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À La Une - Liban

Samy Gemayel aux responsables : "Le complot, c'est vous"

"Ce gouvernement doit s'en aller", martèle le chef des Kataëb, lors d'une conférence de presse durant laquelle il s'en prend violemment aux dirigeants du pays.

Le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel. Photo d'archives L'Orient-Le Jour

Le chef du parti Kataëb, le député et leader maronite Samy Gemayel, a lancé hier, lors d’une conférence de presse au siège du parti à Saïfi, une nouvelle fois une violente charge contre la classe dirigeante, en appelant le gouvernement à s'en aller, au moment où le pays fait face à une crise économique et financière qui a débouché sur des manifestations populaires dans la rue dimanche dernier.

Samy Gemayel a profité de cette tribune pour critiquer sans les nommer les Forces libanaises de Samir Geagea, qu'il accuse d'avoir scellé une entente avec le président de la République, Michel Aoun, pour se partager le pouvoir.

"La question centrale que je pose aujourd'hui est la suivante : les dirigeants du pays sont-ils en phase avec les Libanais? Vivent-ils dans ce pays? Voient-ils ce qui se passe?", a d'emblée lancé le chef des Kataëb. "Je ne sais pas jusqu'à quand les Libanais devront encore patienter avant que le pouvoir ne fasse quelque chose (...) au lieu de rejeter la responsabilité sur les autres et faire de la surenchère. Lorsqu'on ne trouve personne pour lui faire assumer la responsabilité (de la situation, ndlr), la théorie du complot surgit dans le pays", a ironisé M. Gemayel.

Dimanche, des centaines de Libanais, excédés par les difficultés économiques avaient manifesté sur l'ensemble du territoire. La plupart des manifestants exprimaient des revendications à caractère social, mais certains n'ont pas hésité à réclamer "la chute du régime". Le mouvement de contestation avait été marqué par une série de débordements. Les milieux proches du président de la République affirment que ces manifestations sont le résultat d'une campagne orchestrée visant à mettre en échec le mandat du chef de l’État. Le bureau de presse du palais de Baabda avait rappelé certains articles du Code pénal portant sur "les atteintes à la réputation financière de l’État".


(Pour mémoire : S. Gemayel dénonce une mainmise du Hezbollah et interpelle Aoun : "Où êtes-vous M. le président ?")



Dans ce contexte, deux citoyens ont été convoqués en justice, le premier pour avoir écrit sur Twitter, il y a quelques jours, qu’il n’avait pas pu retirer des dollars dans un des établissements bancaires de la capitale, et le second pour avoir insulté des responsables dans un enregistrement vocal diffusé sur les réseaux sociaux, selon les autorités.

Jeudi, en début du Conseil des ministres qui se tient au palais présidentiel de Baabda, le chef de l'Etat, Michel Aoun, a souligné qu'il représentait la dignité des Libanais, en affirmant que la liberté d'expression n'équivalait pas à la liberté d'insulter, en référence aux manifestations populaires de dimanche durant lesquels plusieurs protestataires l'avaient apostrophé.

"Vous convoquez les citoyens à des interrogatoires parce qu'ils souffrent et pour avoir dit qu'ils ne parvenaient pas à retirer des dollars de leur compte en banque. Toute personne qui ouvre sa bouche est convoquée en justice. Est-ce le citoyens qui souffre qui menace l'économie (...) ?" s'est interrogé Samy Gemayel. "Si quelqu'un doit aller en prison, ce ne sont sûrement pas les citoyens, mais plutôt ceux qui ont failli à leurs responsabilités étatiques", a martelé le député.

"Je salue tout citoyen qui exprime son refus de la réalité actuelle, et les avocats du parti Kataëb seront à la disposition de toute personne qui sera convoquée en justice", a-t-il annoncé.


(Lire aussi : Kataëb-FL : politique politicienne ou lutte pour le leadership chrétien ?)



"Le compromis du partage du pouvoir"

S'adressant aux dirigeants, Samy Gemayel leur a lancé : "Le complot, c'est vous. Le complot, c'est lorsque vous avez scellé le compromis du partage du pouvoir et que vous vous êtes réparti le gâteau et mené le pays vers la situation actuelle", a martelé Samy Gemayel.

