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Économie - Focus

Salon de la beauté et du bien-être : le marché libanais tient bon malgré la guerre et les crises

L'économie mondiale du secteur a doublé en plus de dix ans, son volume atteignant 6 800 milliards de dollars en 2024.

Salon de la beauté et du bien-être : le marché libanais tient bon malgré la guerre et les crises

Un styliste en pleine démonstration lors du salon Beauty and Wellbeing Forum à Beyrouth, le 15 mai 2026. Photo Philippe HAGE BOUTROS / L’Orient-Le Jour.

La guerre et les crises qui accompagnent le quotidien des Libanais depuis presque sept ans n'ont pas entamé le moral des professionnels du bien-être au Liban. C'est le sentiment que partagent plusieurs professionnels de ce domaine — englobant toutes les activités, produits et modes de vie qui visent la prévention, le maintien de la santé, le développement personnel et la recherche du bonheur — que nous avons contactés en marge de la troisième édition du Beauty and Wellbeing Forum. L'événement, et ses plus de 100 stands déployés sur 8 000 m² et des dizaines de spécialistes et conférenciers, a ouvert ses portes pour cinq jours jeudi dernier au Forum de Beyrouth, malgré les bombardements au Liban-Sud et dans la Békaa.

Diététicienne clinicienne et enseignante-chercheuse à la Lebanese American University (LAU), Nivine Bachir évoque une tendance qui concerne toutes les tranches d'âge, mais qui est essentiellement portée par les trentenaires et les quadragénaires. Elle profite du salon pour mettre en avant Qrema, un substitut de crème pour le café produit au Liban. Yahia Hammoudi, fondateur de Flex Studio, une chaîne de studios spécialisée dans le stretching assisté et la gymnastique faciale, estime que le marché est en plein essor depuis la pandémie de Covid-19. « Au cours des dernières années, nous avons connu une croissance significative. L'industrie du bien-être et de la récupération s'est développée à un rythme rapide, à mesure que les gens prenaient conscience de l'importance de la prévention, de la récupération physique, de la longévité et du bien-être global », développe-t-il. « La pandémie a provoqué un changement majeur des mentalités et, aujourd'hui, le bien-être n'est plus perçu comme un luxe, mais plutôt comme un investissement essentiel pour la qualité de vie. »

« Il y a dix ans, c’était le futur »

« La médecine holistique, les emplois liés au bien-être ou encore les centres de wellness qui ouvrent avec des saunas, des spas et des espaces de relaxation gagnent du terrain. La notion évolue : tout est lié à l’intérieur du corps, et ce ne sont plus seulement les traitements cosmétiques qui permettent de préserver la jeunesse », explique Sonia Rahbani. Spécialiste anti-âge et fondatrice du centre Dermapro à Beyrouth, elle prend l'exemple des peptides, des morceaux de protéines devenus l’un des ingrédients stars des traitements anti-âge. « Il y a dix ans, c’était le futur », affirme-t-elle.

« Le bien-être regroupe aujourd’hui des traitements préventifs et des approches personnalisées visant à adapter les soins au corps de chaque personne. Cela inclut de nombreux traitements et suppléments, comme les peptides ou les cellules souches, utilisés pour envoyer des signaux au corps. L’alimentation, les régimes et le fait « d’aimer son corps » font également partie de cette approche », poursuit Sonia Rahbani.

Cet essor ne se limite pas au Liban. Dans un rapport publié à la fin de 2025, le Global Wellness Institute, organisme international de référence dans le domaine, a dévoilé que l’économie mondiale du bien-être a doublé en plus de dix ans et que son volume atteignait 6 800 milliards de dollars en 2024, porté principalement par les secteurs des soins personnels et de la beauté, de l’alimentation saine et de l’activité physique. Il n'existe pas de données centralisée permettant de mesurer sa taille au Liban.

Le bien-être est également au cœur de l’un des engagements de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a adopté en 2022 une résolution appelant les États membres à intégrer davantage le bien-être dans leurs politiques publiques, en considérant que la santé ne se limite pas à l’absence de maladie.

Ces prestations ont un coût et plusieurs Libanais dépensent parfois plus d’une centaine de dollars par séance pour se faire suivre par un diététicien ou un psychothérapeute. S’agissant de l’anti-vieillissement, Sonia Rahbani affirme que si certains traitements, comme ceux liés aux cellules souches et aux peptides, sont assez chers, d’autres approches, comme certains suppléments hormonaux ou traitements anti-âge, sont plus accessibles. Nivine Bachir juge, pour sa part, que le prix global de l’ensemble des prestations liées au bien-être est resté stable, et n’a récemment évolué que sous l’effet de l’inflation globale. Elle ajoute que les praticiens au Liban sont majoritairement alignés sur les standards américains.

Yahia Hammoudi estime enfin que les perspectives de l'industrie du bien-être et de la récupération sont « extrêmement prometteuses », avec une demande stimulée par l'intérêt qui se developpe au Liban et dans le monde sur la longévité, le vieillissement actif, la pratique du sport, la gestion du stress et l'optimisation de la récupération.

La guerre et les crises qui accompagnent le quotidien des Libanais depuis presque sept ans n'ont pas entamé le moral des professionnels du bien-être au Liban. C'est le sentiment que partagent plusieurs professionnels de ce domaine — englobant toutes les activités, produits et modes de vie qui visent la prévention, le maintien de la santé, le développement personnel et la recherche du bonheur — que nous avons contactés en marge de la troisième édition du Beauty and Wellbeing Forum. L'événement, et ses plus de 100 stands déployés sur 8 000 m² et des dizaines de spécialistes et conférenciers, a ouvert ses portes pour cinq jours jeudi dernier au Forum de Beyrouth, malgré les bombardements au Liban-Sud et dans la Békaa. Lire aussi « Nous venions à peine de nous remettre de 2024 » : la guerre...
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