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Économie

Cap sur l’austérité, confirme Hariri

Budget

Le Premier ministre a toutefois maintenu le flou autour des mesures envisagées, tout en tentant de calmer la rue concernant l’option d’une baisse des salaires dans la fonction publique.

18/04/2019

Le Premier ministre et chef du courant du Futur Saad Hariri a déclaré hier que le Liban devra adopter « un budget d’austérité sans précédent dans l’histoire du pays » en vue « d’empêcher un effondrement » de l’économie, dans un discours prononcé devant les députés en début de session plénière. Il n’a toutefois apporté aucune précision sur les formes que pourraient prendre ces mesures. « La situation du pays est telle que nous ne pouvons plus nous permettre de maintenir le même rythme de dépenses. En tant que membres du gouvernement, nous nous devons d’être sincères : les dépenses n’ont cessé d’augmenter alors que la croissance est quasi nulle depuis plusieurs années. Cela fait huit ans que la croissance du PIB stagne autour de 1 %, ce n’est pas une croissance mais une récession », a affirmé Saad Hariri.

Le déficit public a explosé en 2018. À 5,8 milliards de dollars fin novembre, il dépasse déjà d’un milliard celui estimé dans le budget prévisionnel pour 2018 voté il y a un an. Un dérapage principalement dû à l’écart entre le coût estimé du relèvement de la grille des salaires et des traitements de la fonction publique avant son vote, et son coût effectif ; à une augmentation importante du nombre de départs à la retraite en 2018 (encouragée par ce relèvement) ; mais aussi au recrutement abusif de plusieurs milliers de fonctionnaires supplémentaires en période préélectorale.



(Lire aussi : Quelques milliers de manifestants lancent un ultimatum à la classe politique, mais sans grande conviction)



Pas de réduction des salaires
Le chef du gouvernement a néanmoins tenté de se montrer rassurant envers les nombreux fonctionnaires qui étaient en grève hier dans plusieurs régions du pays et les quelque milliers d’entre eux qui ont manifesté devant le Parlement, au moment de la tenue de la session plénière, pour protester contre une éventuelle baisse de leurs salaires et de leurs allocations sociales. « Nous sommes clairement dans une situation difficile, mais je ne dis pas que nous toucherons à la grille des salaires (de la fonction publique). Nous veillerons à ne pas porter atteinte aux personnes à revenus limités, mais le seul moyen de préserver la grille sera de mettre en œuvre des mesures d’austérité », a-t-il insisté. « Il est inacceptable de constater que certains fonctionnaires perçoivent deux salaires, l’un pour leur pension de retraite et l’autre de l’administration publique », a fait mine de dénoncer le Premier ministre. Les salaires et les traitements de la fonction publique sont, avec le service de la dette, le principal poste (environ 39 %) de dépenses publiques.

Les responsables au pouvoir ont continuellement eu recours aux recrutements abusifs dans la fonction publique pour pérenniser un clientélisme politique. À ce sujet, le président du parti Kataëb (dans l’opposition depuis 2016), le député Samy Gemayel, a pris la parole au cours de la session pour rappeler que sa formation avait demandé un état des lieux de la fonction publique afin de mettre un terme aux emplois fictifs, et ce avant l’adoption de la nouvelle grille des salaires, « afin qu’on n’accorde pas de droits à ceux qui ne le méritent pas ».Saad Hariri a ensuite déclaré que « la piste de la réduction des salaires » n’est que rumeurs relayées dans la presse. Pourtant, son principal allié au gouvernement, le chef du Courant patriotique libre et ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, avait préconisé dans une annonce-surprise, samedi dernier, une baisse « temporaire » des salaires des fonctionnaires pour pouvoir remédier au déficit des finances publiques. « Si cette réduction n’a pas lieu, l’opinion publique doit être prévenue que plus aucun salaire ne pourra être versé », avait-il menacé. Les milieux politiques, associatifs et les corps professionnels ont aussitôt unanimement dénoncé une mesure « injuste et inadaptée ».

