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Coopération

Joseph Aoun en Arabie : une visite à portée politique

Après Washington, le commandant en chef de l’armée en visite officielle à Riyad.

Le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, accueilli à l’ambassade du Liban à Riyad. Photo ANI

Le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, a effectué cette semaine une visite officielle en Arabie saoudite, dont peu d’informations ont été divulguées.

Placée sous le signe de la coopération militaire, cette visite aurait inclus une rencontre avec le prince héritier Mohammad ben Salmane, loin des feux de la rampe, selon deux sources libanaises concordantes. Outre le fait que le prince héritier soit ministre de la Défense, cette rencontre confirme la portée politique de la visite. Une portée que des milieux du 14 Mars qualifient de « stratégique ».

La visite du général Joseph Aoun à Washington il y a près d’un mois aurait, de sources concordantes, préludé à sa visite saoudienne.

Celle-ci aurait notamment pour objectif d’établir une coopération militaire adaptée aux intérêts libanais. La stabilité sécuritaire du pays implique notamment que le terrain libanais soit préservé militairement du conflit irano-saoudien. C’est-à-dire qu’il ne finisse pas par servir de terrain d’offensives miliciennes potentielles contre l’Arabie saoudite.

L’ancien député Farès Souhaid, proche des milieux de décision saoudiens, transmet les craintes réelles que le Liban ne serve, par exemple, de base arrière à l’envoi de drones armés, à l’instar des territoires du Yémen contrôlés par les houthis, ou encore l’Irak –à partir duquel des drones militaires sont soupçonnés d’avoir été envoyés.

Selon Walid Pharès, secrétaire général du Groupe parlementaire transatlantique sur le contre-terrorisme (TAG), via Twitter, « il ne fait aucun doute que l’administration Trump, ainsi qu’une partie du Congrès (le Sénat) et les principaux ministères concernés, comme la Défense et les Affaires étrangères, ont, avec le Conseil de sécurité nationale, pris une position unifiée sur la nécessité de mettre fin à l’expansion militaire de Téhéran (…) et sa mainmise sur quatre principaux pays dans la région, à savoir l’Irak, la Syrie, Le Liban et le Yémen (…) ».

Une telle orientation rejoint la lecture, relayée par Farès Souhaid, selon laquelle la visite du commandant en chef de l’armée en Arabie saoudite, sous l’égide des États-Unis, sert à neutraliser la scène libanaise. C’est ce qui fait dire à une source très informée du 14 Mars que cette visite « n’est pas sans gêner le Hezbollah » – d’autant plus que neutraliser le terrain libanais implique de faire primer l’armée sur la milice. Ce réajustement serait facilité par le fait que l’ennemi déclaré de l’Iran semble avoir changé de camp : ce n’est plus Israël mais les pays du Golfe, affirme M. Souhaid, qui juge « très significatif » le fait que le Hezbollah ait pu autoriser des négociations indirectes avec Israël en vue de délimiter les frontières maritimes et terrestres sud.

La relation qui paraît se consolider entre Washington et l’armée libanaise aurait vocation à se traduire en politique. Elle créerait un contrepoids à la mainmise politique du parti chiite, rendant possible un rééquilibrage des rapports de forces entre lui et le Premier ministre Saad Hariri, selon la source du 14 Mars.


« Inquiétudes » de Bassil

L’une des preuves de cette « influence acquise au commandant en chef de l’armée » et des « inquiétudes » qu’elle suscite – notamment chez le ministre Gebran Bassil (dans la perspective de la prochaine présidentielle) – serait « la tiédeur » de l’ambassadeur du Liban à Washington à son égard lors de sa dernière visite aux États-Unis. Selon la source du 14 Mars, la tournée du chef de l’armée n’a pas inclus l’ambassade du Liban.

