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Réfugiés

Grandi : Nous œuvrons en Syrie à créer les conditions d’un retour des réfugiés

Lors d’une conférence de presse à Beyrouth, le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a répété que le HCR « n’entravait pas le retour des réfugiés », mais que ce retour ne pouvait se faire que d’une manière « sûre, digne et volontaire », et qu’ils ne pouvaient pas « être poussés » à rentrer dans leur pays.


Filippo Grandi est allé à la rencontre des enfants réfugiés syriens dans un camp de Mohammara, dans le Akkar. Photo HCR

Le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a déclaré samedi que son organisation œuvrait à « créer, en Syrie, les conditions d’un retour des réfugiés », notamment en tentant de lever les obstacles légaux et administratifs entravant un tel retour, en coopération avec les autorités syriennes mais également russes sur place.

Lors d’une conférence de presse à Beyrouth, au terme d’une visite en Syrie et au Liban, M. Grandi a répété que le HCR « n’entravait pas le retour des réfugiés », mais que ce retour ne pouvait se faire que d’une manière « sûre, digne et volontaire », et qu’ils ne pouvaient pas « être poussés » à rentrer dans leur pays. Il a indiqué que les responsables libanais comprenaient sa position et lui avaient assuré que personne « ne serait forcé » à rentrer en Syrie. Le Liban accueille plus d’un million de réfugiés syriens.

Le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés a rencontré au cours de sa visite de deux jours au Liban le président Michel Aoun, le chef de la diplomatie Gebran Bassil, le président de la Chambre Nabih Berry, la ministre de l’Intérieur Raya el-Hassan, le ministre d’État aux Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, celui des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian, et le général Abbas Ibrahim, directeur général de la Sûreté générale.

M. Grandi s’est également rendu samedi dans des camps de réfugiés informels du Liban-Nord.

Le haut-commissaire de l’ONU a souligné avoir eu « des discussions très constructives » avec les responsables libanais et les avoir assurés de l’engagement du HCR à « continuer à soutenir au Liban les réfugiés et les communautés hôtes ». « Le Liban est impatient de voir une solution (…). Il y a une claire compréhension (de leur part) que nous devons travailler sur le terrain en Syrie pour faciliter le retour des réfugiés » et « assurer les conditions d’un retour », a-t-il dit.
Le chef du HCR a indiqué qu’il n’avait pas pu rencontrer à Beyrouth le Premier ministre Saad Hariri, ce dernier étant en voyage, et qu’il le verrait à la conférence de Bruxelles de « Soutien à l’avenir de la Syrie et de la région », organisée par l’Union européenne du 12 au 15 mars.

Interrogé sur le point de savoir s’il avait décelé un changement dans l’attitude du Liban concernant le dossier des réfugiés syriens avec l’arrivée à la tête du ministère des Réfugiés du ministre Gharib, proche du régime syrien, M. Grandi a répondu qu’il ne commentait pas les questions de politique intérieure libanaise.M. Gharib, comme le président Aoun et le ministre Bassil, appelle à organiser le retour de ces réfugiés vers la Syrie, estimant que le pays quasi entièrement reconquis par les forces du régime est désormais « sûr ». D’autres responsables calquent leur point de vue sur celui de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit avant d’assurer ce retour.


(Lire aussi : Le dossier des déplacés syriens : Aoun mène la bataille du retour, le décryptage de Scarlett Haddad)


« Message fort au gouvernement syrien »
En Syrie, où il s’est rendu en début de semaine, M. Grandi a indiqué avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, et d’autres responsables et s’être rendu dans les governorats de Homs et Hama. Il a indiqué avoir constaté « un large mouvement de retour », notamment de la part de Syriens déplacés à l’intérieur de leur pays, mais aussi de Syriens réfugiés au Liban et en Turquie, et en avoir rencontré plusieurs.

Le haut-commissaire de l’ONU a souligné que les principaux problèmes des personnes ayant fait le choix de rentrer en Syrie étaient « les maisons et le travail, car l’économie est à genoux. Mais il y a aussi d’importants défis relatifs à la sécurité et aux questions légales et administratives, comme les papiers », a-t-il expliqué. « Ce sont ces défis et ces obstacles qui empêchent les gens de rentrer », a-t-il souligné. « Nous travaillons dans tous ces domaines, et des progrès ont été effectués sur le plan légal et administratif », notamment avec l’aide des Russes présents en Syrie, a ajouté M. Grandi. « Les Russes aident beaucoup pour ce qui est des questions légales, comme l’amnistie... » Il a relevé que les autorités syriennes avaient décidé d’accorder une période de grâce de six mois aux personnes rentrant en Syrie avant leur conscription militaire.


(Lire aussi : Réfugiés syriens : Gharib mécontent de ne pas avoir été convié à la conférence de Bruxelles)


M. Grandi a aussi souligné qu’il était « très important que le HCR et d’autres organisations puissent avoir accès aux régions où les réfugiés vont rentrer » et puissent pouvoir s’entretenir avec ces personnes. Il est essentiel qu’elles « puissent observer les retours, qu’elles puissent avoir accès aux rapatriés et les aider à résoudre certains problèmes auxquels ils sont confrontés », a ajouté le chef du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). « C’est le message très fort que j’ai transmis au gouvernement syrien », a poursuivi le responsable onusien. Il a ainsi indiqué ne pas avoir eu accès à la région du Rif de Damas (les environs de la capitale syrienne) sous contrôle du régime syrien, au cours de sa visite.

En réponse à une question, M. Grandi a indiqué avoir eu du gouvernement syrien la confirmation que les retours continueraient à se passer sur la base de listes nominatives agréées par le régime de Damas. Il a indiqué que le seul chiffre disponible au sujet des retours « volontaires » depuis le Liban était celui de 165 000, fourni par la Sûreté générale qui coordonne les retours avec les autorités syriennes.

Interrogé par ailleurs au sujet des enfants, apatrides, de jihadistes qui fuient le dernier réduit du groupe État islamique dans le nord de la Syrie, il a indiqué que leurs gouvernements respectifs devaient régler ce problème.


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Le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a déclaré samedi que son organisation œuvrait à « créer, en Syrie, les conditions d’un retour des réfugiés », notamment en tentant de lever les obstacles légaux et administratifs entravant un tel retour, en coopération avec les autorités syriennes mais également russes sur place.

Lors d’une...

commentaires (4)

Chapeau à l'équipe des libanais au pouvoir , avec à leur tête le PHARE AOUN COMMANDANTE KHENERAL avec ses alliés qui poussent à la charrue , pour que les décisions qui seront prises , par la force de NOTRE EXIGENCE LIBANAISE , TANT DE FOIS APPELÉE DE NOS VOEUX, puissent triompher, sans aucune hypocrisie permise . Pour ceux qui se contenteront de cacahouètes, on les traitera comme on traite un animal de cirque . Proverbe indien du Penjab haut(e) en couleur .

FRIK-A-FRAK

14 h 35, le 11 mars 2019

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Commentaires (4)

  • Chapeau à l'équipe des libanais au pouvoir , avec à leur tête le PHARE AOUN COMMANDANTE KHENERAL avec ses alliés qui poussent à la charrue , pour que les décisions qui seront prises , par la force de NOTRE EXIGENCE LIBANAISE , TANT DE FOIS APPELÉE DE NOS VOEUX, puissent triompher, sans aucune hypocrisie permise . Pour ceux qui se contenteront de cacahouètes, on les traitera comme on traite un animal de cirque . Proverbe indien du Penjab haut(e) en couleur .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 35, le 11 mars 2019

  • Faut pas oublier les très grosses et nombreuses vessies libanaises ! Irène Saïd

    Irene Said

    13 h 32, le 11 mars 2019

  • Il suffit de peu pour exalter les crédul(e)s , et leur faire prendre des vessies pour des lanternes thaïlandaises. Proverbe de la Cochinchine à l'adresse de certain(e)s à comprendre au-delà des apparences de loup qui se drappent de la peau de l'agneau. Encore un autre proverbe zoulou du Kwazoulou land .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 18, le 11 mars 2019

  • Chapeau à Filippo Grandi pour son courage et son engagement personnel et généreux, en tant que haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés ! Et on se demande alors...combien de fois avons-nous vu le soi-disant ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdelkarim Ali visiter ses concitoyens dans les camps, ces "réfugiés" ayant fui leur/son pays héroïquement dirigé depuis 2011 ? Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 36, le 11 mars 2019