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À La Une - Liban

Comptes publics : l'enquête judiciaire est lancée

Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah appelle à ne pas "politiser le dossier", alors que l'ancien ministre Fouad Siniora doit tenir une conférence de presse vendredi pour exposer son point de vue.

Le député Hassan Fadlallah, membre du Hezbollah. Photo ANI

Le député libanais Hassan Fadlallah (Hezbollah) a remis jeudi au procureur général financier, Ali Ibrahim, les documents liés au dossier des comptes publics afin qu’il ouvre une enquête sur des milliards de livres libanaises qui auraient disparu, selon lui, notamment durant la période 1993-2012.

"L'enquête après la note d'information du député Hassan Fadlallah au sujet des comptes publics suit son chemin, et elle débutera avec l'audition d'une fonctionnaire au sein du ministère des Finances qui a été convoquée", a fait savoir le juge Ibrahim à la chaîne LBCI.

"Nous réclamons toute la vérité et la protection de l'argent public", a de son côté déclaré le député chiite à sa sortie du palais de Justice à Beyrouth. Il a affirmé que "c'est le ministre actuel des Finances (Ali Hassan Khalil) qui a demandé de faire le suivi des comptes publics depuis 2010". Il a également expliqué que le dossier complet est entre les mains de M. Khalil qui va le transmettre au gouvernement et au Parlement.

"Nous n'accusons et ne nommons personne. Que ceux qui veulent s'innocenter aillent en justice", a ajouté Hassan Fadlallah. "Tenons le dossier des comptes publics à l'écart de toute politisation et que les responsables politiques laissent la justice tranquille", a-t-il conclu.

L'ancien Premier ministre, Fouad Siniora (2005-2009), membre du Courant du Futur du Premier ministre Saad Hariri, qui s'estime visé par ces accusations, doit tenir une conférence de presse demain, vendredi, pour exposer son point de vue.

M. Siniora, qui a également été ministre des Finances entre 2002 et 2004, avait adressé en novembre dernier une lettre ouverte au président Michel Aoun, dans laquelle il s’était défendu de tout détournement de fonds publics, en mentionnant clairement l’affaire dite des "onze milliards" de dollars. Le député Ibrahim Kanaan, membre du Courant patriotique libre (CPL) fondé par le président Aoun, accuse Fouad Siniora d’avoir manipulé les comptes et détourné des fonds publics, à hauteur de onze milliards de dollars. Pour M. Siniora, ces fameux onze milliards de dollars "dépensés sur quatre ans sont dus au fait que le Trésor avait assumé le coût des transferts à Électricité du Liban, le coût des variations des taux d’intérêt sur la dette publique, des ajustements du coût de la grille des salaires et des traitements de la fonction publique, du coût engendré par la hausse des prix ainsi que des dépenses différées de budgets précédents, sans parler des dépenses engendrées par les travaux de reconstruction après la guerre de 2006" contre Israël.


(Lire aussi : Lutte du Hezbollah contre la corruption : derrière l'attaque contre Siniora, Hariri père et fils en cibles privilégiées)


Le ministère des Finances a finalisé la reconstitution de tous les comptes de l’État depuis 1993. Ils doivent maintenant faire l’objet d’un rapport de la Cour des comptes qui sera transmis au Parlement. Conformément à la Constitution, le gouvernement devra parallèlement soumettre les bilans des comptes publics sous forme de projets de loi au Parlement, avec le projet de budget pour l’exercice 2019.

Lundi, Hassan Fadlallah avait affirmé que "des milliards (de livres libanaises) ont disparu des comptes de l'Etat et personne ne sait où et comment ils ont été dépensés", appelant à mieux organiser les finances publiques afin que les "hauts responsables politiques rendent des comptes". "Si ces dossiers suivent leur bon cours, de hauts responsables politiques vont devoir rendre des comptes", avait prévenu le député du Liban-Sud.

Lors de son intervention au Parlement, il y a deux semaines, Hassan Fadlallah avait également dénoncé la corruption et les dépenses de certaines institutions nationales, appelant à combattre la corruption dans les plus hautes sphères. Dans une volonté manifeste de prouver la sérieuse détermination du Hezbollah à s’engager activement dans ce combat, M. Fadlallah avait présenté quelques chiffres à même d’illustrer la gravité de ce fléau. Il avait ainsi affirmé que cinq mille fonctionnaires ont été embauchés avant les législatives, à l’heure où 500 personnes qui ont réussi le concours du Conseil de la fonction publique n’ont pas encore été recrutées. Sur la question des Télécoms, il avait indiqué que "les sociétés chargées de ce secteur dépensent 250 millions de dollars par an, sans aucun contrôle". Le député avait dans ce contexte lancé: "Si certains documents étaient dévoilés, de hauts responsables finiraient en prison".


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Le député libanais Hassan Fadlallah (Hezbollah) a remis jeudi au procureur général financier, Ali Ibrahim, les documents liés au dossier des comptes publics afin qu’il ouvre une enquête sur des milliards de livres libanaises qui auraient disparu, selon lui, notamment durant la période 1993-2012."L'enquête après la note d'information du député Hassan Fadlallah au sujet des comptes...
commentaires (3)

Dupliquer , et concurrencer illégalement les institutions génératrices de revenus de l' etat, est-il considéré comme une source d' enrichissement illicite...?

LeRougeEtLeNoir

20 h 05, le 28 février 2019

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Commentaires (3)

  • Dupliquer , et concurrencer illégalement les institutions génératrices de revenus de l' etat, est-il considéré comme une source d' enrichissement illicite...?

    LeRougeEtLeNoir

    20 h 05, le 28 février 2019

  • Personne ne devrait être épargné, a TOUT bord qu'il appartienne, si les preuves existent sans l'ombre d'un doute.

    Remy Martin

    18 h 55, le 28 février 2019

  • OUVREZ TOUT... MAIS TOUT... PORTS, AEROPORT, EDL, BARGES TURQUES, ETC... CAPTAGON, VIANDES AVARIEES, IMPORTATIONS ILLEGALES ETC... ETC... ETC... DANS TOUT IL Y A DE L,ARGENT VOLE... CE SERA DES FIANCAILLES DANS LE BORDEL !

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    16 h 24, le 28 février 2019

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