X

À La Une

Hydrocarbures : le Liban n'intégrera aucun forum auquel participe Israël, affirme Aoun

diplomatie

Le président grec exprime sa reconnaissance à l'égard du pays du Cèdre "qui fait preuve de beaucoup d'humanité et de solidarité" envers les réfugiés syriens. 

OLJ
11/04/2019

Le président Michel Aoun a affirmé jeudi en recevant son homologue grec Prokópis Pavlópoulos que le Liban refusait de se joindre à toute alliance internationale dont ferait partie Israël, notamment en ce qui concerne l'exploitation d'hydrocarbures offshore, alors que les pays de la région, dont la Grèce, œuvrent au développement de tels mécanismes de coopération avec l'Etat hébreu. 

"Nous avons hâte de participer au sommet rassemblant le Liban, la Grèce et Chypre, qui sera accueilli par Nicosie afin de consolider la coopération entre les trois pays", a déclaré M. Aoun à l'issue d'une réunion avec son homologue grec au palais de Baabda.  "J'ai assuré au président grec le droit du Liban d'exploiter le pétrole et le gaz dans sa Zone économique exclusive", a déclaré le président Aoun, qui a insisté sur "le refus" de son pays d''intégrer tout forum ou mécanisme de coopération auquel participe Israël, entre autres le Forum du gaz de la Méditerranée orientale (EMGF)". 

La création de l'EMGF avait été annoncée en janvier dernier au Caire. Ce forum rassemble l’Égypte, Chypre, la Grèce, l’Italie, Israël, la Jordanie et la Palestine, et ambitionne de développer des infrastructures, des politiques et des projets communs. Israël faisant partie de ce forum, le Liban ne peut y participer. Parallèlement à ce projet, la Grèce et Chypre sont membres, avec Israël, du projet de développement d'un gazoduc sous-marin, EastMed, reliant l'est de la Méditerranée à l'Europe. 



(Lire aussi : Projet du gazoduc EastMed reliant Israël à l'Europe : quel impact sur le Liban?)



Beyrouth a accueilli ces derniers jours une série de responsables et ministres grecs et chypriotes, entre autres les chefs de la diplomatie des deux pays, Georgios Katrougalos et Nikos Christodoulides. Le chef de l'Etat libanais a qualifié les réunions qu'ils ont tenues à Beyrouth de "pont de communication" entre les trois pays, très important "pour partager les expériences, notamment en matière de droit maritime". 

Dans ce contexte, le Liban et Chypre ont annoncé jeudi œuvrer à la mise en place d'une "alliance pétrolière et gazière" concernant l'exploration des fonds marins riches en hydrocarbures à la lisière entre leurs zones maritimes respectives.



(Lire aussi : La Grèce, futur « pont » pour le passage des hydrocarbures offshore)



Les réfugiés
Le président libanais a par ailleurs remercié son homologue grec pour la solidarité de la Grèce avec le Liban et sa participation à la conférence de Paris d'avril dernier, au cours de laquelle onze milliards avaient été promis à Beyrouth par la communauté internationale. Il a encore évoqué avec M. Pavlópoulos la question des réfugiés syriens : "Je lui ai expliqué que le Liban ne peut plus supporter le poids de la présence d'1,8 million de déplacés, qui viennent s'ajouter aux réfugiés palestiniens". Il a appelé à ce que la communauté internationale "prenne ses responsabilités pour œuvrer à fermer rapidement ce dossier en facilitant le retour" des réfugiés vers "les régions sûres de Syrie". 

De son côté, le chef de l'Etat grec a exprimé "sa reconnaissance envers le Liban qui fait preuve de beaucoup d'humanité et de solidarité" envers les réfugiés syriens, estimant que l'Europe aurait dû intervenir en Syrie, ce qui aurait permis de "mettre un terme bien plus tôt à la guerre, et avec moins de dégâts". M. Pavlópoulos a encore salué le rôle important que joue le Liban dans la région en faveur du dialogue entre les cultures. 

Le Liban accueille près d’un million de réfugiés syriens, selon les chiffres de l'ONU et la question de leur retour fait polémique sur la scène politique libanaise. Certains responsables, notamment le chef de l'Etat, appellent à organiser le retour de ces réfugiés vers la Syrie, estimant que le pays quasi-entièrement reconquis par les forces du régime est désormais "sûr".

 "Nous soutenons le Liban pour qu'il puisse redevenir prospère", a souligné le président grec. Et d'ajouter que la Grèce interviendra auprès des instances internationales pour qu'Israël "applique le droit international" afin que les droits du Liban en matière de souveraineté territoriale soient respectés. 

