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Économie

Les importateurs de matériel médical attendent toujours la BDL

Focus

La situation devient de plus en plus tendue pour les hôpitaux qui doivent adapter leurs stratégies.

21/11/2019

Les mesures prises depuis l’été par la Banque du Liban (BDL) pour limiter la circulation du dollar sur le marché local se sont répercutées sur les entreprises qui importent la majorité, voire la totalité, de leurs produits de l’étranger.

Cette situation a été dénoncée dès fin août par plusieurs filières, comme les distributeurs de carburant, de farine ou de produits pharmaceutiques, qui se sont retrouvés obligés de se fournir en dollars dans les bureaux de change, où le prix du billet vert a rapidement dépassé la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar.

Plus récemment, c’est le syndicat des propriétaires d’hôpitaux privés ainsi que le rassemblement des importateurs de matériel et d’équipements médicaux qui sont montés au créneau pour dénoncer les conséquences de cette situation sur le secteur hospitalier, qui a observé une journée de grève le vendredi 15 novembre. Une délégation représentant une partie des acteurs du secteur s’était réunie la veille de la grève avec le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, pour réclamer une solution.


(Lire aussi : Les importateurs de matériel dentaire montent eux aussi au créneau)



Une dizaine de jours

Les importateurs de matériel médical doivent en plus composer, depuis quelques semaines, avec les mesures de contrôle des capitaux mises en place par les banques dans un contexte de dégradation de la situation économique et financière du pays qui vit de plus depuis le 17 octobre au rythme d’importantes manifestations populaires contre la classe politique.

« Malgré les promesses et les différents échos qui nous sont parvenus jusqu’à présent, il n’y a toujours pas de progrès. On nous promet désormais une éventuelle solution la semaine prochaine », indique à L’Orient-Le Jour Rony Abdelhay, PDG de Promedic qui appartient à un rassemblement regroupant une centaine de sociétés importatrices de matériel médical au Liban.

« La situation commence à devenir très tendue et certains hôpitaux ont déjà commencé à ajuster leur stratégie pour tenir le plus longtemps possible, en remplaçant certains produits par des génériques ou en faisant appel à des fournisseurs avec lesquels ils n’ont pas l’habitude de travailler », rebondit Sami Rizk, directeur général du centre médical de l’Université libano-américaine – hôpital Rizk. Selon lui, plus de 120 hôpitaux publics et privés (soit plus de 12 500 lits) espèrent avec anxiété qu’un terrain d’entente soit trouvé.

Les importateurs de matériel médical n’importent pas les mêmes marchandises que ceux spécialisés dans les produits pharmaceutiques. Leur catalogue comprend des fournitures consommables (sondes, drains, matériel de suture ou d’injection, filtres de dialyse) ; non consommables (tensiomètre, stéthoscope, instruments chirurgicaux, microscopes, etc.) ; ainsi que des pièces ou éléments de rechange pour des équipements hospitaliers plus conséquents (appareils d’anesthésie ou de réanimation, équipements de la chaîne du froid, etc.).

Selon plusieurs sources concordantes, les besoins en dollars des importateurs de matériel et d’équipements médicaux s’élèvent à près de 500 millions de dollars par an, contre 1,5 milliard pour les produits pharmaceutiques. Leurs représentants tout comme ceux des hôpitaux demandent aujourd’hui à bénéficier du dispositif mis en place par la circulaire n° 530 de la BDL pour assurer le déblocage de dollars au taux de change officiel pour les secteurs du carburant, du blé et des médicaments.


(Lire aussi : Grève symbolique des hôpitaux privés : Haroun demande l’échelonnement des impayés)



Dans sa version modifiée entre fin octobre-début novembre, le texte permet aux importateurs éligibles d’obtenir de la BDL – via leurs banques qui servent d’intermédiaires – 85 % des sommes qu’ils demandent en dollar pour financer leurs importations, en fournissant leur équivalent en livres au taux officiel. Cette procédure les soumet à certaines contraintes, soit le fait de soumettre leur demande à l’accord de la BDL, de déposer la part restante de cette somme en dollar ou encore de payer une commission de 0,5 %.

Des limites qui ne semblent pas poser problème aux importateurs de matériel médical face à l’urgence de la situation. « Il faut faire vite parce que beaucoup de fournisseurs étrangers vont bientôt entrer dans une période d’inventaire, ce qui a pour conséquence d’affecter le rythme des expéditions de marchandises à l’étranger », alerte Sami Rizk. Rony Abdelhay souligne de son côté que beaucoup de produits importés sont fabriqués sur commande, ce qui peut sensiblement prolonger les délais de livraison. « Les conséquences commenceront à se ressentir dans les hôpitaux dans les dix jours à venir si la situation reste en l’état », prévient-il.


Pour mémoire

Les hôpitaux en grève aujourd’hui pour mettre en garde contre la crise

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