Le contraste est clair avec la cérémonie d’accueil que lui a réservée l’ambassadeur du Liban à Riyad, Fawzi Kabbara. Dans une allocution de circonstance, le diplomate a insisté sur la « stabilité de la situation sécuritaire au Liban ». De son côté, le général Aoun a salué le rôle de l’Arabie saoudite qu’il a qualifié d’« appui pour l’État et son armée ». S’exprimant devant une assistance de Libanais résidant dans les pays du Golfe, il a mis en avant le rôle de la diaspora dans le renforcement des relations bilatérales, selon l’Agence nationale d’informations.

Le second fait relaté hier est la décoration remise au général Joseph Aoun par son homologue saoudien, le colonel Fayad ben Hamed al-Rwayli. Ce dernier lui a remis l’insigne du roi Abdel Aziz au grade d’excellence pour « ses efforts visant à préserver la sécurité sur l’ensemble du territoire libanais ». Cette décoration serait aussi un gage de « confiance » de l’Arabie dans le rôle de l’armée, selon l’ANI. Cela est d’autant plus significatif que le gel de l’aide saoudienne à l’armée avait préludé à une crise diplomatique entre les deux pays en février 2016.À l’époque, Riyad avait décider de geler le don de 3 milliards de dollars qui avait été consenti à l’armée libanaise par le biais de l’achat de matériels français.


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Le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, a effectué cette semaine une visite officielle en Arabie saoudite, dont peu d’informations ont été divulguées.

Placée sous le signe de la coopération militaire, cette visite aurait inclus une rencontre avec le prince héritier Mohammad ben Salmane, loin des feux de la rampe, selon deux sources libanaises...

commentaires (4)

Une info qui n'a rien à voir : "L'OLJ a annoncé à 11h40 la libération des deux agents de la sécurité de l'Etat arrêtés par l'armée syrienne." Ils ont été arrêtés le 16 juin sur les hauteurs du Mont Hermon* près de Rachaya dans la Bekaa-Ouest. Ils ont été retenus du 16 au 21 juin... S'ils étaient Israéliens, ils auraient été relâchés après cinq secondes. C'est cela la fraternité entre les pays dits arabes< * Le Mont Hermon, appelé en libanais Jabal el-Cheikh et en hébreu Har Hermon.

Honneur et Patrie

12 h 07, le 21 juin 2019

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Commentaires (4)

  • Une info qui n'a rien à voir : "L'OLJ a annoncé à 11h40 la libération des deux agents de la sécurité de l'Etat arrêtés par l'armée syrienne." Ils ont été arrêtés le 16 juin sur les hauteurs du Mont Hermon* près de Rachaya dans la Bekaa-Ouest. Ils ont été retenus du 16 au 21 juin... S'ils étaient Israéliens, ils auraient été relâchés après cinq secondes. C'est cela la fraternité entre les pays dits arabes< * Le Mont Hermon, appelé en libanais Jabal el-Cheikh et en hébreu Har Hermon.

    Honneur et Patrie

    12 h 07, le 21 juin 2019

  • Il y a comme une odeur de préparatifs pour la prochaine présidentielle... Le profil du Général Joseph Aoun semble répondre dans tout son parcours, à un candidat potentiel de composition parfaite, entre le 8 et le 14 mars.Il a su en effet parfaitement assumer et intégrer en toute discrétion et conviction, les objectifs nationaux de liberté, d'indépendance et de souveraineté et maintenir parallèlement, un "bon voisinage" avec le Hezbollah... A bon entendeur, salut...!

    Salim Dahdah

    10 h 41, le 21 juin 2019

  • PRIERE LIRE : DE L,ARMEE LIBANAISE. MERCI.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 04, le 21 juin 2019

  • VISITE TRES INTERESSANTE ET POSITIVE POUR LE LIBAN. ESPERONS QUE LA SAOUDITE VA REACTIVER SON DON DE TROIS MILLIARDS DE DOLLARS POUR AIDER L,EQUIPEMENT EN ARMES SOPHISTIQUEES L,ARMEE LIBANAISE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    07 h 24, le 21 juin 2019