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La Dernière

Notre vie avant et depuis la révolution

Un peu plus
15/11/2019

Ça fait un mois. Un mois que le pays est entré dans une nouvelle ère. Que nos vies ont drastiquement changé. Que nous vivons au jour le jour. Que nous essayons de ne pas penser au lendemain. Que nous oscillons entre déprime et joie. Un mois plus tard, un grand nombre d’entre nous se demande comment était notre vie d’avant. Parfois en souhaitant y revenir de peur que les choses s’aggravent, parfois en se disant que l’avenir se présente plus radieux.

Depuis le 17 octobre, tout est chamboulé. De notre train-train quotidien, il ne reste quasiment plus rien. Pour beaucoup, le boulot est devenu aléatoire. Pour certains, il s’est arrêté. Pour d’autres, il s’est inscrit dans une ambiance différente. Les enfants ne savent pas quand ils auront école ; les étudiants manifestent à l’approche de leurs midterms. On ne sait pas si les routes seront ouvertes aujourd’hui. On ne sait pas quand cela s’apaisera. On ne sait pas grand-chose en définitive.

Mais de ce magma d’incertitudes et d’inquiétude, sont sortis des tas de choses positives, extraordinaires, authentiques. Nous sommes (re)devenus en l’espace d’une nuit des Libanais. En osmose avec ce pays qui ne nous ressemblait plus. Ce pays qu’on avait fini par détester. Ce pays qu’on désirait quitter. Nous sommes (re)devenus libanais et nous nous sommes (re)mis à parler arabe, à écrire l’arabe, à lire l’arabe, à regarder religieusement nos chaînes de télé locales, que parfois nous n’avions même pas programmées dans notre bouquet. Nos enfants se sont sentis libanais et certains, pour la première fois, nous accompagnant aux manifestations avec enthousiasme. Nous sommes (re)devenus fiers de notre libanité.

Ensuite, nous nous sommes habitués à cette nouvelle routine. Suivant minutieusement le programme quotidien de la thawra. Descendre Aa sehit el-Chohada, sehit el-Nour, à Jal el-Dib, Zouk, Nabatiyé, Saïda, Sour… sur le ring, à l’EDL. Allumer des bougies, se réunir entre femmes. Danser avec DJ Madi, ce Tripolitain devenu une des icônes de la révolution. Nous avons appris les chansons révolutionnaires : el-Haq ma bi mout, Lebnany et notre hymne national nous a redonné des frissons. Nous nous sommes fait de nouveaux amis qu’on retrouve à chaque mobilisation. Nous avons arrêté les selfies sur Instagram et nos comptes se sont remplis de rouge, de vert et de blanc, de drapeaux, de vidéos, de messages, de demandes. Nous sommes dans plusieurs groupes WhatsApp où l’on ne connaît pas tout le monde. Nous partageons des photos, des clips, des blagues, parce que notre humour a dépassé les frontières. Nous checkons Facebook, Twitter. Nous sommes au courant de tout et nous essayons de convertir nos amis réfractaires, de rassurer les pessimistes, parce que nous savons que plus rien ne sera jamais comme avant. Et que nous étions déjà dans une situation catastrophique. Ceux qui l’ont pu, ont caché quelques dollars à la maison. Les autres dépensent en livres libanaises. Dépensent peu parce que takashof. Et lorsque après avoir scandé toutes sortes de slogans, chanté à tue-tête, on s’apprête à rentrer chez nous, spontanément, on propose aux autres de venir. On se retrouve, on débat, on rigole, on se soutient, on se remonte le moral. On partage les repas. L’un apporte des pâtes, l’autre un curry. On fait une tabboulé, du foul, du tabekh, de la moujaddara parce que les temps risquent de devenir durs. Et on en rit parce qu’on sait qu’on risque quasiment tous d’être dans la même galère. Et souvent, on s’en fout. Comme on se fout de perdre nos amis dans la foule, parce qu’on sait qu’on en trouvera d’autres. On s’en fout et on doit s’en foutre. Parce que nous, les Libanais, nous nous sommes toujours entraidés, nous nous sommes toujours serré les coudes et nous avons un instinct de survie à nul autre pareil. On s’en fout si nos enfants ratent des cours comme leurs parents avant eux pendant la guerre de 1975, parce que nos enfants sont en train de prendre leur plus grand cours d’histoire. Cette histoire que nous vivons, cette histoire que nous faisons.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TRES BIEN DIT ET ECRIT. MAIS LES CORROMPUS NE LACHENT PAS PRISE ET NOMMENT D,AUTRES CORROMPUS ET ESSAYENT D,ETOUFFER L,ENTHOUSIASME ET LES REVES DE LA THAWRA. FAUT PAS LAISSER FAIRE. KELLON YE3NE KELLON !

Honneur et Patrie

Ca y est, on arrive à la conclusion. C'est l'accord de Chiyah du 6 février 2006 qui conclut le débat. Michel Aoun sur le strapontin des bagages et Hassan Nasrallah à la direction générale et Mohammed Safadi un choix de provocation de la part des deux.
Fermez le ban. Oumou ta n'hanni.

Georges Zehil Daniele

Excellent. Bravo et merci

LA VERITE

sublime

je reste sans parole

BRAVO

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