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Manifestation devant le ministère de l'Education: "Georges Zreik est victime de la corruption"

Liban

 "J'espère qu'il n'y aura pas un second Georges Zreik et que l'Etat fera des réformes parce que mon frère est mort pour le Liban", déclare le frère du père de famille qui s'était immolé jeudi au Liban-Nord devant l'école de ses enfants qui lui réclamait les frais de scolarité.

OLJ
11/02/2019

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté lundi matin devant le ministère de l'Education à Beyrouth en signe de protestation après le décès de Georges Zreik, un père de famille dans le besoin qui s'était immolé jeudi au Liban-Nord devant l'école de ses enfants qui lui réclamait les frais de scolarité.

"Georges est victime de la corruption", scandaient les manifestants, réunis à l'appel de l'union des comités des parents des écoles privées. Des activistes de la société civile et des étudiants de l'Université libanaise ainsi que d'universités privées ont participé à la manifestation qui avait pour slogan : "Georges Zreik martyr du feu des scolarités". Ils ont protesté contre "le chaos du coût de l'enseignement privé et pour le soutien de l'école publique", rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). 

Les manifestants ont brandi des photos de Georges Zreik sur lesquelles était écrit "Nous brûlons".  Ils ont également appelé à la démission du directeur du département de l’enseignement privé au Liban, Imad el-Achkar. 

Présent sur place, le frère de Georges Zreik a appelé au "limogeage de l'administration de l'école parce qu'elle se comportait de cette manière avec mon frère". "J'espère qu'il n'y aura pas un second Georges Zreik et que l'Etat fera des réformes parce que mon frère est mort pour le Liban", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Education Akram Chehayeb a de son côté présidé une réunion administrative relative à l'affaire de l'immolation de Georges Zreik. Il a également été informé de l'enquête en cours dans l'affaire.

"Nous sentons que nous sommes seuls et que nous sommes une proie facile pour les commerçants et que le pays ne peut pas nous protéger", a affirmé à L'Orient-Le Jour Marianne, mère de deux enfants.
"Nous appelons à renforcer le rôle des comités des parents et à leur donner des prérogatives pour qu'ils aient un meilleur contrôle sur les budgets des écoles", a affirmé Houssam, un autre manifestant.


Dans un communiqué, l'Union des comité des parents a exhorté le président Michel Aoun, le chef du Parlement Nabih Berry et le Premier ministre Saad Hariri, à "tenir leurs promesses de combattre la corruption". "Nous leur conseillons de commencer avec le ministère de l'Education, parce que réformer le reste des secteurs n'a aucune valeur si le peuple reste ignorant", a affirmé l'Union.
L'Union a réclamé que lors de la prochaine réunion du gouvernement soient formés des conseils d'arbitrage (entre les parents et les écoles) dont elle ferait partie. Elle a également appelé le ministère de l'Éducation à ne pas retirer les affaires actuellement devant la justice. L'Union a en outre réclamé la publication des budgets (des écoles) et la nomination d'audits assermentés ; la divulgation du sort des augmentations faites avant 2011 et supposées être des avances sur la grille des salaires ; l'activation de l'article 13 de la loi 515/96 relative au contrôle effectué par le ministère sur le budgets des écoles ; la publication d'une circulaire expliquant le texte de l'article 10 et du dernier paragraphe de l'article 12, qui protège les étudiants contre les chantages de la direction, et leur garantit ainsi qu'à leurs parents leurs droits légaux. Elle a aussi appelé à déférer devant l'inspection les personnes suspectes de corruption et exigé de connaître le sort des affaires qui ont été retirées par l'ancien ministre de l’Éducation.

La mort de Georges Zreik, père de deux enfants, a secoué la population et les responsables libanais. La victime s'est immolée jeudi devant le collège de ses enfants à Bkeftine, dans le Koura, au Liban-Nord. Transporté à l'hôpital, l'homme n'a pas survécu à ses brûlures. Selon son frère, l'école refusait de lui donner une autorisation pour transférer sa fille vers un autre établissement. La direction de l'école s'était défendue d'avoir mal agi, affirmant n'avoir jamais menacé de renvoyer les enfants de l'école. L'administration a également précisé que les parents ont cessé de payer la scolarité de leurs enfants depuis l'inscription du fils pour l'année scolaire 2014-2015, mais qu'ils s'acquittaient des frais de transport, de fourniture et des activités extrascolaires.

Le bureau du ministre de l'Education Akram Chehayeb a annoncé avoir ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances du drame.



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