« Le projet de budget sur lequel nous travaillons ne contient pas de réduction de 15 % des salaires des fonctionnaires, contrairement à ce qui est dit. Rien n’a été tranché. Je ne suis pas en faveur d’une telle baisse, et la question ne s’est pas posée », a de son côté assuré le ministre des Finances Ali Hassan Khalil, lors d’un point de presse à l’issue de la séance. Interrogé sur les propos de M. Bassil, M. Khalil a estimé qu’il s’agissait « de son point de vue ». « Il l’a dit clairement, et nous respectons cela », a-t-il ajouté. Le ministre des AE est d’ailleurs finalement revenu sur ses propos en indiquant qu’ils « avaient été mal interprétés » et que « certains médias et responsables politiques les ont détournés ». M. Bassil a affirmé que les économies budgétaires devraient concerner cinq volets : « La taille de l’État, le service de la dette, l’évasion fiscale et douanière, l’électricité et les impôts que l’on peut prélever des personnes fortunées. » « Ce dossier demande de l’audace et de la transparence. Tout le monde parle de mesures difficiles, mais elles seront temporaires et ne concerneront pas les personnes à revenus limités », a-t-il souligné, avant d’insister sur l’importance de voter rapidement le budget pour l’exercice 2019.


(Pour mémoire : La tension sociale monte... avant même les mesures gouvernementales)


Un projet loin d’être finalisé
Le Premier ministre a en revanche laissé entendre que la finalisation du projet de budget pourrait prendre plus de temps que prévu, alors que le vote de celui-ci accuse déjà quatre mois de retard par rapport aux délais constitutionnels. « Nous nous sommes engagés à approuver un budget d’ici à un ou deux mois et nous faisons de notre mieux pour respecter ce délai », a assuré Saad Hariri. L’assainissement des finances publiques, à travers notamment une baisse de cinq points de pourcentage du ratio déficit public/PIB sur les cinq prochaines années à compter de 2019, est l’un des principaux engagements pris par Beyrouth durant la conférence de Paris (CEDRE) en avril 2018 en vue de pouvoir bénéficier d’une enveloppe de plus de onze milliards de dollars de prêts et de dons pour financer d’importants projets d’infrastructures. Afin d’éviter qu’une importante partie des crédits ne soient dépensée par le gouvernement avant le vote du budget, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah avait déposé une proposition de loi revêtant un caractère de double urgence prévoyant de réduire de 50 % certaines dépenses courantes jugées non prioritaires. Parmi les budgets visés, ceux accordés à titre d’aides publiques aux associations, les équipements, les voyages à l’étranger, les conférences organisées au Liban et à l’étranger, et les dépenses pour les célébrations de fêtes. Le texte n’a finalement pas obtenu l’aval des députés, ces derniers ayant estimé que de telles mesures doivent être incluses dans le budget et non votées séparément. Fin mars, le ministre des Finances Ali Hassan Khalil avait émis une circulaire demandant à ses services de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute nouvelle autorisation d’engagement de dépenses publiques, à l’exception des rémunérations des fonctionnaires et du paiement des indemnités de transport.


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Remy Martin

Tant que la corruption n'est pas éradiquée a commencer par le "très" haut, rien ne va changer et bien entendu, adieu CEDRE et autres générosités ...

Fan Phare Rond

Quand c'est flou c'est qu'il y a un loup .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ILS TERGIVERSENT COMME TOUJOURS. L,INDECISION EST LA MERE DE L,ECHEC. PRENEZ BVOS RESPONSABILITES A DEUX MAINS POUR UNE FOIS !

yves kerlidou

"Ce n'est pas quand on a fait dans son pantalon qu'il faut serrer les fesses" et heureusement que tous ces responsables politiques depuis tant d'années ne gèrent pas des entreprises! En fait non ce n'était pas possible elles auraient coulées depuis longtemps !

Irene Said

Encore du flou...du "pour bientôt"...l'habituel BLA BLA de notre...comment déjà...?
soi-disant "gouvernement"...?

Pour gagner du temps, pendant lequel les responsables peuvent continuer de se remplir les poches et prendre les mesures pour se protéger, tandis que le petit peuple se demande comment il va survivre...tout simplement !

Au fait, l'austérité, va-t-elle aussi concerner les salaires des 30 ministres, 128 députés, innombrables directeurs et autres "grands" responsables ?

Ou, comme en tout chez nous, on se rabat sur le petit citoyen, plus facilement à portée de main ?

Irène Saïd



Bustros Mitri

Le seul moyen de resserrer le budget est de combattre les ‘fuites ‘ du système...À moins que la corruption soit la part incompressible des dépenses !

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