillements (qui ont eu lieu, lors de la gestation du cabinet, ndlr) pour s'arracher les ministères juteux". Le BN considère ainsi que "cette logique basée sur une absence de confiance entre les partis d'un même camp et sur une logique clairement confessionnelle et de partage du gâteau ne peut aboutir à un plan de sauvetage ou même une volonté de sauvetage".

Le parti prédit enfin que ce gouvernement "mendiera quelques milliards auprès des donateurs afin d'éviter l’effondrement économique et celui de l’État".


- L'Association des banques du Liban (ABL) a salué la naissance du gouvernement, se disant prête à sortir de la crise économique et financière dont souffre le Liban depuis plusieurs semaines. Elle a ainsi exprimé l'espoir que la formation du cabinet ait "un impact positif sur la situation générale du pays" et soit le "prélude d'un retour de la confiance, de la stabilité sécuritaire, économique et financière sur une base solide". L'ABL "s'engage auprès des clients et des employés des banques, ainsi que de l'opinion publique sur le fait qu'elle est prête à aider à nous relever des crises économique et financière".


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commentaires (3)

MALGRE MES REACTIONS NEGATIVES A CETTE EQUIPE JE CONSEILLE... POUR NE PAS PLONGER LE PAYS ENCORE PLUS DANS LA CRISE ECONOMICO-FINANCIERE... DE LUI DONNER UNE CHANCE DE SIX MOIS POUR SE PROUVER. OU AMERNA 3ALA ALLAH !

L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

13 h 12, le 22 janvier 2020

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Commentaires (3)

  • MALGRE MES REACTIONS NEGATIVES A CETTE EQUIPE JE CONSEILLE... POUR NE PAS PLONGER LE PAYS ENCORE PLUS DANS LA CRISE ECONOMICO-FINANCIERE... DE LUI DONNER UNE CHANCE DE SIX MOIS POUR SE PROUVER. OU AMERNA 3ALA ALLAH !

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 12, le 22 janvier 2020

  • Ça fait penser à cette blague du vieux juif qui va voir son rabin en se plaignant que sa vie n'était que misère et désolation, habitant dans une vieille maison insalubre avec pour vivre , une seule pièce qui servait de chambre à coucher, de cuisine , de salon de toilettes etc. Le rabin lui confie un bouc en lui conseillant de l'attacher au milieu de la pièce et que très vite une solution s'offrirait à lui. Au bout d'une semaine ne pouvant plus supporter les odeurs, les déjections et les bêlements du bouc le vieil homme retourné chez le rabin pour lui rendre le bouc et lui signifiait qu'il était mieux sans ce dernier . Cette " révolution" foireuse a été notre bouc , on était mieux avant.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 59, le 22 janvier 2020

  • Il est clair qu'il faille donner sa chance au nouveau Gouvernement. Je reproche à certains le déni du confessionnalisme dans lequel nous nageons, respirons, parlons, mangeons, travaillons, mais il est vrai que nous rêvons tous de son abolition. Le Liban est comme ça institutionnellement et constitutionnellement. Personne ne peut changer cela sur un coup de tête sans dessiner une sortie de cet enfer ou de cette maladie qui ronge le potentiel d'une structure étatique moderne. Sans quotas c'est l'anarchie totale, à nous de choisir.

    Shou fi

    11 h 46, le 22 janvier 2020

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