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Liban

Chehayeb : Le régime Assad ne veut pas faciliter le retour des Syriens

Bruxelles III

Gharib n’ira pas à la conférence, la polémique pourrait gagner à nouveau le Conseil des ministres.

OLJ
14/03/2019

Le ministre de l’Éducation, Akram Chehayeb, a affirmé hier à Bruxelles, où il participe à la conférence de « Soutien à l’avenir de la Syrie et de la région » (Bruxelles III), que le régime du président Bachar el-Assad ne veut pas faciliter le retour des réfugiés syriens chez eux, alors que plus d’un million d’entre eux vivent au Liban depuis 2011.

Notre envoyée spéciale à Bruxelles, Anne Ilcinkas, rapporte que dans un discours prononcé hier durant la réunion préparatoire de la conférence, qui s’est ouverte mardi et se terminera demain, M. Chehayeb a déclaré qu’« il n’y a pas de réelle volonté du régime syrien en vue de faciliter le retour des réfugiés ». Le ministre de l’Éducation a réaffirmé que le Liban « refuse la réinstallation des réfugiés » sur son territoire. Il a réaffirmé qu’il était en faveur d’un « retour sûr et volontaire des réfugiés en Syrie », une fois que toutes les conditions nécessaires à ce retour seront réunies, reconnaissant toutefois qu’un tel retour est devenu « presque impossible ». Déplorant les difficultés que son ministère connaît en raison de la scolarisation des jeunes réfugiés syriens dans les établissements publics libanais, Akram Chehayeb a souligné qu’en 2016 le Liban avait eu besoin de 350 millions de dollars et n’a obtenu que 206 millions. « Le Liban ne sera pas capable d’aller de l’avant. Nous devons obtenir les ressources financières nécessaires », a plaidé le ministre.

M. Chehayeb s’est en outre entretenu avec le commissaire à la Politique européenne de voisinage, Johannes Hahn, en présence notamment de l’ambassadrice de l’UE au Liban, Christina Lassen. Les discussions ont porté sur le programme du ministère de l’Éducation consacré à l’enseignement de tous les enfants, libanais et réfugiés, qui se trouvent au Liban, ainsi que sur les besoins financiers et logistiques qu’un tel programme génère.

Affirmant à cette occasion « l’engagement du Liban à assurer l’enseignement pour tous », M. Chehayeb a souligné en contrepartie « la nécessité d’appuyer les communautés hôtes ». Il a appelé à cette occasion les pays donateurs à « soutenir à long terme les besoins et combler les failles financières pour que le Liban puisse respecter ses engagements ».

Pour sa part, le ministre d’État pour les Affaires sociales Richard Kouyoumjian qui avec M. Chehayeb sont les seuls à faire partie de la délégation ministérielle accompagnant le Premier ministre Saad Hariri à la conférence, s’est réuni avec des membres d’associations et d’organisations libanaises et internationales. Il a également participé à une séance de dialogue sur le retour des réfugiés syriens, organisée par la Banque mondiale, à laquelle ont pris part des responsables de la BM et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). M. Kouyoumjian s’est entretenu par ailleurs avec des membres de la délégation américaine. Au cours de ses discussions, il a demandé à la communauté internationale de « faciliter le retour des réfugiés syriens et continuer à les aider en Syrie et au Liban », et de « faire pression sur le régime syrien pour qu’il leur assure une protection ».


(Lire aussi : Réfugiés syriens : À Bruxelles, les ONG donnent de la voix pour « que les calculs politiques ne prennent pas le dessus »)


Retour sûr

Aujourd’hui, le chef du gouvernement Saad Hariri devrait prononcer un discours pour exprimer la position du Liban sur la question des réfugiés. Il devrait en outre s’entretenir avec les représentants des pays participants, en vue de les pousser à soutenir les communautés hôtes d’une part et accélérer le processus d’un retour « sûr » des réfugiés d’autre part.

Quant au ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, il a décidé qu’il n’ira pas à Bruxelles, selon une source proche. Contactée par L’Orient-Le Jour, cette source a estimé que la polémique engagée en raison du fait qu’il n’a été convié ni par l’Union européenne, organisatrice de l’événement, ni par M. Hariri devrait se résorber. L’UE avait déclaré que « c’est au gouvernement de décider des membres de la délégation qui assisteront à la conférence », mais dès mardi, Saad Hariri a affirmé depuis le palais de Baabda que « c’est le Premier ministre qui représente le Liban », en réponse aux protestations exprimées par M. Gharib en raison de sa mise à l’écart de l’événement.

Le président du Parti démocrate libanais, Talal Arslane, a critiqué hier M. Hariri, souhaitant qu’il « joigne l’acte à la parole en représentant l’ensemble du Liban et non un seul camp politique ». Sur Twitter, il s’est adressé au chef du gouvernement en ces termes : « Vous voulez représenter le pays dans la forme, sans vous soucier du fond, et c’est là que se trouve le grand désastre. Nous ne nous fâchons pas de vous, mais nous sommes tristes pour vous, d’autant que vous n’utilisez pas vos capacités pour éviter au Liban des crises qu’il n’est plus en mesure de supporter. »

Pourtant, selon les informations de l’agence al-Markaziya, le climat demeure tendu entre Saad Hariri et Talal Arslane. Cette tension pourrait atteindre à nouveau la table du Conseil des ministres lors de sa prochaine séance, sachant que la divergence de points de vue sur les relations avec la Syrie et l’approche du retour des réfugiés sont sources de perpétuels conflits.


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ACQUIS À QUI

C'est faux !

Il le veut mais à SES conditions .

Et c'est normal quand on subit une aussi lâche agression des occidentaux alliés à des WAHABITES externes et locaux .

Chat ÉCHAUDÉ...

Le Faucon Pèlerin

"C'est le Premier ministre qui représente le gouvernement. C'est au gouvernement de décider des membres de la délégation qui assisteront à la conférence"...
Le gouvernement n'est pas une association de "dekkanjiyés" qui décide chacun ce qu'il mettra dans son "dekkan"*.
Le gouvernement n'est pas non plus un Office de tourisme pour les amateurs de voyages vers Damas, Téhéran, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou l'Amérique du Sud. Arrêtons le gâchis.
* Echoppe.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES FAITS SONT TRES LOIN DES PAROLES ET DES PROMESSES ... QUAND IL Y EN A !

c...

Question à 250 Piastres .. Dans le cas contraire, le régime Syrien se serait il embarrassé de telles considérations, si les Libanais s étaient réfugiés en Syrie ...

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