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En 2002, le sommet arabe de Beyrouth suscitait déjà des polémiques

retour sur l'histoire libanaise

Les tensions qui entourent le sommet économique prévu le 20 janvier à Beyrouth rappellent celles qui avaient marqué la réunion de l'organisation panarabe dans la capitale libanaise il y a 16 ans.

11/01/2019

Les polémiques qui entourent le sommet économique de la Ligue arabe, prévu le 20 janvier à Beyrouth, autour de l'invitation ou non du président syrien Bachar el-Assad et de la participation de la délégation libyenne rappellent celles qui avaient déjà secoué le sommet arabe accueilli par Beyrouth il y a 16 ans. Ce 14e sommet de la Ligue arabe, les 27 et 28 mars 2002, avait été marqué par de vives divisions internes notamment illustrées par l'absence de plus de la moitié des chefs d’État arabes et l'adoption de l'initiative de paix arabe initiée par le prince héritier saoudien Abdallah, entre Israël et les pays arabes ainsi que les Palestiniens. Cette réunion de l'organisation panarabe, la deuxième que le Liban accueillait depuis 1956, avait charrié de nombreuses polémiques et divergences, notamment au sein de la classe politique libanaise.

Retour sur ce sommet auquel le leader palestinien Yasser Arafat n'avait pu assister en raison de son assignation à résidence à Ramallah par les forces armées israéliennes.


"Initiative de paix arabe"

Le prince hériter saoudien Abdallah ben Abdel Aziz. Photo d'archives OLJ


En 2002, le sommet de Beyrouth s'achève avec l'adoption d'une "initiative de paix arabe" imaginée par l'Arabie saoudite et portée par le prince héritier Abdallah qui exerce le pouvoir à la place du roi Fahd ben Abdel Aziz, malade. Ce plan de paix propose à Israël une paix globale et une normalisation des relations avec les pays arabes en échange du retrait des territoires occupés depuis 1967, à savoir la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Golan syrien, de la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et d’une solution au problème des réfugiés palestiniens.

Les États-Unis de Georges W. Bush ont exprimé leur soutien à cette initiative, la qualifiant de "pas positif". Le gouvernement israélien a pour sa part qualifié ces propositions de "trop vagues" et devant faire l'objet de discussions directes, même si le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, se montrait moins sévère.

L'initiative saoudienne est intervenue après plusieurs semaines de très forte tension entre le gouvernement israélien d'Ariel Sharon et l'Autorité palestinienne de Yasser Arafat. Après trois attentats-suicides meurtriers, le Premier ministre israélien ordonne le 3 décembre 2001 à l'armée israélienne de détruire les trois hélicoptères du leader palestinien, l'empêchant de se déplacer. Le 18 janvier, l'armée israélienne encercle la Moukata'a, le quartier général de Arafat à Ramallah. Le raïs se retrouve confiné dans les bâtiments, en grande partie détruits par l'armée israélienne.

C'est pour protester contre le sort de Yasser Arafat, assigné à résidence, que le président égyptien Hosni Moubarak, qui dénonce "le chantage, les insultes et l'humiliation" israéliennes à l'adresse du dirigeant palestinien, et le roi Abdallah de Jordanie refusent de se rendre à Beyrouth.


(Pour mémoire : Adoption du plan Abdallah, réconciliation irako-koweïtienne, rejet de l’implantation : le sommet a acquis une dimension historique)



L'affaire du discours d'Arafat

Pour pallier l'absence de Yasser Arafat, il a été convenu que ce dernier puisse s'adresser au premier jour du sommet aux dirigeants réunis à l'hôtel Phoenicia via une allocution retransmise par satellite. Mais le président de l'époque, Émile Lahoud, qui présidait le sommet, expliqua qu'une diffusion en direct du message du président palestinien depuis Ramallah n’était pas possible en raison des risques d’interférences israéliennes. Furieuse, la délégation palestinienne a menacé de claquer la porte. Le Premier ministre libanais Rafic Hariri et le président syrien Bachar el-Assad, qui assistait au sommet dans une première visite d'un chef d’État syrien à Beyrouth depuis plusieurs dizaines d'années, ont joué les médiateurs pour apaiser les colères.

Finalement, le discours d'Arafat a été enregistré puis diffusé le lendemain aux dirigeants arabes.


Le président syrien Bachar el-Assad. Photo d'archives OLJ



La participation de la Libye

Il y a 17 ans, la participation de la Libye au sommet arabe faisait déjà polémique. Ce vendredi, le Conseil supérieur chiite libanais a condamné l'invitation de la Libye au sommet économique de Beyrouth, en raison du litige opposant les responsables chiites libanais aux autorités libyennes depuis la disparition en Libye de l'imam Moussa Sadr, fondateur du parti chiite Amal du président du Parlement libanais, Nabih Berry. Ce dernier a par ailleurs rejeté les déclarations de la commission chargée de l'organisation du sommet économique qui a affirmé que le président de la Chambre avait précédemment approuvé la participation des représentants libyens à cet événement.

En 2002, le leader libyen Mouammar Kadhafi avait refusé la tenue de cet événement à Beyrouth en raison de prises de position hostiles de la part de milieux chiites libanais. Kadhafi finit par lever son veto en échange d'une assurance que l'affaire Moussa Sadr ne serait pas évoquée lors du sommet, mais refusa d'y assister en personne. Il s'était fait représenter par le chef de la diplomatie libyenne, Ali Abdel Salam Triki.

Le président de la Chambre, Nabih Berry, demanda alors le report du sommet de plusieurs mois, deux jours après une visite à Damas où il s'était entretenu avec le président syrien, affirmant redouter que le Premier ministre israélien ne soit "la figure principale" de la réunion et déclarant "avoir des informations selon lesquelles il sera demandé au Liban, au cours de ce sommet, de renoncer à la résistance armée contre Israël et de n’envisager le départ des Israéliens des fermes de Chebaa que dans le cadre de l’application de la résolution 242 de l’ONU".



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FABRIQUER DES PROBLEMES POUR PARALYSER LEUR PAYS... LES LIBANAIS EN SONT DES MAITRES...

nadim souraty

Est-ce Ghassan Salamé sur la photo, ou Mahmoud Hammoud?

IMB a SPO

Tout ca pour nous dire que aucune decision n'est prise par l'Etat Lianais, mais que ce sont des sois-disants politiciens qui sont en charge. En 2002la Syrie via Emile Lahoud et Nabih Berri. En 2018, toujours l'inamovible Nabih Berri, et l'Iran via Aoun/Nasrallah/Bassil et (encore) Berri

Chady

L’article n’est pas assez précis.

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