Le chef des Kataëb reproche souvent aux Forces libanaises de Samir Geagea d'avoir scellé en 2016 une entente avec le Courant patriotique libre dirigé à l'époque par Michel Aoun, pavant ainsi la voie vers son élection à la tête de la présidence de la République.

"Cela ne sert à rien de se rejeter la responsabilité sur la crise actuelle. Vous complotez tous contre le pays, et vous en êtes tous responsables", a poursuivi Samy Gemayel. "Vous avez porté atteinte aux relations du Liban avec tous ses amis et tous ceux qui l'aide, en raison de vos surenchères et de vos compromis. Vous êtes tenus de vous entendre pour sauver le pays", a martelé le leader maronite.


(Lire aussi : Samy Gemayel : Le Liban est gouverné depuis l’étranger, l’État est lâche et soumis)



Il a ensuite fait une série de reproches aux dirigeants : "Vous n'avez pas mis en place de plan économique, vous n'avez pas purgé l'administration publique des emplois fictifs, vous n'avez pas fermé les passages frontaliers illégaux (...). Nous vous avions dit par le passé : activez-vous, ou sinon quittez le pouvoir. Vous avez présenté des dizaines de plans de réformes. Nous avons vu le plan du CPL, celui des Forces libanaises, celui du président de la République ou encore celui des organismes économiques. 60% des réformes (qui y figurent) sont les mêmes. Pourquoi n'ont-elles toujours pas été appliquées?".

S'adressant ensuite directement au président Aoun, Samy Gemayel a dit : "Éloignez de vous les gens du 7 Août", en référence aux rafles du 7 août 2001 à Beyrouth, menées par les alliés libanais du régime syrien du président Bachar el-Assad.

"Ce gouvernement doit s'en aller. Accordez votre soutien à un gouvernement d'experts neutre qui puisse obtenir la confiance de la population et de l'étranger", a conclu Samy Gemayel.


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Le chef du parti Kataëb, le député et leader maronite Samy Gemayel, a lancé hier, lors d’une conférence de presse au siège du parti à Saïfi, une nouvelle fois une violente charge contre la classe dirigeante, en appelant le gouvernement à s'en aller, au moment où le pays fait face à une crise économique et financière qui a débouché sur des manifestations populaires dans la rue dimanche dernier.Samy Gemayel a profité de cette tribune pour critiquer sans les nommer les Forces libanaises de Samir Geagea, qu'il accuse d'avoir scellé une entente avec le président de la République, Michel Aoun, pour se partager le pouvoir."La question centrale que je pose aujourd'hui est la suivante : les dirigeants du pays sont-ils en phase avec les Libanais? Vivent-ils dans ce pays? Voient-ils ce qui se passe?", a d'emblée lancé le chef...
commentaires (5)

Il a raison, et affirmer le contraire ne pourrait être le fait que de certains pathologiquement moutons-suiveurs ...

Remy Martin

19 h 48, le 03 octobre 2019

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Commentaires (5)

  • Il a raison, et affirmer le contraire ne pourrait être le fait que de certains pathologiquement moutons-suiveurs ...

    Remy Martin

    19 h 48, le 03 octobre 2019

  • PAS DE COMPLOT, NON ! MAIS D,IRRESPONSABILITE, D,INCOMPETENCE ET D,HEBETUDE SUR TOUT L,ECHELON GOUVERNANT !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    18 h 57, le 03 octobre 2019

  • Le petit gémayel devrait interroger autour de lui , oh faut pas aller très loin pour lui , et demander qui a en une nuit à dévaluer la livre de 3 livres pour 1 dollar contre 1.500 livres pour 1 dollar . Je lui donne un indice , il était président du Liban et son nom de famille commence par un G . Son prénom par un A. Petit gémayel ne pourra pas donner sa langue au chat .

    FRIK-A-FRAK

    17 h 55, le 03 octobre 2019

  • Bravo Samy Gemayel mais qui vous écoute ?

    Eleni Caridopoulou

    17 h 48, le 03 octobre 2019

  • Bravo. Bien dit! Si cela pouvait eveiller nos "dirigeants- diriges".

    sancrainte

    16 h 59, le 03 octobre 2019

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