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Économie

Pourquoi les distributeurs de carburant veulent ajuster les prix

Devises
P.H.B. | OLJ
07/11/2019

Les distributeurs de carburant – propriétaires de stations-service, de camions citernes et importateurs – ont prévu de se réunir aujourd’hui pour décider s’ils allaient se mobiliser dans les jours à venir. Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion de trois heures hier à Beyrouth avec la ministre sortante de l’Énergie et de l’Eau, Nada Boustani, au cours de laquelle cette dernière a refusé leur demande d’ajuster les prix du carburant pour tenir compte des coûts supplémentaires auxquels ils affirment devoir faire face en raison de la hausse du prix du dollar dans les bureaux de change.

« Nous faisons face à deux problèmes. Le premier concerne la modification par la Banque du Liban des modalités de la circulaire n° 530 publiée début octobre pour assurer, sous certaines conditions, aux importateurs de carburant (essence, mazout et gaz), de farine et de médicaments, l’accès à des liquidités en dollars au taux officiel pour les nouvelles commandes. Le second concerne les commissions demandées par les banques pour convertir les livres encaissées lors des ventes du carburant déjà stocké au moment de la publication de la circulaire », a exposé à L’Orient-Le Jour le président du syndicat des propriétaires de stations-service, Samy Brax, qui a participé à la réunion.

Le syndicat a d’ailleurs publié un communiqué hier soir détaillant ces deux points, peu de temps après que la ministre a exprimé son refus d’augmenter les prix. Hier, les 20 litres d’essence 98 octanes étaient vendus à 25 000 livres (près de 17 dollars au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, 1 515 pour celui appliqué aux transactions bancaires), contre 24 300 livres pour le 95 octanes (16,1 dollars) et 17 600 livres pour le diesel (11,7 dollars).


(Lire aussi : Situation financière : la Banque mondiale ne mâche plus ses mots)



700 livres

La circulaire n° 530, à laquelle les distributeurs de carburant ont fini par accepter de se soumettre une dizaine de jours après son entrée en vigueur, institue un mécanisme qui leur imposait de faire ouvrir, via leur banque, un compte spécifique pour toute nouvelle commande auprès de la BDL. Sur ce compte, les importateurs devaient initialement placer une somme en dollar correspondant à 15 % minimum du montant total de la commande concernée et faisant office de garantie, et une autre somme en livres (au taux officiel plus la marge autorisée des banques) équivalant à la totalité du montant en dollar demandé pour régler la commande. Une fois validée par la BDL, cette dernière réclamait en outre une commission de 0,5 % sur chaque opération. La mise en place de ce mécanisme permettait par ailleurs aux autres acteurs de la chaîne de distribution – stations-service et intermédiaires – de régler les importateurs en livres.

Mais selon Samy Brax, la Banque centrale a modifié ces modalités après le début, le 17 octobre, des manifestations populaires contre le pouvoir au cours desquelles les établissements bancaires ont fermé leurs portes pendant près de deux semaines. « La BDL ne veut plus désormais assurer que 85 % des dollars et laisse les 15 % à la charge de l’importateur qui doit fournir le reste de la somme sur le marché secondaire où le prix du billet vert atteignait hier 1 700 livres », déplore Samy Brax. Il précise en outre que le dépôt de garantie en dollar équivalant à 15 % de la commande ainsi que la commission de 0,5 % ont été maintenus.

Le problème concernant les ventes de carburant déjà stocké et qui avait été à l’origine de la réticence des distributeurs de carburant à accepter la circulaire n° 530, vient des banques. « La BDL avait accepté de débloquer les dollars au taux de 1 515 livres, mais les banques les ont revendus aux importateurs à un taux de 1 525 livres, les laissant devant le choix d’assumer seuls la différence ou de la répercuter d’une manière ou d’une autre sur les distributeurs locaux », résume Samy Brax. « Face à ces deux difficultés, les représentants du secteur ont donc été voir la ministre pour demander que le prix du carburant soit augmenté de 700 livres de façon temporaire, ce qui nous a été refusé », regrette le syndicaliste. Dans ce contexte, il avertit que le secteur pourrait décider de faire grève aujourd’hui pour faire valoir ses revendications, à moins que les tractations lancées en marge de la réunion avec le Premier ministre sortant, Saad Hariri, ne débouchent sur une solution d’ici là. Mme Boustani a pour sa part décliné, dans la presse, toute responsabilité sur ce dossier et renvoyé la balle à la BDL.


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