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Économie

Comment la crise de liquidités au Liban affecte l’économie syrienne

Focus

Près de « 20 % des dépôts au Liban appartiennent à des citoyens syriens, résidents ou non résidents », et « les filiales des banques libanaises présentes en Syrie ont la plupart de leurs dépôts en devises placés au Liban », souligne un banquier.


25/11/2019

Le décrochage de la livre syrienne atteint des records. Elle s’échangeait hier à 750 livres pour un dollar sur le marché noir, contre 633 livres le 1er octobre dernier et 535 livres le 1er janvier. Le taux de change officiel reste, lui, à 434 livres pour un dollar, alors qu’il était 47 livres au début de la crise syrienne en mars 2011.

Face à l’ampleur de l’inflation (20 à 30 % pour les produits de base), Damas a décidé jeudi de revoir à la hausse les salaires et les pensions de retraite de la fonction publique, de respectivement 20 000 livres et 16 000 livres. Et la Banque centrale syrienne a arrêté d’assurer les fonds en devises nécessaires pour le financement des importations, sans émettre une circulaire mais en notifiant oralement les commerçants, a rapporté jeudi The Syria Report, un site spécialisé sur l’économie syrienne.

Les importations vers la Syrie à travers le Liban

Le dernier décrochage en date de la livre syrienne serait dû notamment à la crise de liquidités en dollars que traverse actuellement le Liban et aux mesures restrictives mises en place par les banques libanaises, qui auraient considérablement limité l’offre de dollars en Syrie, selon le Centre de recherche et d’études de Damas (plus connu sous son acronyme en arabe, Madad), un organe réputé proche du gouvernement syrien. Dans une note publiée mercredi par Madad, le vice-président de la Bourse de Damas et ancien cadre à la Banque centrale syrienne, Kinan Yaghi, pointe notamment du doigt les nouvelles directives la Banque du Liban concernant le transport de liquidités à travers les points de passages frontaliers (aéroport, ports, postes-frontières) par les changeurs, qui ont rendu impossible l’entrée de devises en Syrie, ce qui n’a pas manqué, selon lui, d’impacter le taux de change de la livre syrienne. « Ces transports de fonds jouaient un rôle central puisqu’ils assuraient à la Banque centrale syrienne les liquidités en devises nécessaires », écrit Kinan Yaghi. Alors qu’il suffisait pour ces derniers de déclarer aux Douanes libanaises la valeur des fonds transportés lors de leur passage, ils doivent désormais obtenir une autorisation préalable de la BDL ou bien déléguer l’opération aux sociétés agréées par la BDL.



(Lire aussi : Agriculteurs et éleveurs demandent à leur tour des dollars à la BDL)



Les mesures restrictives mises en place par les banques libanaises depuis septembre et progressivement accentuées depuis le début de la contestation, en raison de la hausse de la demande sur le dollar provoquée par un sentiment de panique général, ont également impacté significativement l’activité économique et les importations en Syrie. « Les déposants syriens ayant des comptes en devises auprès des banques au Liban, qui s’élèvent à plusieurs dizaines de milliards de dollars, n’y ont plus librement accès », souligne Kinan Yaghi. Un banquier libanais, familier du secteur bancaire syrien, explique en effet que « 20 % des dépôts au Liban appartiennent à des citoyens syriens, résidents ou non résidents », mais aussi que « les filiales des banques libanaises présentes en Syrie ont la plupart de leurs dépôts en devises placés au Liban ». Le fait que les banques libanaises aient été contraintes de mettre en place des plafonds sur les retraits en dollars (à 1 000 dollars par semaine) et de réduire les facilités bancaires ont fait que les grands importateurs et entrepreneurs syriens n’ont plus librement accès à leurs liquidités en dollars. « D’autant plus que la plupart de leurs importations destinées au marché syrien se faisaient à travers le Liban », note le même banquier.



