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À La Une - Liban

Asmar annonce la suspension de la grève des fonctionnaires

"Aujourd'hui, c'est une victoire pour le mouvement des travailleurs qui a réussi à préserver les droits grâce à sa lutte", a déclaré le président de la CGTL quelques heures après un entretien décisif avec Michel Aoun à Baabda.

Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar. Photo Ani

Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, a annoncé mardi soir que les fonctionnaires au sein des administrations publiques et des offices autonomes suspendaient leur grève qui avait été observée ces derniers jours pour protester contre les mesures d'austérité contenues dans l'avant-projet de loi de budget pour l'exercice 2019.

M. Asmar a fait cette annonce après avoir été reçu par le président, Michel Aoun, qui avait donné des garanties tout en mettant en garde contre les conséquences de la poursuite de ces grèves.

"Nous annonçons la suspension de la grève dans les offices autonomes et les administrations publiques et privées, et la reprise du travail dès demain matin au port de Beyrouth, la Caisse nationale de la sécurité sociale, Électricité du Liban et Ogero, à la Régie, ainsi que dans les Offices des eaux et les transports en commun", a déclaré M. Asmar lors d'une conférence de presse, au siège de la CGTL, à l'issue d'une réunion avec des responsables syndicaux.

"Je tiens à remercier le chef de l’État pour ses efforts et son parrainage des revendications des employés et des travailleurs dans les offices autonomes et les administrations publiques et privées, après cette semaine de mouvements et de grève dans plusieurs administrations, offices ainsi qu'à la Banque du Liban", a déclaré le président de la CGTL qui a également remercié le président du Parlement, Nabih Berry. "Aujourd'hui, c'est une victoire pour le mouvement des travailleurs qui a réussi à préserver les droits grâce à sa lutte", a-t-il conclu.

Cette annonce du président de la CGTL intervient quelques heures après son entretien, en fin d'après-midi, avec le chef de l’État à Baabda à la tête d'une délégation regroupant les présidents de plusieurs syndicats de fonctionnaires au sein de l'administration publique et des offices autonomes. Lors de cette entrevue, les syndicats ont exprimé leurs points de vue sur plusieurs articles du projet de budget, notamment sur les avantages dont bénéficient les fonctionnaires.

"Nous n'accepterons aucune mesure portant atteinte aux revenus des classes défavorisée et moyenne", avait affirmé le président Aoun, qui a également mis en garde contre les conséquences de la poursuite des grèves sur la situation économique du pays. "Les syndicats doivent évaluer la situation et œuvrer à ne pas faire porter au pays plus de dommages et de risque", a-t-il déclaré. De son côté, M. Asmar avait déclaré que "le chef de l’État a promis qu'il s'emploiera à amender certains points". "Nous avons confiance en lui et en sa façon de régler les problèmes", a-t-il ajouté.

Le chef de l’État avait également reçu une délégation de magistrats qui lui a transmis une liste de remarques quant au projet de budget, notamment en ce qui concerne la caisse de retraite des juges et d'autres avantages dont ils bénéficient. M. Aoun s'est dit en faveur d'une "coopération entre les responsables et le pouvoir judiciaire en ce qui concerne les droits de tous les juges". 



(Lire aussi : L'examen du budget pourrait être achevé vendredi)



Grève suspendue à la BDL
Alors que le gouvernement a entamé depuis le début de la semaine dernière une série de réunions quotidiennes pour plancher sur l'avant-projet de budget pour l'exercice 2019, présenté par le ministre des Finances Ali Hassan Khalil, les fonctionnaires, les militaires à la retraite et de nombreux groupes et syndicats ont lancé des mouvements de grève et organisé des sit-in. Ils craignent en effet que les mesures d'austérité annoncées dans cet avant-projet ne portent atteinte à leurs avantages salariaux.

Mardi plus tôt dans la journée, les employés de la Banque du Liban (BDL) avaient eux aussi annoncé qu'ils suspendaient pour une durée de trois jours leur grève entamée samedi, tandis que les activités de la Bourse de Beyrouth étaient toujours suspendues dans la matinée, pour la deuxième journée consécutive.

