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Liban

Nouvelle mobilisation des partisans de Hariri à Beyrouth et Saïda

Rassemblement de manifestants hostiles au Premier ministre désigné dans le quartier de Corniche Mazraa et devant Dar el-Fatwa.

Des partians de Saad Hariri à Beyrouth, le 21 décembre 2019. Photo Ani

Les partisans du Premier ministre sortant Saad Hariri se sont à nouveau mobilisés samedi dans plusieurs quartiers de Beyrouth, ainsi qu'à Saïda, pour protester contre la désignation de Hassane Diab pour former le prochain gouvernement.

Ainsi, la route a été de nouveau coupée par plusieurs dizaines de contestataires au niveau du carrefour de la mosquée Abdel Nasser, dans le quartier à majorité sunnite de Corniche Mazraa à Beyrouth. Ce secteur a été le théâtre la veille de violentes émeutes entre partisans de Saad Hariri et forces de l'ordre, faisant plusieurs blessés.

Ces violences étaient intervenues au lendemain de la désignation de l'ancien ministre Hassane Diab, soutenu par le Hezbollah et ses alliés pour former le nouveau gouvernement libanais. Cette désignation a attisé la colère de la rue sunnite, malgré les appels au calme de Saad Hariri.

Samedi dans la soirée, plusieurs routes ont été coupées dans les quartiers de Kaskas et de Cola. Par ailleurs, quelques dizaines de partisans du courant du Futur, la formation politique de M. Hariri, venus à pied ou en scooter du quartier de Tarik Jdidé, se sont rassemblés devant le siège de Dar el-Fatwa, la plus haute autorité religieuse sunnite du pays pour demander au mufti de la République Abdellatif Deriane de ne pas recevoir le Premier ministre désigné. En outre, des protestataires ont coupé pendant trois heures la circulation sur l’artère principale du quartier de Verdun à l’aide de bennes à ordure.



(Lire aussi : Ingénierie de crisel'édito de Issa GORAIEB)



Saïda
Par ailleurs, de nombreux partisans de Saad Hariri et du courant du Futur se sont rassemblés au rond-point Marjan, à Saïda, pour protester "contre la marginalisation" et plaider l'attachement au Pacte national, avant d'organiser un convoi de véhicules dans les rues de la ville, en brandissant des drapeaux libanais et de la formation de M. Hariri.

"Que tout le monde l'entende : Saad Hariri n'est pas un bouc émissaire. Il est aussi fort qu'une montagne. Tu es le plus digne des hommes", lance Khaled Sayegh, un militant du Futur. "Est-il possible que l'on désigne à la seule fonction réservée aux sunnites une personnalité qui ne satisfait ni Dar el-Fatwa, ni la majorité de la communauté ?", s'interroge un autre partisan, Khayro Rifaï. "Nous n'accepterons pas que l'on marginalise notre communauté", ajoute-t-il. "Où sont ceux qui criaient 'Tous veut dire tous ?' On a l'impression que cela ne concerne que Saad Hariri", s'étonne-t-il.


Photo Mountasser Abdallah


(Lire aussi : À Corniche Mazraa, la rue sunnite craint d’être devenue « la plus faible »)



Plusieurs voies avaient été coupées samedi matin par des partisans de Saad Hariri. C'est le cas à Halba au Liban-Nord, où des manifestants ont fermé l'autoroute dans les deux sens à l'aide de pneus enflammés. D'autres protestataires bloquaient l'autoroute du Akkar, également dans le Nord, en signe de protestation après la nomination de Hassane Diab pour diriger le prochain gouvernement. A Tripoli, autre bastion sunnite et épicentre de la révolte populaire déclenchée le 17 octobre, le calme était revenu samedi matin, après plusieurs blocages de routes et une vive tension dans les rues la veille, émaillée de coups de feu notamment. Certains axes routiers demeuraient fermés par les manifestants toutefois, notamment la route de Palma, de Tebbané, ou encore celle de Beddaoui. Dans la Békaa également, plusieurs routes restaient fermées à la circulation, notamment à Saadnayel, Taalbaya, Marj, ou encore Jdita et Ksara.

Vendredi, plusieurs dizaines de partisans de Saad Hariri avaient tenté d'interrompre la circulation sur l'avenue de Corniche Mazraa à l'aide de gravats. C'est lorsque l'armée est intervenue pour empêcher un camion de décharger ces gravats que la tension est montée, les rangs des protestataires grossissant à vue d’œil. Les échauffourées avec les forces de l'ordre se sont transformées en émeutes en début de soirée. Les jeunes présents sur les lieux refusaient de s'écarter, jetaient des pierres et tiraient des feux d'artifice en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué en lançant des gaz lacrymogènes et des grenades fumigènes.

L'intervention des notables du quartier n'avait pas réussi dans un premier temps à ramener le calme. La ministre sortante de l'Intérieur Rayya el-Hassan avait elle aussi appelé dans un communiqué les manifestants à se retirer de la rue afin de prévenir la discorde. Ces appels ont finalement réussi à calmer les manifestants qui se sont retirés de la rue après près de trois heures d'échauffourées, peu après minuit. La circulation a été aussitôt rétablie. 

Dans ce contexte, le chef des opérations au sein de l'armée libanaise a effectué samedi matin une tournée auprès des militaires déployés à Beyrouth et ses environs, selon la chaîne LBCI.