(Lire aussi : Les importateurs de matériel médical attendent toujours la BDL)



Hausse de la contrebande

Une situation qui aurait, toujours selon Madad, entraîné une demande de dollars sur le marché noir syrien pour couvrir des besoins au Liban. Un phénomène surprenant, mais qui reste plausible selon le banquier interrogé : « Ce n’est pas du tout impossible, car au Liban on assiste à un important phénomène de thésaurisation des dollars, qu’on n’observe pas en Syrie. Ce qui fait que les dollars sont toujours disponibles sur le marché noir. » Le récent décrochage de la livre syrienne a sans surprise engendré une hausse des prix en Syrie, conduisant certaines échoppes à baisser leurs rideaux. Mais il semblerait que pour certains produits de consommation, la hausse des prix ait été aggravée par une accentuation de la contrebande de la Syrie vers le Liban. « C’est particulièrement le cas pour le carburant qui est fortement subventionné en Syrie, et qui est plus cher au Liban. La contrebande du carburant a toujours existé mais elle a été accentuée depuis le début de la crise de liquidités au Liban et les difficultés rencontrées par les importateurs libanais de carburants, qui faisaient craindre un risque de pénurie », explique à L’Orient-Le Jour un chercheur spécialiste de l’économie syrienne. Damas devrait également connaître des difficultés pour assurer l’importation de blé, alors que sa production locale n’est plus suffisante pour assurer les besoins du pays. Les restrictions bancaires au Liban auraient ainsi eu raison, selon The Syria Report, d’un appel d’offres lancé par le gouvernement syrien dans ce sens, puisque la société qui remportait traditionnellement ces marchés assurait ces importations à travers une compagnie offshore enregistrée au Liban et appartenant à l’homme d’affaires Samer Foz, proche de Bachar el-Assad et par ailleurs soumis à des sanctions du Trésor américain.

Autant de conséquences sur l’économie syrienne qui demeurent toutefois, pour le chercheur interrogé, dues à des causes essentiellement structurelles et dans une moindre mesure à la crise de liquidités au Liban. « Le cours de la livre syrienne a progressivement chuté sur le marché noir depuis le début de la guerre en 2011, et les secteurs productifs ont été détruits. Il n’y a quasiment plus de production locale et la contrebande a explosé. La Syrie n’a pas fondamentalement profité de la reprise des échanges avec l’Irak et la Jordanie, car la balance commerciale avec ces pays reste déficitaire. Les réserves en devises de la Banque centrale syrienne sont quasi nulles depuis 2015 », détaille-t-il. « Le décrochage continu de la livre syrienne est surtout dû à l’absence de politique économique du gouvernement. L’initiative lancée par la Fédération des Chambres de commerce et la Banque centrale syrienne qui visait à permettre aux importateurs d’effectuer leurs transactions au taux de change officiel n’a pas fonctionné », illustre le chercheur qui rappelle que les milieux proches de Damas ont toujours cherché à rattacher les problèmes économiques du pays à des causes exogènes.


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Chucri Abboud

Tout porte donc à croire que l'on a affaibli le Liban afin d'affaiblir la Syrie .
C'ést une stratégie à long terme !

HABIBI FRANCAIS

C est plus facile d assassiner des femmes et enfants que de piloter l economie du pays nnrst ce pas !

Pourquoi le boucher marionette de Damas n adopte t il pas le rouble comme monnaie ?

Il se dit constamment victime d un complot anericain mais il adore les dollars ...!

Bery tus

donc voila d'où viens les attaques contre Riad Salemeh

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA SYRIE EST RESPONSABLE DE LA CRISE DE LIQUIDITES AU LIBAN. LES TRAFICANTS BIEN CONNUS USAIENT DES DOLLARS LIBANAIS POUR IMPORTER DES MARCHANDISES DESTINEES A LA SYRIE, SE FAISAIENT PAYER EN LIVRES SYRIENNES QU,ILS ECHANGEAIENT EN DOLLARS CASH SUR LE MARCHE LIBANAIS. D,OU LA CRISE. TOUS NOS MALHEURS NOUS VIENNENT DE LA SYRIE ET DE L,IRAN.

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