Diplomatie

Au Parlement, un acte d’amitié envers l’Arabie

La Commission de l’amitié libano-saoudienne a tenu sa première réunion hier en présence d’une délégation du Conseil saoudien de la Choura en visite officielle au Liban.

La Commission de l’amitié libano-saoudienne hier à l’hémicycle. Photo ANI

Les relations du Liban avec l’Arabie saoudite ont été marquées par deux faits d’actualité. Le premier, de nature diplomatique, est la visite officielle d’une délégation du Conseil saoudien de la Choura (assemblée de parlementaires désignés), répondant à une invitation du président de la Chambre Nabih Berry, adressée en marge de la 29e conférence de l’Union interparlementaire arabe à Amman (Jordanie) en mars dernier.

Le second est la visite à Riyad du commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, dans un objectif de coopération sécuritaire.

Ces deux événements ne seraient pas d’importance égale, selon les milieux libanais proches de l’Arabie. La visite du général Aoun répondrait a un enjeu stratégique afin de prémunir le Liban contre les conséquences d’un conflit militaire irano-saoudien. Quant à la visite des parlementaires, elle confirmerait simplement les rapports de « courtoisie » entre le Liban et l’Arabie saoudite, tels que rétablis après l’épisode de la démission forcée du Premier ministre Saad Hariri en novembre 2018. C’est-à-dire des rapports qui n’ont plus vocation à produire des effets sur la politique libanaise.

La marque particulière de la visite des représentants de la Choura – bien que ne faisant pas partie des décideurs – est d’initier une « amitié interparlementaire libano-saoudienne » sous l’égide du président Berry qui a reçu la délégation hier. Cette amitié a donné son nom à une commission parlementaire (ayant son équivalent en Arabie), qui a tenu hier sa première réunion place de l’Étoile sous la présidence du député et ancien Premier ministre Tammam Salam, avec la participation des visiteurs saoudiens, aux côtés des députés Bahia Hariri, Nehmé Tohmé, Estéphan Doueihy, Hani Kobeissy, Nicolas Nahas, Michel Moawad, Hadi Aboul-Hosn et Tarek Merhebi, en présence de l’ambassadeur saoudien, Walid Boukhari.

Dans un communiqué, la commission a exprimé son appui à « la position officielle de l’Arabie et du Liban (…) sur la nécessité de faire face à tous les projets terroristes » ayant pour cible le monde arabe. La position du Liban officiel avait été prise par le Premier ministre Saad Hariri lors du sommet extraordinaire arabe qui s’est tenu à La Mecque en juin. Cette position avait été stigmatisée le soir même par le secrétaire général du Hezbollah comme dérogeant au principe de distanciation.

La délégation saoudienne a été reçue hier soir par Saad Hariri et prévoit d’effectuer une visite aujourd’hui à Tripoli chez le mufti Malek al-Chaar.

À Baabda

Le président de la République, qui recevait la délégation hier à Baabda en présence de Tammam Salam, a préféré mettre en valeur « les initiatives prises par le roi Salmane à l’égard du Liban et des Libanais », notamment de lever l’interdiction faite aux Saoudiens de se rendre à Beyrouth. Cette décision avait été annoncée en février dernier par le conseiller au sein du cabinet royal saoudien Nizar Alaoula lors de sa visite de félicitations pour la formation du gouvernement. Une initiative qui, de l’aveu du chef de l’État, « fera de cette saison estivale une saison spéciale grâce à la présence de nos frères saoudiens (…) que les facteurs de stabilité sécuritaire permettent d’accueillir (…) ». Le ministre d’État pour les Affaires de la présidence, Salim Jreissati, présent à la rencontre, a précisé que « de nombreux Saoudiens sont d’ores et déjà venus pour la saison estivale. De nombreuses villas en montagne appartenant à des Saoudiens ont rouvert leurs portes : pour la première fois (depuis le gel des relations libano-saoudiennes) et sous le mandat du président Aoun ».

Le président de la délégation saoudienne, Saleh ben Moumih al-Khiliyawi, a confirmé pour sa part la « tranquillité » des Saoudiens qui se rendent à nouveau au Liban. Il a surtout transmis au chef de l’État et au gouvernement les salutations du roi Salmane et du prince héritier, et préconisé « la poursuite des relations bilatérales historiques », notamment par la place réservée au Liban dans le plan saoudien Vision 2030. Il a salué « le souci du chef de l’État de maintenir la solidarité arabe ».

Pour un proche de l’Arabie, critique du régime, il y aurait un souci latent chez le président de la République d’entretenir une image de centrisme en dépit de son parti pris, parfois ouvertement assumé, envers le régime syrien et le Hezbollah. C’est ce à quoi devraient lui servir ses paroles d’amitié envers l’Arabie, doublées d’une référence aux « principes du pacte de la Ligue arabe dans le cadre desquels doivent rester les conflits politiques entre les pays membres ».


Les relations du Liban avec l’Arabie saoudite ont été marquées par deux faits d’actualité. Le premier, de nature diplomatique, est la visite officielle d’une délégation du Conseil saoudien de la Choura (assemblée de parlementaires désignés), répondant à une invitation du président de la Chambre Nabih Berry, adressée en marge de la 29e conférence de l’Union...

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