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Hydrocarbures : le Liban déterminé à entamer les travaux d'exploration, affirme Aoun

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Le président réitère la position de Beyrouth en ce qui concerne "la nécessité d'un retour sûr" des réfugiés syriens "sans attendre de solution politique" en Syrie.

OLJ
18/04/2019

Le président libanais Michel Aoun a affirmé jeudi au chef d'état-major britannique, le général Nicholas Carter, qu'il recevait au palais de Baabda, que le Liban était déterminé à entamer les travaux d'exploration des réserves potentielles d'hydrocarbures offshore malgré le conflit avec Israël sur les frontières maritimes.

"Le conflit frontalier avec Israël, en ce qui concerne la zone économique exclusive du Liban, n'est pas encore résolu", a déclaré le chef de l'Etat, qui recevait le général Carter en présence l'ambassadeur de Grande-Bretagne au Liban Chris Rampling et du ministre d'Etat aux Affaires de la présidence, Salim Jreissati. "Mais cela n'empêche pas de commencer les travaux d'exploration à la recherche de gaz et de pétrole dans les blocs délimités par le gouvernement libanais", a-t-il ajouté.


Le Liban, dont la ZEE a été découpée en dix blocs, a lancé au début du mois un second round d’attribution des licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore. Les cinq nouveaux blocs mis en jeu n° 1 (Nord-Ouest), n° 2 (Nord-Est), n° 5 (centre-Ouest), n° 8 (Sud-Est) et n° 10 (Sud-Ouest) s’ajoutent ainsi aux deux déjà attribués au consortium Total-Eni-Novatek – blocs 4 (centre-Ouest) et 9 (Sud). Le forage du premier puits, qui doit confirmer le potentiel prometteur du pays en termes de découvertes commercialisables, doit avoir lieu vers fin 2019. 

Israël continue de revendiquer une partie du bloc 9, situé le plus au sud de la ZEE. Ce litige découle du fait qu'Israël a décidé, en 2011, d’officialiser sa ZEE en empiétant d’environ 850 km² sur celle déclarée un an plus tôt par Beyrouth à l’ONU (totalisant 22 730 km²). Les Etats-Unis avaient tenté une médiation entre les deux parties il y a quelques mois, mais celle-ci n'a pas abouti.


Le chef de l'Etat a par ailleurs assuré que "le Liban respecte entièrement la mise en application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU et maintient le calme et la stabilité le long de sa frontière-sud, en dépit des violations répétées des espaces terrestre, aérien et maritime du Liban". Il a cependant souligné que le Liban avait "un droit naturel" à se défendre contre toute attaque israélienne.



(Lire aussi : Hydrocarbures offshore : Beyrouth et Nicosie préparent une « alliance »)


"La nécessité d'un retour sûr" des réfugiés

Michel Aoun a par ailleurs affirmé craindre "les répercussions des prises de position politiques israéliennes en ce qui concerne Jérusalem et le Golan, surtout que le Liban possède sur le plateau du Golan des territoires et tient à leur libanité". Il a en outre réitéré la position de Beyrouth en ce qui concerne "la nécessité d'un retour sûr" des réfugiés syriens "sans attendre de solution politique" en Syrie. 

Le Liban accueille près d’un million de réfugiés syriens, et la question de leur retour fait polémique sur la scène politique libanaise. Certains responsables, notamment le chef de l'Etat, appellent à organiser le retour de ces réfugiés vers la Syrie, estimant que le pays quasi-entièrement reconquis par les forces du régime est désormais "sûr". D'autres calquent leur point de vue sur celui de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit avant d'assurer ce retour.
A l'issue d'une réunion fin mars avec le président russe Vladimir Poutine, le président Aoun avait toutefois concédé qu'un rapatriement de grande envergure ne pourrait être accompli sans que des "conditions socio-économiques favorables" ne soient assurées en Syrie, notamment via la reconstruction du pays.


(Lire aussi : Réfugiés syriens : la proposition de Geagea bute contre le mutisme et... les réalités)


Le président a enfin remercié le général Carter pour le soutien britannique aux forces armées libanaises, notamment en ce qui concerne la construction de miradors le long de la frontière avec la Syrie et la formation des soldats. "Les miradors ont permis à l'armée de surveiller la frontière et de limiter les infiltrations" en provenance de Syrie, a souligné le président libanais, ajoutant qu'ils avait également "joué un rôle lors de l'opération de l'Aube des jurds", au cours de laquelle le Liban a éliminé toute présence jihadiste sur son territoire.

De son côté, le général Nicholas Carter a assuré le président Aoun du "soutien continu de la Grande-Bretagne à l'armée libanaise".
Il a ensuite été reçu par le Premier ministre, Saad Hariri, à la Maison du Centre. Les deux hommes ont évoqué les aides militaires britanniques et des moyens de renforcer cette coopération militaire entre les deux pays. 


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Le Faucon Pèlerin

"Le Liban a un droit naturel à se défendre contre toute attaque israélienne."
Pourquoi cette provocante lapalissade ? Depuis que la route de Jérusalem ne passe plus par Jounieh mais par Sanaa (Yemen), par Caracas (Venezuela) ou par Mindanao (Philippines, le Liban n'a aucune raison de se quereller avec quiconque dans le monde.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DEJA TROP EN RETARD. FAUT COMMENCER URGEMMENT.

AIGLEPERçANT

Même pour les hydrocarbures ils ne serviraient à rien .

AIGLEPERçANT

Ce rosbeef ne sert à rien au LIBAN et aux libanais.

Vous savez pourquoi le PHARE AOUN ne lui pas donné l'autorisation de poster des miradors au sud ?

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