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Les partisans du Premier ministre sortant Saad Hariri se sont à nouveau mobilisés samedi dans plusieurs quartiers de Beyrouth, ainsi qu'à Saïda, pour protester contre la désignation de Hassane Diab pour former le prochain gouvernement. Ainsi, la route a été de nouveau coupée par plusieurs dizaines de contestataires au niveau du carrefour de la mosquée Abdel Nasser, dans le...

commentaires (9)

Mobilisation contre un premier ministre qui n'a rien dévoilé encore. Pourquoi cette hâte à le dénigrer? La rue a tort à ce stade, car on aura tout le temps pour la confrontation au cas où l'on décèle un dérèglement de sa boussole. Saad Hariri a demandé à ses partisans de sortir de la rue.Il faut croire alors que d'autres que lui sont mécontents.

Esber

16 h 22, le 22 décembre 2019

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Commentaires (9)

  • Mobilisation contre un premier ministre qui n'a rien dévoilé encore. Pourquoi cette hâte à le dénigrer? La rue a tort à ce stade, car on aura tout le temps pour la confrontation au cas où l'on décèle un dérèglement de sa boussole. Saad Hariri a demandé à ses partisans de sortir de la rue.Il faut croire alors que d'autres que lui sont mécontents.

    Esber

    16 h 22, le 22 décembre 2019

  • Avant que les partisans du Président Martyrs Rafic Hariri ne descendent dans la rue, ils doivent se poser la question suivante: est-ce qu'il aurait été favorable à cette gabegie? bien sûr que non. Rendez grâce à sa mémoire et restez chez vous. Le PM désigné n'est pas un extraterrestre, il convient de lui donner sa chance. Tous ceux qui fouiller dans son passé pour lui nuire ont trouvé: 1) il n'a plus visité l'ancien PM Micati depuis 2014 2) il a pistonné son fils auprès d'un prof. 3) il a imprimé un épais livre aux frais de l'Etat Autrement dit RIEN. Y-a-t-il parmi nous autre libanais quelqu'un de plus "propre"? si oui qu'il lui jette la première pierre. Ce mécanisme d'auto-destruction doit s'arrêter.

    MGMTR

    13 h 57, le 22 décembre 2019

  • bon ,on y est est presque ,au retour du confessionnalisme!!!!! il y en a qui doivent vraiment se frotter les mains!J.P

    Petmezakis Jacqueline

    13 h 40, le 22 décembre 2019

  • DONNONS-LUI LA CHANCE DE FORMER SON EQUIPE ET PUIS PRONONCONS-NOUS. LA FRUSTATION VENANT DES DEUX MILICES CHIITES IRANIENNES ET DU CPL MALHEUREUSEMENT CHRETIEN CONTRE LA COMMUNAUTE SUNNITE EST BIEN SUR GRANDE. MAIS POUR UNE FOIS DEPASSONS LES SENTIMENTS ET JUGEONS SUR LE RESULTAT. SI LE P.M. NOMME DIAB FORME UNE EQUIPE COMPLETEMENT D,EXPERTS INDEPENDANTS LES MILICES ET LE CPL AURAIENT PERDU LA PARTIE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 05, le 22 décembre 2019

  • Il ne faut pas extrapoler ce qui se passe est ponctuel. La révolution crier kelloun et ce à quoi nous assistons est loin de répondre aux citoyens. Recycler un ex ministre en PM choisi en l'occurrence par le trio rejeté de la part de tous n'est pas la meilleure façon de calmer la rue. HB a donné le ton et indiqué la démarche à suivre à tous les carriéristes et vendus avant les concertations et préciser qu'il ne voulait pas de Salam Nawaf qui lui, était choisi par Harriri comme le prèsident le lui avait explicitement demandé. Le problème n'est pas le choix de ce Monsieur mais la façon provoquante et contradictoire ( dis-moi qui tu choisis pour que je le refuse d'office). Accusé Hariri de ne choisir quelqu'un depuis le début pour conserver le poste n'a pas fonctionné alors ils sont passé à une autre entourloupe et ont réussi leur coup. Par pour longtemps. Ils pensent avoir berné la rue avec cette ruse en titillant les sunnites et transformer la révolution en guerre de confessionalisme pour reprendre la main avec Berry et détruire du coup toute la protestation. A D'AUTRES ON APPREND PAS AUX SINGES A FAIRE DES GRIMACES.

    Sissi zayyat

    19 h 16, le 21 décembre 2019

  • CE SONT LES SUNNITES FRUSTRES ET MECONTENTS DE LA FACON DE CETTE NOMINATION DE DIAB QUI S,EXPRIMENT.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    17 h 14, le 21 décembre 2019

  • Le fait que les sunnite au MO soi-disant devenue faible grâce aux milliards de dollars déverser par un pays régional afin d entretenir ses protégés

    Bery tus

    15 h 56, le 21 décembre 2019

  • Le drame de la guerre de Syrie et celle de la guerre Israêlo - Arabe de 1967 a fait respectivement précipiter des centaines de milliers de Syriens Sunnites au Liban et des centaines de milliers de Palestiniens Sunnites vers le Liban qui était un hâvre de paix . Aujourd'hui au grand dam des statisticiens et démographes le déséquilibre confessionnelle est abyssal et avec les Libanais Sunnites c' est devenu considérable !

    PHENICIA

    14 h 18, le 21 décembre 2019

  • Pour revenir sur la " faiblesse" des sunnites au Liban, mais aussi en Palestine usurpée, en Irak, au Yémen et en Syrie je me questionne. Est-ce que cela ne serait pas dû au fait que leur " père spirituel" cad la bensaoudie des bensaouds ne serait pas elle-même complètement écrasée par ses maîtres occidentaux qui ne leur laisse aucune chance d'emporter des victoires partout où des sunnites seraient confrontés aux autres ? Où est-ce tout simplement un constat d'impuissance dû à une incompétence à pouvoir penser par eux-mêmes. ? En effet comment expliquer qu'ils soient autant perdants dans toute confrontation. Je m'interroge.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 23, le 21 décembre 2019