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Affrontements dans le centre-ville : près de 400 blessés, 38 arrestations samedi

Liban

Le procureur général Ghassan Oueidate ordonne la libération de toutes les personnes détenues, à l'exception de celles qui sont visées par des mandats d'arrêt dans le cadre d'autres délits.

OLJ
19/01/2020

Près de 400 personnes ont été blessées au Liban dans les affrontement samedi soir entre manifestants et forces de l'ordre à Beyrouth, dans la journée la plus violente depuis le début du mouvement de contestation, selon les bilans agrégés des différentes organisations secouristes.

Selon le bilan final de la Croix-rouge libanaise (CRL), plus de 80 personnes ont été transportées en ambulance vers les hôpitaux proches du centre-ville, épicentre de la contestation dans la capitale, et plus de 140 personnes ont été traitées sur place par des secouristes. La Défense civile rapporte, elle, que 114 blessés ont été soignés sur place et 43 personnes hospitalisées. Les frais médicaux de toutes les personnes blessées ont été prises en charge par le ministère de la Santé, a indiqué à L'OLJ le directeur de la CRL, Georges Kettaneh.

De leur côté, les Forces de sécurité intérieure ont indiqué via leur compte Twitter que 142 de leurs agents avaient été blessés samedi soir, trois d'entre eux gravement, citant notamment des fractures du crâne.

Selon des informations rapportées par un groupe d'avocats présents dans le centre-ville samedi soir, qui ont procédé à des visites des casernes et des différents hôpitaux, dix personnes étaient toujours hospitalisées dimanche, trois à l'hôpital Hôtel-Dieu de France (HDF), cinq à l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth et deux à l'hôpital grec-orthodoxe. 

Le chef du service des Urgences de l'HDF, Dr Antoine Zoghbi, confirme à notre journaliste Anne-Marie el-Hage que l'établissement hospitalier a reçu hier 55 personnes blessées lors des violences, majoritairement des blessés légers. "Seuls trois patients, tous des jeunes d'une vingtaine d'années, ont été hospitalisés et opérés", précise-t-il. Deux d'entre eux ont reçu "un corps étranger non identifié dans les yeux", indique Dr Zoghbi, qui souligne qu'il est jusqu'à présent impossible de savoir s'ils recouvreront la vue. Le troisième a été opéré après une blessure causée par un explosif qui lui a explosé dans la main, qui a pu être sauvée. Le médecin ajoute que l'HDF n'a pas traité de militaires "afin d'éviter les tensions avec les manifestants présents". "C'est la deuxième fois depuis le début de la révolte qu'il y a autant de blessés des suites des affrontements", affirme Antoine Zoghbi, qui dénonce l'usage de balles en caoutchouc par les forces de l'ordre.

Le directeur adjoint de Human Rights Watch (HRW) pour le Moyen-Orient, Michael Page a affirmé à l'AFP qu"il n'y avait aucune justification pour le recours brutal à la force par la police anti-émeutes contre des manifestants largement pacifiques". Accusant notamment les policiers d'avoir "tiré des balles en caoutchouc dans les yeux", M. Page a appelé les autorités à "mettre fin à cette culture de l'impunité pour les abus policiers".



(Lire aussi : Menottés, battus, insultés... Trois manifestants racontent leur calvaire à la caserne Hélou)



Libération de détenus
En ce qui concerne les arrestations auxquelles ont procédé les forces de l'ordre, selon un décompte effectué par des avocats, 38 personnes ont été arrêtées. 34 d'entre eux se trouvent jusqu'à présent dans la caserne Hélou, et quatre autres dans les casernes de Mina el-Hosn et de Ramlet el-Baïda. Le bâtonnier de Beyrouth, Melhem Khalaf, a participé aux visites aux différents détenus.

Dimanche matin, le procureur général libanais, le juge Ghassan Oueidate, a ordonné la libération de toutes les personnes détenues, à l'exception de celles qui sont visées par des mandats d'arrêt dans le cadre d'autres délits, rapporte l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).

Par ailleurs, les Forces de sécurité intérieure ont commenté une vidéo largement partagée la veille sur les réseaux sociaux montrant des personnes arrêtées se faire battre à leur arrivée à la caserne Hélou. "Le directeur général des FSI, le général Imad Osman a immédiatement ordonné l'ouverture d'une enquête et l'agent qui s'en est pris au détenu sera arrêté", a écrit la police sur son compte Twitter.

Malgré les appels à un rassemblement à 11h dimanche lancés sur les réseaux sociaux, les manifestants étaient peu nombreux dans les rues du centre-ville ce matin. Seule une poignée d'entre eux se trouvaient sur les lieux des dérapages de la veille, où l'on pouvait plutôt apercevoir des éboueurs et employés municipaux qui nettoyaient les dégâts, rapporte notre journaliste Patricia Khoder.

Samedi, alors que les manifestations avaient commencé dans le calme avec plusieurs marches prévues dans la capitale libanaise, la situation a totalement dérapé, en fin d'après-midi dans le centre-ville, où des heurts violents ont fait des centaines de blessés. Toute la soirée, les rues du centre se sont transformées en champ de bataille où manifestants et forces de l'ordre échangeaient jets de pierres, feux d'artifice et tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Un calme précaire était revenu dans la soirée, vers 21h30, après une journée considérée par de nombreux observateurs comme la plus violente depuis le début du mouvement de contestation contre la classe dirigeante, il y a plus de trois mois.


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Chucri Abboud

Çâ va aller de plus en plus mal

Honneur et Patrie

Parmi les manifestants, il y a ceux qui, par erreur, s'y sont engagés pour attaquer les forces de l'ordre dans le but de créer un climat insurrectionnel.
Il y a ceux qui ont déserté le Parlement, par erreur, pour venir tabasser les manifestants âgés et les mères de famille avec un bébé sur leurs bras.
Il y a aussi les partisans de ceux qui ont abattu, par erreur, un avion de ligne faisant 176 morts.
Dans tous les cas de figure, aucun drapeau ne doit flotter sous le ciel du Liban que le drapeau libanais exclusivement.
Beyrouth est la capitale du Liban et rien d'autre.

Wlek Sanferlou

Quel malheur! Chaque oeil d'un manifestant vaut toute cette classe politique arrogante qui fait tout pour cacher son passé en nous imposant un futur encore pire tout noir pour qu'on ne puisse jamais les forcer à rendre compte de l'écrasement de notre patrie..



aliosha

Le tir de balles dans les yeux n'affecte pas ces revolutionnaires puisqu'ils sont AVEUGLES....

Honneur et Patrie

Les méthodes employées dans certains pays de l'hinterland ne doivent pas être appliquées dans le seul pays libéral, libre et 100% démocratique dans cet Orient compliqué.
Le tir de balles en caoutchouc dans le visage et les yeux est puni par les lois internationales. Attention !

Beauchard Jacques

Le VIDE POLITIQUE libanais appelle la violence. C'est terrible.

Marie Claude

Raya ElHasan,to jail!

aliosha

Les manifestants et les casseurs doivent payer pour tous ces degats.... MAIS ces casseurs sont de TRIPOLI , LA BEKAA , SAIDA , BESHARRE , BIKFAYA , JAL EL DIB villes ou tout ete calme hier Samedi ??

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET CE N,EST RIEN DEVANT CE QUI VA SE PASSER SI DIAB ANNONCE SON GOUVERNEMENT DE TECHNOCRATES PARTISANS ET NOMMES PAR LES MARCHANDAGES DES PARTIS POLITIQUES DES CORROMPUS, VOLEURS ET INCOMPETENTS.

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