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Dernière lecture de l'avant-projet de budget prévue mercredi

Liban

Élias Bou Saab indique que plusieurs décisions ont été prises afin de définir les mesures de diminution des émoluments des anciens parlementaires, soulignant que ces mesures "divergent selon le nombre de mandats".

OLJ
21/05/2019

Le gouvernement libanais, réuni mardi pour étudier l’avant-projet de loi de finances pour l’année en cours, censé prévoir des mesures d’austérité sans précédent, tiendra une nouvelle séance mercredi à 13h30 au Grand Sérail afin de faire une "dernière lecture" du texte, avant une conférence de presse conjointe du Premier ministre, Saad Hariri, et du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil. 

"Une dernière lecture du budget aura lieu demain à 13h30 au Sérail, a annoncé le ministre de l'Information, Jamal Jarrah, à l'issue du Conseil. Cette réunion sera suivie d'une conférence de presse conjointe de Saad Hariri et Ali Hassan Khalil, a-t-il ajouté.

A l'issue de la réunion, M. Khalil a souligné que les amendements ajoutés à l'avant-projet qu'il a présenté constituaient des "étapes très sérieuses vers de réelles réformes" et permettaient une réduction du déficit budgétaire "bien plus élevée que ce que l'on pouvait imaginer". 

Au cours de sa dix-huitième réunion, l'Éxécutif a notamment approuvé l'institution d'une taxe de 2% sur les produits importés, à l'exception des médicaments, des matières premières agricoles et industrielles, ainsi que des voitures électriques et respectueuses de l'environnement, a annoncé le ministre de l’Économie, Mansour Bteich. A ce sujet, il a souligné que l’État allait "renforcer la lutte contre l'évasion fiscale". "Nous avons commencé à prendre des mesures renforcées afin de lutter contre la contrebande aux frontières et dans les ports", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Industrie, Waël Bou Faour, s'est de son côté félicité de cette nouvelle taxation. "Aujourd'hui, l'industrie libanaise a pris un grand tournant stratégique", a-t-il estimé, soulignant que cette mesure permettrait de "protéger certains secteurs et les produits de fabrication libanaise". 

Le ministère des Affaires étrangères a pour sa part été chargé de préparer deux plans : un concernant l'augmentation des frais consulaires perçus lors des procédures effectuées à l'étranger et un second prévoyant une modification des frais de visa d'entrée dans le pays. Le ministère des Transports a quant à lui été chargé d'augmenter les tarifs d'ouverture du salon d'honneur de l'Aéroport international de Beyrouth. 


Réduction des indemnités des anciens députés
La ministre de l'Intérieur, Raya el-Hassan, a, elle, annoncé que le prix pour obtenir un permis d'installer des vitres teintées sur les voitures avait été augmenté à un million de livres libanaises, tandis que le coût des près de 2 500 plaques d'immatriculation spéciales invendues ou rendues permettrait de faire des recettes de 140 milliards de livres (93 millions de dollars). 

Le Conseil des ministres a en outre examiné la proposition de loi sur la réduction des indemnités des anciens ministres et députés. A ce propos, le ministre de la Défense, Élias Bou Saab, a indiqué que plusieurs décisions ont été prises afin de définir les mesures de diminution des émoluments des anciens parlementaires, soulignant que ces mesures "divergent selon le nombre de mandats". 

M. Bou Saab a par ailleurs indiqué s'être opposé à la décision prise dans l'avant-projet de budget de retarder de cinq  années le départ à la retraite des militaires, et de réduire leurs allocations de retraite s'ils souhaitent quitter leurs fonctions avant l'âge officiel de la pension. "Cette mesure continuera à faire polémique lors de la prochaine séance et, si elle est approuvée quand même, elle sera contestée lors de la séance parlementaire consacrée au budget", a-t-il souligné.

Une source ministérielle anonyme a par ailleurs annoncé que la décision de fermer des commerces et institutions illégalement détenus par des réfugiés syriens et de faire payer des Libanais embauchant illégalement des étrangers était "une grande victoire". Cette source a également salué la décision d'imposer des frais de séjour aux familles des travailleurs étrangers installés au Liban.


(Lire aussi : Le gouvernement veut émettre des bons du Trésor à 1 %)



Grève des fonctionnaires
La veille
, le gouvernement s'était accordé sur un budget prévisionnel dont le déficit public sera autour de 7,6 % du PIB, conformément aux recommandations de la conférence de Paris (CEDRE). Beyrouth s’est en effet engagé durant la CEDRE à baisser de cinq points de pourcentage le ratio déficit public/PIB sur une durée de cinq années consécutives. Le gouvernement avait présenté, à ce moment-là, un budget prévisionnel pour 2018 dont le déficit public ne dépassait pas les 9 % du PIB (alors qu’en réalité, il a fini par atteindre 11,2 % cette même année), ce qui signifie que celui de 2019 devrait baisser à au moins 8 % du PIB. Toutefois, les estimations du ratio déficit public/PIB pour 2019 reposent sur une prévision de croissance de 1,5 % pour la même année, alors que la Banque mondiale table sur une croissance de 0,9 %, et le Fonds monétaire international sur 1,3 %.


Le texte prévoit des mesures d'austérité qui suscitent la colère des fonctionnaires et des militaires à la retraite, dont les mouvements de grève et de protestation se sont multipliés ces dernières semaines. Aujourd'hui, la grève des fonctionnaires de l'administration publique, qui protestent contre toute mesure d'austérité portant atteinte à leurs salaires ou avantages sociaux, s'est poursuivie dans l'ensemble du pays.
Par contre, les fonctionnaires des douanes ont suspendu leur grève, qui menaçait de causer une grave pénurie d'essence.

Commentant cette contestation sociale, le président Michel Aoun a assuré dans la matinée que les mesures d'austérité que compte prendre l'Éxécutif sont "nécessaires", exprimant l'espoir que les Libanais finiront par "comprendre leur importance lorsque les choses iront mieux".


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NAFAKHOUNA BHAL MESURES D,AUSTERITE SANS PRECEDENT ! JE NE VOIS QUE DES MESURES ANODINES POUR UNE ECONOMIE ET DES FINANCES EN ETAT CRITIQUE.
J,ATTENDS L,ENUMERATION DE TOUTES CES MESURES POUR POUVOIR ME PRONONCER COMME IL FAUT.
JUSQU,ALORS JE DOUTE BEAUCOUP DE CE SANS PRECEDENT !

Remy Martin

Et les dizaines de milliards evaporés qui dorment tranquilos en Suisse ? Pas touche ?

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