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Liban

Éducation : Le gouvernement ignore l’échelonnement des effets de la grille des salaires

Éducation

Le Conseil des ministres signe le décret de nomination des commissions d’arbitrage.

22/05/2018

La dernière réunion du Conseil des ministres, qui s’est déroulée hier dans l’après-midi, a vu l’adoption de deux mesures concernant l’éducation. Mais elle a surtout vu l’échec du projet d’amendement de la loi 46, tel que porté par le ministre de l’Éducation, Marwan Hamadé, qui réclamait l’échelonnement sur trois ans des effets de la grille des salaires, appliquée aux salaires des enseignants du secteur privé. Ce projet, qui avait pour objectif de limiter les augmentations d’écolages tout en assurant leurs droits aux enseignants, n’a en fait jamais été discuté par le gouvernement. 


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Résoudre les litiges
Pour commencer par les mesures adoptées en Conseil des ministres, le gouvernement a d’abord signé le décret de nomination des commissions d’arbitrage qui décident des litiges entre les écoles privées et les parents d’élèves. Relevant du ministère de la Justice et présidées par un juge, ces commissions arbitrales réparties par caza regrouperont aussi des représentants du ministère de l’Éducation, des représentants des écoles et des comités de parents d’élèves. 

Signé par le chef de l’État Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri et les ministres de l’Éducation Marwan Hamadé et de la Justice Salim Jreissati notamment, ce décret devrait permettre de résoudre les nombreux litiges principalement financiers entre les institutions éducatives privées et les parents. Des litiges qui concernent à titre d’exemple les budgets des écoles, le non-paiement des scolarités, ou les certificats de scolarisation (que certaines écoles refusent de remettre à l’enfant dont les parents n’ont pas réglé la totalité des frais de scolarité), explique à L’Orient-Le Jour une source proche du dossier. Selon le représentant du syndicat des enseignants des écoles privées, Rodolphe Abboud, contacté par L’OLJ, « la nomination des commissions d’arbitrage n’a que trop tardé. Elle revêt une importance de taille, car elle permet de régler l’épineux dossier des budgets scolaires, en s’assurant que ces budgets sont adéquats ». Ce qui est une façon de faciliter la bonne application de la loi 46 sur l’échelle des salaires. « Il reste aujourd’hui à connaître les noms des membres de ces commissions, qui n’ont toujours pas été divulgués », fait-il remarquer.

L’autre décision du Conseil des ministres liée à l’éducation permet désormais de sauvegarder les droits des enseignants et employés qui ont passé avec succès l’examen de la fonction publique. Le ministre Marwan Hamadé a estimé qu’un « accord avait été trouvé en Conseil des ministres pour garantir la validité à long terme de leur réussite aux examens, et non seulement pour les deux prochaines années », comme l’a rapporté l’Agence nationale d’information.


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Refus de trancher
Immanquablement, sur le plan de l’éducation, ce dernier Conseil des ministres se sera distingué par « son manque de décision », par « son refus de trancher » dans la crise aiguë qui mine l’école privée et qui oppose, depuis des mois, directions d’établissements scolaires, enseignants et parents d’élèves. Et ce suite à l’adoption en août 2017 de la loi 46 sur l’échelle des salaires dont bénéficient aussi bien les fonctionnaires que les enseignants du public et du privé, et qui accorde aux enseignants d’importantes augmentations de salaire et six échelons. « Il n’y a absolument rien eu », regrette une source ministérielle. « Nous avions pourtant vécu dans cet espoir. Mais nous nous sentons tous floués », poursuit-elle, évoquant « les promesses vaines aux ministres mais aussi aux parents d’élèves » jusqu’au « gros mensonge », car il s’agit de « ne fâcher personne ». 

Même déception de la part du ministre Hamadé, qui déplore que son projet d’échelonnement des effets de la grille des salaires n’ait « jamais été mis à l’ordre du jour du Conseil des ministres au cours des six derniers mois ». « La crise de l’école privée aurait pourtant eu son cadre légal dans l’échelonnement, insiste-t-il. C’était la seule solution logique qui garantisse à la fois le droit des enseignants, celui des parents d’élèves et qui assure la sauvegarde des institutions privées. » M. Hamadé persiste et signe. « La seule solution reste l’échelonnement », martèle-t-il à L’OLJ, dénonçant par le fait même « les fausses promesses de subvention » de l’échelle des salaires. « Or l’État n’a pas les moyens de tenir ces promesses », affirme-t-il.

Une déception que ne partagent pas les enseignants, qui ont fait part à plusieurs reprises de leur refus catégorique de l’échelonnement des effets de la grille des salaires. Bien au contraire. Leur soulagement est aujourd’hui palpable. Ils revendiquent même une victoire, à savoir le fonctionnement de la caisse des retraites sur base des nouveaux barèmes, les six échelons étant en suspens pour l’instant. Mais avec 10 % d’établissements seulement qui appliquent la loi 46 dans son intégralité, la crise de l’école privée semble partie pour durer.




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