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Économie

Les changeurs ne traitent que « 2 % » du total des transactions, assure Salamé

Conjoncture
OLJ
08/11/2019

Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé a commenté, dans un entretien accordé hier au média allemand Deutsche Welle, l’évolution de la situation économique et financière du pays, déjà fragilisée avant le début des mouvements sociaux qui ont démarré le 17 octobre par des années de tensions politiques, de corruption et de mauvaise gestion des gouvernements qui se sont succédé. Selon M. Salamé, « malgré le creusement du déficit et la hausse des importations qui accentuent la pression sur la livre, la BDL maintient la stabilité du taux de change qui est essentielle pour la stabilité sociale et pour empêcher l’inflation et conserver la confiance ». Concernant l’existence d’un taux de change parallèle au taux officiel, il a précisé que si les taux de change des bureaux de change diffèrent effectivement de celui des banques, leurs opérations ne représentent que 2 % du total des opérations. « Lorsqu’il y a une demande supplémentaire ou supérieure à la normale, la différence du change varie entre 3 et 7 %, et là on est retombé à 4 % », a-t-il souligné. Et de poursuivre : « Il y a une pression supplémentaire si les banques sont fermées, mais là elles opèrent et conservent le taux officiel qui est de 1 515 livres pour un dollar. »

Depuis la mi-septembre, l’accès au dollar qui circulait librement en temps normal a été limité par la BDL. Une mesure notamment prise pour faire face à un creusement continu de la balance des paiements (flux de biens, de services et de capitaux entre le pays et le reste du monde), que la BDL a dû couvrir avec ses réserves en devise et qui a contribué à réduire les quotas journaliers de devises fournies par la BDL aux banques. Une situation qui a provoqué une hausse de la demande de dollars sur le marché secondaire et qui a dopé le prix du billet vert chez les changeurs, où il se négociait hier en moyenne autour de 1 750 livres avec d’importantes disparités d’un bureau à l’autre, selon plusieurs sources.


« Entre les mains des politiques »
Le gouverneur a en outre réitéré que le pays, confronté à une grave crise, « avait besoin de solutions d’ici à quelques jours » pour restaurer la confiance – une référence à la nécessité de former rapidement un nouveau gouvernement –, mais que l’économie libanaise « ne risque pas un effondrement dans les jours qui viennent », comme il l’avait souligné dans un précédent entretien à la chaîne CNN en octobre. Il a également estimé que les solutions pour restaurer la confiance et relancer l’activité économique étaient « entre les mains des partis et des leaders politiques ». S’agissant de la situation sur le terrain en marge des manifestations, le gouverneur a admis que les conditions étaient « difficiles » pour les banques « du fait de la fermeture des routes et de la situation sécuritaire », mais il a assuré que celles-ci continuaient de servir leurs clients, sans plus de détails (lire par ailleurs). Il a toutefois souligné que certaines agences n’avaient pas pu ouvrir dans certaines régions.

En place depuis les années 1990 et à l’origine de la décision de la BDL de fixer le taux de la livre au dollar (1 507,5 livres pour un dollar, 1 515 pour les transactions bancaires), le gouverneur de la BDL fait partie des responsables visés par les manifestants.



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Liberté de Penser

Monsieur Salamé est certainement un des rares responsables compétents dans son domaine. Il a été récompensé et honoré plus d’une fois à ce titre. Il est le principal atout de la stabilité monétaire à ce jour. Alors le critiquer sans savoir de quoi l’on parle, c’est facile ! Merci Monsieur le Gouverneur pour tous vos efforts d’éviter l’effondrement monétaire et économique de notre pays.

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