"L'Assemblée générale des employés de la BDL a décidé de suspendre la grève pendant trois jours", ont annoncé les employés à l'issue de leur réunion, avant de souligner qu'ils se rassembleront à nouveau vendredi afin de prendre une nouvelle décision concernant la poursuite éventuelle de leur mouvement de protestation. "Une assemblée se tiendra vendredi pour déterminer l'avenir du mouvement: la poursuite de la grève ou son annulation", a averti le président du syndicat des employés de la Banque du Liban (BDL), Abbas Awada.

Les salariés de la BDL s'étaient mis en grève samedi pour protester contre le projet de budget étudié par le gouvernement pour réduire le déficit public, prévoyant notamment une révision de certains de leurs bénéfices financiers. Mais ils ont "reçu des assurances de la part des responsables", qui leur ont certifié que le budget ne contiendrait pas d'atteintes à leurs droits. Selon l'Agence nationale d'information, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a adressé une lettre aux employés pour les rassurer sur leurs salaires et leurs droits "qui ne seront pas touchés".

La grève des employés de la BDL avait poussé la Bourse de Beyrouth à stopper lundi toutes ses opérations. Mardi, une source au sein de la Bourse de Beyrouth a annoncé à la chaîne de télévision locale LBCI que toutes les opérations boursières restaient suspendues "pour des raisons techniques causées par la grève des employés" de la BDL. "Les transactions resteront suspendues jusqu'au retour à la normale à la BDL", a poursuivi cette source, qui a précisé qu'une fois la grève levée, la Bourse de Beyrouth publiera une circulaire de reprise des activités dès mercredi.



(Lire aussi : Hariri met en garde contre une "crise économique" et promet des réformes "dans l'intérêt des Libanais")



Grogne sociale
Les techniciens de la direction générale de l'Aviation civile ont, eux, menacé les "responsables concernés" de prendre des mesures qui entraveraient le bon fonctionnement des opérations à l'Aéroport international de Beyrouth (AIB) au cas où leurs revendications n'étaient pas prises en compte dans le projet de budget. "Nous refusons toute atteinte aux droits acquis par les employés travaillant au sein de la DG de l'aviation civile, notamment en ce qui concerne les compensations perçues pour les heures de travail de nuit", ont souligné les employés dans un communiqué.

Quant aux militaires à la retraite, qui ont organisé deux manifestations ces derniers jours pour mettre en garde contre toute éventuelle réduction des compensations et indemnités ou atteinte aux droits et acquis des vétérans de l'armée libanaise, ils ont appelé le gouvernement à ne plus évoquer dans les médias les articles les concernant dans l'avant-projet de budget. Dans un communiqué publié, selon eux, après "des rumeurs sur la suppression d'articles les concernant du projet de budget", les militaires retraités ont appelé le cabinet à respecter "le caractère sacré des familles des martyrs, des blessés et des handicapés" dans toute décision qu'il pourrait prendre. Ils ont également appelé tous les responsables, et plus particulièrement le ministère des Finances, à "cesser la politique portant atteinte à leurs droits à chaque occasion", se disant "prêts à se mobiliser à nouveau" en cas de besoin.

Saad Hariri a en outre reçu au Grand Sérail une délégation de la Ligue des vétérans des forces armées présidée par l'ancien directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général à la retraite Osman Osman. Il a également reçu une délégation de la Ligue des fonctionnaires de l'administration publique, présidée par Nawal Nasr.




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Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, a annoncé mardi soir que les fonctionnaires au sein des administrations publiques et des offices autonomes suspendaient leur grève qui avait été observée ces derniers jours pour protester contre les mesures d'austérité contenues dans l'avant-projet de loi de budget pour l'exercice...
commentaires (2)

CEUX-LA N,AURAIENT JAMAIS DU FAIRE LA GREVE. A LA BDL ON DEVRAIT SAVOIR QU,IL FAUT DE LA MEDECINE POUR TRAITER LE MALADE LIBAN !

LA LIBRE EXPRESSION

18 h 02, le 07 mai 2019

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Commentaires (2)

  • CEUX-LA N,AURAIENT JAMAIS DU FAIRE LA GREVE. A LA BDL ON DEVRAIT SAVOIR QU,IL FAUT DE LA MEDECINE POUR TRAITER LE MALADE LIBAN !

    LA LIBRE EXPRESSION

    18 h 02, le 07 mai 2019

  • OUfff je vais enfin pouvoir passer mes transactions Dakhilkon, faites vos grèves les weekends !

    Sarkis Serge Tateossian

    15 h 22, le 07 mai 2019

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