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Liban

La tension sociale monte... avant même les mesures gouvernementales

Crise

Plusieurs syndicats se rassemblent aujourd’hui pour protester contre d’éventuelles réductions de salaires et/ou la perte des acquis des fonctionnaires.

17/04/2019

C’est aujourd’hui que sera testée l’ampleur de la contestation sociale et son poids face aux décisions impopulaires que le gouvernement s’apprête à entériner pour réduire le déficit budgétaire.

Si, pour l’heure, aucune mesure n’a été convenue de « manière définitive », comme l’affirment plusieurs sources politiques informées, les options étant multiples et ouvertes aux discussions permanentes que mène le Premier ministre, avec le ministre des Finances, en concertation avec les différents blocs politiques, il n’en reste pas moins que les « fuites » sur certaines mesures pénibles qui pourraient être envisagées ont suscité le courroux dans les milieux syndicaux et autres.

En réaction notamment à l’annonce faite le week-end dernier par le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, qui avait évoqué des réductions des salaires des fonctionnaires, plusieurs syndicats ont appelé aujourd’hui à un sit-in qui sera relayé, dans les régions, par un mouvement de solidarité initié par les municipalités.

Qu’ils soient justifiés ou pas, pris unilatéralement ou en coordination avec les autres blocs politiques, les propos de M. Bassil auront eu l’effet d’un coup de tonnerre auprès des fonctionnaires et des anciens officiers qui ont eu vent d’une décision pouvant également affecter leur retraite et certaines des subventions dont ils bénéficiaient.

Après le coup de gueule exprimé hier par un groupe d’anciens militaires, qui ont coupé plusieurs axes routiers pour protester contre toute atteinte à leurs acquis, ce sera au tour des enseignants du public et du privé et de la mutuelle des fonctionnaires de décréter une journée de grève qui sera ponctuée par un rassemblement prévu aujourd’hui à 11h à la place Riad el-Solh. Ils seront notamment rejoints par la Confédération générale des travailleurs (CGTL), les syndicats des offices autonomes, les employés des hôpitaux gouvernementaux, les professeurs de l’Université libanaise et les employés du port de Tripoli qui observeront également une grève dans la capitale du Nord.

Dans les différents milieux politiques, où l’on continue de répéter à l’envi qu’il va bien falloir faire preuve de réalisme face à la crise, sans pour autant livrer le moindre détail sur la nature des décisions douloureuses à prendre, aucun commentaire n’a été formulé sur le mouvement de contestation auquel ont appelé les mouvements syndicaux. Comme si l’idée tacitement convenue était de laisser faire, pour permettre l’évacuation de la colère, à un moment où la confusion la plus totale continue de régner sur les véritables intentions en matière de coupes budgétaires.

Hier, la surprise est venue des propos exprimés par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et rapportés par Georges Adwan, député FL, à l’issue de la réunion de la commission de l’Administration et de la Justice. M. Khalil aurait clairement indiqué que les rumeurs sur une réduction de 15 % des salaires des fonctionnaires « étaient infondées ». Il a également précisé que plusieurs options sont actuellement examinées, « mais pas dans le même contexte qui avait été présenté », allusion faite aux propos de M. Bassil à ce sujet. Selon des informations obtenues par la LBCI, M. Khalil s’est même dit surpris de voir « tout ce remue-ménage et ces manifestations alors que nous n’avons même pas encore annoncé les mesures destinées à réduire le budget ». Une information que confirme également une source proche du courant du Futur, soulignant « que rien n’a encore été décidé, l’éventail de solutions étant assez large ».


(Lire aussi : « Qu’ils arrêtent de voler et tout ira bien »)


Prudence

C’est avec prudence d’ailleurs que le président de la CGTL, Béchara Asmar, a annoncé hier à L’OLJ la participation de la centrale syndicale au mouvement de contestation, une initiative qui doit servir, selon lui, d’« avertissement en amont », mais qui pourrait toutefois mener à l’escalade et à des grèves générales, « une fois que la mesure des coupes dans les salaires des fonctionnaires aura été confirmée. Ce n’est pas encore le cas », a-t-il dit.Entre-temps, c’est une valse d’informations contradictoires et un flou artistique qui entourent les discussions autour des mesures envisagées, plusieurs formations politiques ayant dénoncé, dans les termes les plus vagues, des coupes budgétaires qui seraient pénibles pour les classes populaires et moyennes.

Après les propos distillés dans les milieux du président de la Chambre, Nabih Berry, où l’on assure que ce dernier « conteste toute mesure touchant aux acquis des fonctionnaires », suivis des déclarations, lundi, de Hadi Aboul Hosn, député joumblattiste qui a estimé « inacceptable » toute atteinte aux salaires des fonctionnaires et à leurs droits acquis, ce dernier est revenu hier à la charge pour nuancer ses propos. « Il faut revoir le barème des salaires dans la fonction publique, mais sans toucher aux droits acquis, dont celui de l’équité entre les fonctionnaires de même rang », a-t-il déclaré à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc joumblattiste, affirmant cependant que le PSP « est aux côtés des classes populaires ».

