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Débat de confiance au Parlement : réformes et corruption au centre des interventions

Liban

Ce troisième jour de débat a été marqué par les excuses du Hezbollah après les propos polémiques de Nawaf Moussaoui concernant Bachir Gemayel.

OLJ
15/02/2019

Le Parlement libanais a poursuivi vendredi le débat à l'issue duquel le gouvernement de Saad Hariri a obtenu la confiance de la majorité des députés. Le cabinet a été baptisé "Au Travail !" en raison des nombreuses réformes, notamment économiques, auxquelles il devra s'attaquer. Lors de ce troisième jour de débat, qui a débuté vers 15 heures après une pause jeudi à l'occasion de la commémoration de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005, les interventions ont été centrées sur la corruption et les réformes. Le débat de a été en outre marqué par les excuses du bloc parlementaire du Hezbollah après les propos polémiques d'un député du parti chiite, Nawaf Moussaoui, qui avait déclaré mercredi que l'ancien président Bachir Gemayel avait été élu "grâce aux chars israéliens", suscitant l'ire des Kataëb.



Voici les principales interventions lors de la troisième journée de débat :


- Ali Ammar, député du Hezbollah, a annoncé qu'il accordera sa confiance au gouvernement. Saluant le rôle du président, Michel Aoun, du Premier ministre, Saad Hariri, et du président du Parlement, Nabih Berry, dans la formation du gouvernement, il a affirmé que la déclaration ministérielle était "à la hauteur de la responsabilité nationale". Mettant en garde contre le danger que représentent selon lui Israël, les États-Unis et le terrorisme, le député a ajouté : "Nous tendons la main à tous. Notre destin est commun. Nous pouvons exprimer nos divergences mais cela ne doit jamais se transformer en conflit".

- Ghazi Zeaïter, député du mouvement Amal, a annoncé qu'il votera la confiance au cabinet. "Il est nécessaire de conduire un plan global de sauvetage", a-t-il déclaré, regrettant l'absence du dossier des Libanais expatriés de la déclaration ministérielle. Appelant le gouvernement à placer la Békaa et le Akkar en tête de ses priorités, le député a exprimé l'espoir qu'une loi d'amnistie générale, qui est dans les tuyaux depuis plusieurs mois, "doit être globale afin que tous en bénéficient".

- Alain Aoun, député du Courant patriotique libre, a appelé à un renforcement de la lutte contre la corruption. "Les paroles ne suffisent plus. L'opinion publique commence à penser que toute la classe politique est corrompue, ce qui bénéficie aux corrompus", a-t-il déploré, appelant à mettre fin à "l'omerta" et au renforcement du rôle des instances de contrôle et de surveillance, dont celui du Parlement.

- Tony Frangié, député du mouvement Marada, a annoncé qu'il accordait sa confiance au gouvernement. "Quelles sont les réformes impopulaires qui sont évoquées dans la déclaration ministérielle ?", s'est-il interrogé, appelant à une véritable réforme du secteur de l'électricité et exprimant son opposition à une augmentation des impôts ou taxes. Sur un autre plan, le député a déploré le fait que l’État traite le dossier de l'environnement "comme au Moyen-Âge" et que des municipalités brûlent les déchets. "Nous accordons la confiance au gouvernement car il a une opportunité en or de mener les réformes", a-t-il conclu, appelant l'ensemble des forces politiques à prendre leurs responsabilités et à s'attaquer aux défis auxquels il est confronté. 

- Jihad Samad, député membre de la "Rencontre consultative" (sunnites pro-8 Mars), a appelé le Premier ministre à débuter les réformes "par la direction des Forces de sécurité intérieure et Ogero", dénonçant l'"impunité" dont certains bénéficient et s'étonnant de l'"hérésie constitutionnelle" que constitue selon lui le fait que certains ministres aient signé une lettre de démission anticipée, en allusion aux ministres du CPL.


- Un violent échange a opposé Sami Fatfat, jeune député du bloc du Futur, et un député prosyrien de Baalbeck-Hermel, Jamil Sayyed, qui était intervenu mercredi dernier. M. Fatfat a déclaré que M. Sayyed, l'une des figures de la tutelle syrienne, devait "présenter ses excuses pour tous les jeunes qui avaient été emprisonnés pour des raisons politiques depuis 1992". Il a en outre critiqué le fait que M. Sayyed avait, toujours dans son intervention, porté atteinte à la mémoire de Rafic Hariri. M. Sayyed a répondu qu'il parlait du Tribunal spécial pour le Liban, chargé de juger les responsables de l'assassinat de l'ancien Premier ministre, et pas de Rafic Hariri, tout en qualifiant le jeune député de "poussin né de la dernière pluie". Saad Hariri s'est alors adressé à M. Berry, en disant : "Cet homme ne veut pas respecter les martyrs", et en pointant du doigt M. Sayyed. Le président du Parlement a demandé de rayer cet échange du procès verbal.


- Talal Arslane, député druze d'Aley et chef du Parti démocratique libanais, a annoncé qu'il accordait sa confiance au gouvernement. "Nous vivons une crise de système politique et d'application de la Constitution", a-t-il estimé. "Il y a des mensonges entre l'ensemble des formations politiques car nous ne sommes même pas d'accord sur le minimum des bases de ce qui fait l’État et le peuple", a-t-il ajouté,  exprimant son "inquiétude" concernant la communauté druze dont "les droits ont été bafoués après l'accord de Taëf".

- César Abi Khalil, député CPL, a indiqué qu'il votera la confiance au cabinet. Sur le dossier des réfugiés syriens, le député a déclaré que "tout est le monde est d'accord sur l'idée d'un retour sûr comme l'illustre la déclaration ministérielle". Il a également défendu son action à la tête du ministère de l’Énergie (dans l'ancien gouvernement) et sa gestion du dossier de l'électricité, critiquée par plusieurs députés.

- Ibrahim Kanaan, député CPL, a annoncé qu'il voterait la confiance au gouvernement Hariri. "L'initiative de Mohammad Raad est l'illustration du fait que les députés et les blocs parlementaires se parlent malgré les divergences", a-t-il déclaré, en référence aux excuses du chef du bloc du Hezbollah après les propos du député du parti chiite Nawaf Moussaoui à l'encontre de Bachir Gemayel. "Ce gouvernement doit être celui de la réforme, puis de la réforme et de la réforme", a lancé le président de la commission parlementaire des Finances, estimant que l'"existence de l’État est menacée par l'absence de réformes financières et économiques". Critiquant le nombre élevé de recrutements dans la fonction publique, M. Kanaan a insisté sur l'importance des instances de contrôle et de surveillance, notamment en ce qui concerne la lutte contre la corruption, et le rôle des députés dans ce cadre.


- Najib Mikati, député indépendant et ancien Premier ministre, a affirmé qu'il accordait sa confiance au cabinet. "Ce gouvernement n'a pas le droit d'échouer. Nous devons coopérer pour sauver le pays", a-t-il déclaré. L'ancien chef du gouvernement a également appelé à l'adoption rapide d'une loi d'amnistie générale "afin de mettre fin à l'injustice".


- Le vice-président du Parlement, Élie Ferzli
, a déclaré que "s'éloigner de la Constitution est la plus grande des corruptions", estimant que "demander des comptes à un gouvernement regroupant l'ensemble des composantes du Parlement est quasiment impossible". "Lorsque l'on dit que tout le monde est corrompu, alors c'est la logique de l'État qui tombe. Ne reste alors que les entités communautaires", a déclaré le député de la Békaa-Ouest.



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