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Diaspora

La maison « la plus décorée de Montréal », celle d’un Libano-Canadien originaire de Zahlé

Fêtes

Sami Hajjar, 25 ans, a transformé sa demeure en un véritable site d’attraction. Il en profite pour sensibiliser les Montréalais aux enjeux sociaux qui lui tiennent à cœur.


24/12/2018

Ce n’est pas pour rien que la presse locale la surnomme la « maison la plus décorée de Montréal ». Avec ses 175 structures gonflables et ses 250 000 lumières, la maison familiale de Sami Hajjar, située dans le nord-ouest de la métropole, se transforme en un véritable village de Noël chaque année, pour le bonheur des petits et des grands.

Cette année, l’installation, baptisée « Pays des rêves », met en vedette des personnages de Disney, dont Mickey Mouse, mais aussi des personnages des « Minions » et de « Star Wars », parmi d’autres.
En 2017, ils étaient plus de 50 000 personnes à avoir visité sa maison, et ils seraient encore plus nombreux cette année, le jeune homme de 25 ans ayant plus que doublé le nombre de décorations.

« J’avais 15 000 lumières il y a deux ans puis 100 000 l’année dernière, et j’en suis à 250 000 cette année », affirme Sami dans une entrevue avec L’Orient-Le Jour. « Pour la première fois, j’invite aussi les visiteurs dans mon jardin où un parcours d’installations les attend, poursuit-il. Tout au long de la journée, on voit des gens dans le jardin, et j’aime ça. »

L’année dernière, le coût des installations, achetées au Canada et aux États-Unis, s’est élevé à 50 000 dollars canadiens, l’équivalent de 37 000 dollars américains environ. Cette fois, dit-il, le coût sera moins élevé, étant donné qu’il réutilise des structures qu’il possède déjà. Mais quoi qu’il en soit, le jeune homme, qui a passé plus de trois mois à mettre en place le décor avec l’aide de deux autres personnes, tient à garder l’événement gratuit et ouvert à tous.


(Pour mémoire : Le septième art libanais, pour bâtir des ponts culturels avec le Canada)


La passion de Sami, dont la famille a fui la guerre libanaise dans le années 90, peu avant sa naissance, ne date pas d’hier. Il se rappelle du jour où il a acheté ses premières décorations avec sa mère il y a douze ans. C’était un set de lumières vendu dans une pharmacie à Montréal. « Au début, les décorations étaient très modestes, raconte le jeune homme, originaire de la ville de Zahlé. J’étais jeune, je faisais mon possible. Puis, d’année en année, j’ajoutais de nouvelles installations, et ce n’est qu’en 2017 que j’ai vraiment entrepris quelque chose de différent. C’était la première fois où les lumières étaient synchronisées avec de la musique. »

Ses parents, dit-il, ne s’attendaient pas à voir leur maison se transformer un jour en un centre d’attraction féerique à Montréal, « mais ils sont contents ».

Le plus grand défi reste le voisinage, étant donné que le domicile des Hajjar se trouve dans un quartier très résidentiel, Ahunstic-Cartierville, dans le nord de la ville. Pour organiser son événement, Sami a dû obtenir un permis municipal pour bloquer la rue afin de sécuriser les passants et empêcher les voitures de circuler. Conscient de ce désagrément, il envisage de trouver un nouvel espace pour accueillir ses installations l’année prochaine.

« C’est sûr que l’événement a pris trop d’ampleur pour un quartier comme celui-là, confie le jeune homme, qui travaille dans une entreprise de gestion d’immeubles résidentiels et commerciaux. Parfois, c’est difficile, surtout en fin de semaine, lorsqu’il y a 3 000 visiteurs par soir et beaucoup de voitures stationnées partout dans la rue. »


(Pour mémoire : Au Canada, novembre rime avec Liban)


Fondation Plan A pour les sans-abri
C’est que certains de ses visiteurs font un trajet de plus de deux heures pour admirer sa maison. « Aujourd’hui, par exemple, des gens de Gatineau (à plus de 200 kilomètres de Montréal) m’ont contacté pour savoir si l’événement était maintenu malgré la pluie », raconte Sami.

Il se dit particulièrement touché par les histoires personnelles des gens. « Une femme, qui passait par une période difficile après le décès de son mari d’un arrêt cardiaque, a visité la maison il y a quelques années avec son enfant, raconte-t-il. C’est devenu une tradition depuis. Elle m’a dit qu’elle n’oubliera jamais le jour de sa première visite tellement ils l’avaient appréciée. Ce genre de commentaires me marquent particulièrement. »

C’est d’ailleurs dans cet esprit de compassion qu’il a lancé, il y a à peine trois semaines, la Fondation Plan A pour apporter un peu de bonheur dans la vie des sans-abri de Montréal et des enfants gravement malades. Et comme pour tous ses projets, Sami voit grand. « On veut aider les itinérants en leur fournissant de la nourriture et des vêtements sur une base régulière, et aider aussi les enfants atteints de cancer à réaliser un de leurs rêves, dit-il. On espère pouvoir aider une centaine d’enfants. »

Pour ce faire, il lance une campagne de financement participatif en vue d’amasser la somme de 100 000 dollars canadiens d’ici à un an. L’objectif en est d’appuyer ces deux causes qui le « touchent beaucoup ».


Pour visiter le site de la fondation :

www.fondation-plan-a.org


Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com


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