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Liban - Crise politique

La démarche des anciens PM pourrait constituer une nouvelle donne pour un rééquilibrage interne

Tammam Salam, Fouad Siniora et Nagib Mikati durant leur entretien avec le roi Salmane. Photo SPA

La récente visite des anciens Premiers ministres Fouad Siniora, Tammam Salam et Nagib Mikati en Arabie saoudite où ils ont été reçus pendant un peu plus d’une demi-heure par le roi Salmane ben Abdel Aziz a fait couler beaucoup d’encre, comme il fallait s’y attendre, et a donné lieu à moult spéculations.

Comme cela a déjà été annoncé, cette démarche s’inscrit dans un contexte marqué, d’une part, par un déséquilibre notoire sur la scène politique locale – dû au fait accompli imposé manu militari par le Hezbollah – et d’autre part par le dysfonctionnement non moins évident des institutions constitutionnelles à différents niveaux. Un dysfonctionnement qui se manifeste notamment, selon des milieux sunnites, par les tentatives répétées de rogner les ailes au chef du gouvernement et de porter atteinte à ses prérogatives prévues par la Constitution.


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Les sources proches de Fouad Siniora soulignent que c’est partant de ce constat – le déséquilibre interne et le dysfonctionnement des institutions – que les trois anciens Premiers ministres ont pris la décision de principe, en coordination avec le président du Conseil Saad Hariri, d’effectuer des contacts avec plusieurs dirigeants arabes afin d’exposer à ces derniers la réalité de la situation présente au pays du Cèdre.

Pourquoi avoir commencé par l’Arabie saoudite ? Les milieux de M. Siniora rappellent à ce propos qu’un rapide survol de l’histoire contemporaine du Liban démontre que le royaume wahhabite et l’Égypte ont de tout temps été les deux principaux pôles d’influence du monde arabe et, à ce titre, ils ont constamment joué un rôle constructif au Liban. Ils se sont ainsi montrés de manière continue soucieux de la stabilité et de l’indépendance du pays, indépendamment des circonstances du moment.

Et dans l’histoire récente, l’Arabie saoudite a joué un rôle actif dans la recherche de solutions à la crise libanaise. L’épisode le plus marquant à cet égard aura été, à n’en point douter, la fameuse conférence de Taëf de 1989 qui a donné naissance à l’accord de Taëf et à la nouvelle Constitution libanaise qui ont représenté un point d’inflexion dans la guerre qui a secoué le pays depuis avril 1975. De ce fait, soulignent les sources proches de M. Siniora, il était normal que les trois anciens Premiers ministres entament leurs démarches par un entretien avec le roi Salmane.


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La force de l’équilibre
De même source, on précise que cette démarche constitue en quelque sorte une nouvelle donne politique qui pourrait même revêtir un caractère un tantinet « structurel ». Objectif, selon les sources de M. Siniora : contribuer à rétablir un équilibre sur la scène politique pour faire face aussi bien au mini-État du Hezbollah qu’aux violations répétées de la Constitution et de l’esprit de l’accord de Taëf. Et dans ce cadre, on précise de même source que la stabilité durable du Liban et le respect des fragiles équilibres internes ne peuvent être fondés que sur « la force de l’équilibre et nullement sur l’équilibre des forces » car par essence un équilibre des forces est tributaire de la conjoncture du moment et peut donc être bouleversé à tout moment, alors que « la force de l’équilibre » est l’expression d’une volonté nationale profonde de respecter les sensibilités des diverses composantes du tissu social libanais.


(Lire aussi : Siniora à « L’OLJ » : C’est au chef de l’État que j’adresse mes reproches)


Parallèlement à cette approche suivie par les trois anciens présidents du Conseil, les sources de Fouad Siniora mettent l’accent sur l’importance d’un autre paramètre, qu’elles qualifient de « vital » et qui constitue à leurs yeux un passage obligé pour toute entreprise de rééquilibrage et de stabilisation sur la scène locale : le respect des mécanismes constitutionnels. D’une manière plus spécifique, on précise sur ce plan qu’il est devenu impératif que le président de la République joue à nouveau son rôle de garant du respect de la Constitution et de rassembleur des différentes factions locales.

De même source, on insiste sur le fait que le chef de l’État doit rester au-dessus de la mêlée et s’abstenir de s’enliser dans les manœuvres politiciennes. Et d’ajouter que lorsque le président de la République se livre à de petits calculs partisans ou qu’il agit en sa qualité de représentant d’une seule partie, il perd toute son autorité. Par contre, lorsqu’il agit en rassembleur et qu’il reste au-dessus de la mêlée, il amène forcément toutes les factions à respecter son autorité et sa stature constitutionnelle. Les milieux en question ajoutent sur ce plan que l’on a tendance à oublier un peu trop souvent que le président de la République est doté d’un grand pouvoir auquel aucune partie ne peut s’opposer et qu’aucune faction ne saurait contester, à savoir celui d’être le garant du respect de la Constitution. C’est à ce niveau que se situe en réalité la force réelle du chef de l’État et non pas dans une attitude réductrice visant à défendre les droits ou la position d’une seule composante de la scène locale, affirment les sources susmentionnées qui appellent, à l’ombre du contexte actuel, à un véritable sursaut national à tous les niveaux, seule voie possible pour enclencher un processus solide de redressement dans le pays.


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La récente visite des anciens Premiers ministres Fouad Siniora, Tammam Salam et Nagib Mikati en Arabie saoudite où ils ont été reçus pendant un peu plus d’une demi-heure par le roi Salmane ben Abdel Aziz a fait couler beaucoup d’encre, comme il fallait s’y attendre, et a donné lieu à moult spéculations. Comme cela a déjà été annoncé, cette démarche s’inscrit dans un contexte...

commentaires (2)

UN NOUVEAU COMPROMIS TOUT EN RESPECTABT TAEF ET LA CONSTITUTION.

JE SUIS PARTOUT CENSURE POUR AVOIR BLAMER GEAGEA

20 h 32, le 19 juillet 2019

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Commentaires (2)

  • UN NOUVEAU COMPROMIS TOUT EN RESPECTABT TAEF ET LA CONSTITUTION.

    JE SUIS PARTOUT CENSURE POUR AVOIR BLAMER GEAGEA

    20 h 32, le 19 juillet 2019

  • "Le président de la République ne saurait être confondu avec aucune formation. Il doit être l'homme de la Nation toute entière, exprimer et servir le seul intérêt national." Général de Gaulle, le 30/11/1965.

    Un Libanais

    15 h 16, le 19 juillet 2019

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