Dans l'après-midi, Prokópis Pavlópoulos a été reçu à Aïn el-Tiné par le président du Parlement, Nabih Berry. Ce dernier a déclaré, à l'issue de leur réunion, que le Liban faisait face à "un mois délicat, au cours duquel des mesures doivent être prises, à commencer par le budget, soulignant qu'il n'y avait toutefois pas de raison "d'avoir peur pour le pays".

La veille, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, avait affirmé "craindre que le Liban finisse par connaître une crise similaire à celle qu’a connu la Grèce, et cela ne doit pas arriver", en référence à la crise de la dette publique qu'a connue Athènes en 2008. Nabih Berry a souligné que "le plan de réformes du secteur de l'électricité est en bonne voie, mais cela n'est pas suffisant, il faut que nous préparions notre agenda en ce qui concerne l'adoption du budget" de l'Etat pour l'exercice 2019.

Avec Saad Hariri, qui l'a reçu au Sérail, M. Pavlopoulos a évoqué "les derniers développements au Liban et dans la région, de même que les relations bilatérales entre les deux pays et les façons de les développer, notamment aux niveaux économique et touristique".


Lire aussi
Grèce, Chypre et Liban : quels axes de coopération ?

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Gros Gnon

Donc en somme il suffirait à Israel d'être présent dans tous les forums pour écarter le Liban en tant que concurrent potentiel? Brillantissime!

Au contraire, si on veut lui mettre des bâtons dans les trous, il faudrait justement participer à tous les forums où Israel est présent, et vendre notre gaz moins cher. Ce qui dans tous les cas de figure serait mieux que de ne pas le vendre du tout...

Sarkis Serge Tateossian

(En cas de blocage, faisons appel à notre sagesse de manière ludique, humoristique)

Il y a toujours une possibilité de faire transiter notre pétrole dans le même pipeline qu’Israël sans que les deux liquide se touchent ...(ainsi notre honneur est sauf). Faire compartimenter le pipeline, un passage pour nous un autre pour Israël ...

J'ai fait appel à une entreprise sérieuse, un cabinet de stratégie pétrolière (Hagop-pétrochimie compagnie) ...son directeur très amusé, m'a fait savoir que le pétrole libanais ou israélien, avant leur extraction en mer, de toute manière ils se touchaient ... ils font partie du même "puits" ...

A la lumière de cette "découverte" ingénieuse !
Que faisons maintenant ?

IMB a SPO

Wallah il est senile!!!!!
Il y a deja un accord tripartite entre Israel, Chypre et la Grece......

Amère Ri(s)que et péril.

On est pas obligé de faire du bizness avec n'importe qui !

Sans parler de boycott et autres carpetteries.

On a des alliés, on devrait traiter avec eux.

M'enfinnnnn.

Mona Joujou Dfouni

Plus royaliste que le roi.Palestine participe avec Israël mais pas le Liban....

L’azuréen

Il faut participer à tous les forums et se battre les amis ! Ce n’est pas en courant dès que l’on voit son « ennemi «  ou son rival que l’on peut gagner la partie . Cette attitude est d’un autre âge !

Honneur et Patrie

Qui va à la chasse, perd sa place. La politique du boycott et de la chaise vide n'est jamais gagnante. On décidera à votre place sans votre accord et vous devez l'accepter.
De qui a-r-il reçu l'ordre de ne pas y assister ?

Wlek Sanferlou

A la bonne heure d'Israël!

Punjabi

En d’autres termes, « Je refuse que le Liban soit, si Israël est »...
Comment peut-on contre-argumenter ou affronter si nous ne faisons pas face?

Irene Said

En revanche, le Liban intégre sur son sol une milice iranienne...c'est plus correct, fait bonne impression et en plus ça rapporte gros à l'économie du pays !
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TREVE DE PAROLES VIDES ! LORSQU,ON CONCLUT DES ACCORDS AVEC CHYPRE ET LA GRECE POUR LE CONVOI EN PIPELINES D,HYDROCARBURES VERS L,EUROPE ON SAIT QU,ISRAEL Y PARTICIPE MEME SI NOUS ALLONS UTILISER LA COUVERTURE GRECQUE.
REFUSERONS-NOUS D,EXPORTER NOS HYDROCARBURES AVEC UN PIPELINE OU PASSENT AUSSI CEUX D,ISRAEL ?

Remy Martin

Alors bonne chance ...

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Élie FAYAD

La soixante-treizième heure

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le gouvernement se réunit aujourd’hui, mais la crise de confiance est trop profonde

Commentaire de Anthony SAMRANI

Le réveil d’une nation

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants