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Liban

La société civile prépare sa copie pour Bruxelles III

Réfugiés syriens

Une réunion de préparation à la conférence de « Soutien à l’avenir de la Syrie et de la région » s’est déroulée hier à l’Institut Issam Farès.

09/03/2019

C’est en rangs dispersés, comme à son habitude, que le Liban se prépare à participer à la conférence de Bruxelles III de « Soutien à l’avenir de la Syrie et de la région », organisée par l’Union européenne du 12 au 15 mars. D’une part, un État divisé qui peine à élaborer une stratégie claire sur les besoins du pays face à la présence sur son sol d’un million et demi de réfugiés ayant fui le conflit syrien depuis 2011. Un État officiellement représenté par le chef du gouvernement Saad Hariri, le ministre de l’Éducation Akram Chehayeb et le ministre d’État pour les Affaires sociales Richard Kouyoumjian, compte tenu que le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib n’a pas été invité. Du moins pas encore.

D’autre part, une société civile qui reconnaît « des progrès limités dans la réponse aux besoins des réfugiés syriens du Liban ». Mais ne manque pas de dénoncer leur pauvreté extrême (70 % des réfugiés vivent sous le seuil de l’extrême pauvreté) et invite les donateurs « à améliorer durablement la réponse, autrement dit le financement, afin de répondre à leurs besoins élémentaires », sans oublier ceux des communautés hôtes et des réfugiés palestiniens.

C’est ce qui ressort d’une rencontre préparatoire à la conférence de Bruxelles III, organisée hier par l’Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales (IFI) de l’Université américaine de Beyrouth, en partenariat avec le réseau de chercheurs Lebanon Policy Research Network on Displacement. Une rencontre animée par le directeur de l’IFI, Nasser Yassine, qui a vu la participation de représentants d’associations locales et internationales. Parmi lesquels George Ghali de l’association Alef-Act for Human Rights, Joëlle Bassoul de l’association Save the Children, Georges Antoun, Dima Wehbé et Bachir Ayoub, du Forum humanitaire des ONG internationales au Liban (LHIF). Également parmi les participants, outre nombre de journalistes, l’expert en matière de politiques publiques et de réfugiés, Ziad el-Sayegh, qui est brièvement intervenu par téléphone depuis l’étranger.


(Lire aussi : Liban et migration : état des lieux et idées de solution)


Le Liban officiel et le discours politique

Que présentera le Liban officiel la semaine prochaine à Bruxelles III ?

« Nul ne le sait pour l’instant », notent certains participants. Mais les réunions préliminaire menées entre la société civile et les instances officielles portent à croire que le pays du Cèdre « pourrait bien s’en tenir à la feuille de route présentée l’année dernière à Bruxelles, étayée d’un discours du Premier ministre Saad Hariri ». Un discours qui porterait sur « une demande de financement destinée non seulement aux réfugiés syriens du Liban, mais aussi aux communauté hôtes », et évoquerait par la même occasion « le volet sécuritaire de la présence des réfugiés au Liban ».

« Le problème, constate George Ghali, c’est que le Liban officiel s’est toujours borné à tenir un discours politique lors de réunions techniques telles que Bruxelles et Londres. » Un discours « qui révèle les profondes divisions au sein de la classe politique libanaise ». « Or, de telles réunions ne sont en rien des plateformes politiques », martèle le militant des droits de l’homme, insistant sur la nécessité pour les représentants libanais « de mettre en place une stratégie officielle expliquant comment le Liban envisage le traitement de la crise des réfugiés ».



(Lire aussi : Corruption, réfugiés et réformes économiques : le programme des 100 jours des ministres aounistes)



Les six points de la société civile

La société civile, représentée par les experts et regroupements d’ONG locales et internationales, prépare pour sa part sa copie de manière détaillée. « Elle devrait évoquer les six points à améliorer », révèlent les participants. D’abord, « la protection des réfugiés syriens » et la nécessité de demander des comptes aux autorités locales dans ce sens. Puis « la scolarisation des petits réfugiés », compte tenu que sur les 666 491 enfants non libanais en âge d’aller à l’école, près de la moitié ne sont pas scolarisés en cette année 2019. Également au cœur des revendications de la société civile, « les moyens de subsistance des réfugiés syriens et le développement économique ». Les pays donateurs sont invités, dans ce cadre, à développer des fonds et à promouvoir la création d’emplois, au bénéfice aussi bien des réfugiés syriens que des travailleurs libanais. Sur le plan de la santé, et malgré les efforts réalisés par le Liban pour assurer l’accès aux soins d’urgence aux populations les plus vulnérables, les conditions déplorables de logement notamment mettent en danger ces populations, libanaises ou syriennes, alors que les personnes handicapées n’ont pas accès aux services spécialisés. D’où la nécessité d’assurer « davantage de fonds pour permettre à ces personnes de bénéficier d’une couverture médicale et d’initiatives préventives ». Et pour que la réponse aux besoins des réfugiés et des communautés hôtes soit efficace, « les financements des donateurs doivent être non seulement conséquents et réguliers », mais la répartition des fonds doit se faire de « manière transparente », en bonne « coordination » avec toutes les parties, y compris les autorités libanaises…

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