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À La Une - Liban

Des manifestants détenus relâchés après la mobilisation de leurs proches et des protestataires

Les contestataires libérés à Gemmayzé et à Sarba avaient été arrêtés la nuit dernière au Ring et à Zouk Mikhaël.

Les manifestants arrêtés la nuit dernière au Ring, et relâchés le 15 novembre 2019 à Gemmayzé, Samer Mazeh et Ali Bassal. Photo Clotilde Bigot

Des manifestants arrêtés la nuit dernière à Zouk Mikhaël, dans le Kesrouan, et sur la voie express du Ring, à Beyrouth, ont été relâchés vendredi après une mobilisation de leurs proches et de militants opposés au pouvoir politique, au 30e jour de la contestation populaire inédite contre la classe dirigeante. D'autres protestataires, dont certains arrêtés à Jal el-Dib, dans le Metn, croupissent encore dans des commissariats et casernes  dans des circonstances obscures.

Deux des manifestants arrêtés lors d'un rassemblement sur le Ring et détenus au commissariat de Gemmayzé, dans le centre-ville de la capitale, Samer Mazeh et Ali Bassal, ont été relâchés et accueillis par une foule de camarades venus les acclamer sous une pluie battante.

Samer Mazeh et Ali Bassal. Photo Clotilde Bigot


Plus au nord, les militants détenus dans la caserne de Sarba, qui avaient été arrêtés à Zouk, où ils bloquaient l'autoroute côtière, étaient également relâchés au compte-goutte. L'un de ces détenus à Sarba, cité par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), a affirmé qu'ils n'avaient pas subi de mauvais traitement  et que l'armée les avait traités de manière décente.


Des manifestants liberés à Sarba, le 15 novembre 2019. Photo Ani

L'armée libanaise a pour sa part donné vendredi son bilan des séries d'arrestations de manifestants sur le territoire libanais, sans préciser si ce bilan concerne toute la période des contestation, ou seulement la journée d'hier. Dans un communiqué publié sur son site, la troupe affirme que "lorsque l'armée s'attelait à rouvrir les routes dans de nombreuses régions libanaises, certains manifestants s'en sont pris aux soldats en les insultant et en tentant de les agresser, blessant plusieurs d'entre eux, ce qui a poussé les militaires à arrêter 20 personnes et de les déférer pour être interrogés. Neuf d'entre eux ont été relâchés, sept autres sont encore en détention pour les besoins des enquêtes, et quatre autres, notamment un ressortissant syrien, ont été déférés devant la justice militaire après avoir prouvé qu'ils étaient derrières d'autres infractions".


Dans la matinée, des dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le Palais de Justice de Beyrouth et devant la caserne de Sarba, dans le Kesrouan, pour protester contre ces arrestations par les services de sécurité et réclamer la libération de leurs proches.

Rassemblement à proximité de la caserne de Sarba, le 15 novembre 2019. Photo ANI

(Lire aussi : Jour XXX : des routes encore bloquées après l'accord sur Safadi comme Premier ministre)



"Inacceptable"
"Ce qui s'est passé est inacceptable", ont dénoncé les protestataires rassemblés devant le Palais de Justice, cités par l'Ani. "Samer et Ali n'ont lancé aucune insulte" durant leur participation au sit-in, ajoutent les manifestants, promettant de maintenir leur présence devant le palais de Justice jusqu'à ce qu'ils obtiennent des informations sur leurs camarades en détention.

L'association "Journalistes contre la violence" a dénoncé vendredi matin "les arrestations qui se poursuivent sur toutes les places publiques, notamment à Jal el-Dib et Zouk", estimant que "le pouvoir politique, au lieu de répondre aux revendications légitimes des gens qui se révoltent, tente de sortir les manifestants de la rue par la force". Appelant les "organismes internationaux et les associations de défense des droits de l'homme à intervenir et à mettre en garde les autorités contre toute infraction à la Déclaration universelle des Droits de l'homme", l'association a exhorté les autorités concernées à "cesser les arrestations et les poursuites" et à "libérer immédiatement toutes les personnes arrêtées".



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Par ailleurs, un jeune homme arrêté vendredi matin dans le village de Sir Jbeil, dans le Chouf, a été libéré. L'individu, dont l'identité n'est toujours pas connue, avait été arrêté par l'armée qui rouvrait une route bloquée par les manifestants dans cette localité.

Un autre manifestant, Fadi Nader, qui manifestait hier à Jal el-Dib, a raconté devant les caméras comment il avait été battu par des soldats, ce qui a nécessité son hospitalisation. A peine sorti de l'hôpital Abou Jaoudé, à Zalka, l'homme a montré des ecchymoses sur le dos et le torse.

Hier, le militant Khaldoun Jaber avait été libéré après avoir été arrêté la veille lors d'une manifestation sur la route qui mène au palais présidentiel de Baabda, dans le cadre d'un rassemblement de plusieurs centaines de manifestants en colère contre le président de la République, Michel Aoun, qui les avait appelés, lors d'un entretien télévisé mardi soir, à "émigrer" s'ils n'étaient pas satisfaits de la classe politique au pouvoir.
Khaldoun Jaber avait disparu de la manifestation, après avoir été emmené de force par des militaires habillés en civil. Son lieu de détention est resté inconnu pendant 12 heures, avant que des activistes de la société civile n’apprennent qu’il avait été transféré au poste de police de Hobeiche, à Beyrouth, en vue d’être libéré. A sa sortie du commissariat, le jeune homme arborait un grand sourire, malgré un œil au beurre noir et des contusions sur le dos dues au fait qu'il avait été frappé durant sa détention.

Depuis le début des manifestations, il y a près d'un mois, des dizaines de protestataires ont été interpellés dans des circonstances floues par les services de sécurité et l'armée.


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