Dans ce qui est apparu être une tentative d’atténuer l’impact des propos de M. Bassil, le secrétaire général du bloc du « Liban fort », Ibrahim Kanaan, a affirmé que les réformes budgétaires sont incontournables, ajoutant toutefois qu’elles « ne sont pas dirigées contre les citoyens. Nous préserverons les droits et nous réduirons le gaspillage de l’argent public et les déficits », a-t-il dit à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc.


(Lire aussi : La réduction des salaires des fonctionnaires annoncée par Bassil provoque un séisme)


Tout en insistant sur le principe des réformes prévues notamment dans le cadre de l’élaboration du budget, le bloc du Futur a pour sa part dénoncé toute surenchère politique autour de cette question.

« Les orientations concernant la mise en place de mesures audacieuses passent par un vaste éventail de garanties et de couvertures politiques qui constituent la base protégeant le budget et les réformes prévues des surenchères médiatiques et populistes », devait préciser le communiqué publié à l’issue de la réunion du bloc.

Un commentaire qui vise « tous ceux, parmi les politiques, qui essayent de se faire passer pour des héros et des experts en matière d’austérité budgétaire », note une source proche du Futur qui assure toutefois à L’OLJ qu’il n’y aura « ni réduction de salaire des fonctionnaires ni usurpation des droits acquis ». « Les coupes budgétaires sont actuellement examinées de manière rationnelle et scientifique et en concertation avec l’ensemble des blocs politiques, et n’affecteront pas les classes défavorisées », assure la source.


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LA VERITE

ET SI ON REPRENAIT LE CONTROLE DU PORT ET DE L'AEROPORT , LE MILLIARD ET PLUS DE RENTREES ANNUEL DES DROITS DOUANIERS IRAIT AU GOUVERNEMENT AU LIEU D ALLER DANS LA POCHE DE VOUS SAVEZ QUI
SI ENFIN ON METTAIT QUELQUES POLITICIENS EVIDEMENT CORROMPUS EN PRISON CELA DONNERA A REFLECHIR AUX AUTRES ET FERA UN BUDGET AISEMENT ATTEINT SANS TOUCHER AU PEUPLE

SI LES PRIX DANS LES ADJUDICATIONS GAGNEES ETAIENT REDUIT DE 20% , LE SORT ECONOMIQUE DU PAYS SERAIT REGLE

ON PEUT REVER POURQUOI TOUCHER A SA POCHE SI ON PEUT PRENDRE L'ARGENT D'UNE POPULACE ASSEZ IDIOTE POUR REELIRE LES MEMES PUIS SE PLAINDRE QU'ILS NE FONT RIEN ET SONT CORROMPUS

AU FAIT POURQUOI UN ANCIEN DEPUTE CONTINUE A TOUCHER LUI ET SES DECENDANTS UN SALAIRE ALORS QUE ETRE DEPUTE C'EST UNE MISSION PERSONNELLE ET FIXEE DANS LE TEMPS
VOILA UNE GRANDE ECONOMIE D'ANNULER IMMEDIATEMENT CE CONTRE SENS
MAIS VOILA LES DEPUTES VOTERONT ILS UNE LOI QUI LEUR ENLEVE A EUX ET A LEURS DECENDANTS UNE RENTREE A VIE?
RAPPELEZ VOUS CHARITE BIEN ORDONNEE COMMENCE PAR SOI MEME

Cadige William

Le Rouge devient tres a la mode ces derniers temps...

Sarkis Serge Tateossian

Hélas les mesures d'austérité sont obligatoires pour sortir de la crise et plus ces mesures seront reportées plus les conséquences seront douloureuses.

Les hauts fonctionnaires et tous les privilégiés de la fonction publique (l'état en premier) ou les riches dans le secteur privé doivent penser au plus fragiles (la moitié de la société libanaise) qui n'ont plus rien à manger.
Cette tranche de la société doit être épargnée à tout prix.

Un problème va se poser : les plus nuisibles à travers des grèves ce sont les privilégiés capables de se faire entendre...

Malheur aux pauvres et aux démunis.

Irene Said

Trente ministres...trente...!
Pour un petit pays d'un peu plus de 4 millions d'habitants !

Trente salaires + tous les avantages qui en découlent...pour des ministres qui ne font pas grand chose...à part des réunions inutiles le plus souvent...

Mais on veut s'attaquer au plus vulnérables parmi le peuple pour faire...des économies ???
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MALHEUREUSEMENT IL N,Y A PAS D,AUTRE VOIE QUE CELLE DE LA REDUCTION DES SALAIRES ET DES RETRAITES ET DE
L,AUGMENTATION DU PRIX DU KWH ET LA REDUCTION DU NOMBRE D,EMPLOYES DANS LE SECTEUR PUBLIC ET UNE PANOPLIE D,AUGMENTATION DE PRIX DE DIVERS OBJETS DE CONSOMMATION ET DE LA TVA ETC... CES MESURES SONT AMERES MAIS NECESSAIRES POUR LA REDUCTION DE LA DETTE IMMENSE DU PAYS. MAIS COMMENCEZ PAR LES ABRUTIS.
FALLAIT PAS ELIRE LES MEMES ABRUTIS CORROMPUS, IGNORANTS, INCOMPETENTS ET M,ENFOUTISTES SURTOUT APRES LA FIN DE LA GUERRE CIVILE. LE PEUPLE PARTAGE LA RESPONSABILITE !

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