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Liban

Gouvernement : malgré une lueur d’espoir, le surplace risque de persister

Gouvernement

Les sunnites du 8 Mars se réunissent aujourd’hui, mais leurs sources assurent qu’il n’y a pas de proposition palpable jusque-là.


17/12/2018

Une semaine de plus s’est écoulée sans qu’une éclaircie ne soit vraiment visible dans la formation du gouvernement, en suspens depuis les élections législatives de mai. Le « nœud » des six députés sunnites pro-8 Mars reste au centre du retard des dernières semaines. Certes, des bruits ont couru sur des pourparlers en vue d’arranger une réunion entre les six députés et le Premier ministre désigné Saad Hariri, qui jusque-là refuse de les rencontrer et d’intégrer l’un d’eux dans son cabinet, ne les considérant pas comme constituant un seul bloc parlementaire. Toutes les informations récoltées hier allaient cependant dans le sens d’un blocage qui persiste.

Une source du groupe des six députés indique à L’Orient-Le Jour que « ceux-ci n’ont rien reçu de tangible sur le plan gouvernemental », et qu’ils « continuent d’insister pour que l’un d’entre eux soit nommé ministre ». Les députés se réuniront aujourd’hui au domicile de l’un d’eux, Abdel Rahim Mrad, afin de discuter des derniers développements. Toutefois, la source précitée insiste sur le fait que les discussions ne porteront pas sur des propositions précises qui leur ont été faites. « Nous entendons dire que le président de la République Michel Aoun accepterait que l’un d’entre eux figure dans son bloc, mais cela ne nous a pas été dit directement, d’autant plus que nous considérons que nous devons faire partie de la part sunnite », affirme-t-elle. En bref, « aucune solution en vue », selon cette source.


(Lire aussi : Formation du gouvernement : "Nous sommes dans les 100 derniers mètres", assure Hariri)


À la fin de la semaine dernière avait émergé, selon la LBCI, une initiative lancée par le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, qui visait à convaincre le Premier ministre désigné de recevoir les six députés, à condition que ceux-ci acceptent de nommer une autre figure qui les représenterait au gouvernement. Cette initiative faisait suite à une autre entreprise par le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, en vue de convaincre Saad Hariri de prendre un de ces ministres sunnites dans son bloc, contre un ministre chrétien qui reviendrait au bloc du président de la République. Dans les deux cas, aucune réponse. Seule information, selon la chaîne : les sources de Baabda n’écartent pas la possibilité que l’un de ces députés figure dans le bloc du président, mais tout dépend de ce qui sera offert en contrepartie.

Interrogé par L’OLJ sur la possibilité qu’un de ces députés figure dans la part du président, l’ancien député Moustapha Allouche, bloc du Futur, estime que « ce serait la seule solution ». Sur une réunion possible avec le Premier ministre, il a souligné que « si la réunion avec ces députés devait engendrer un gouvernement, il aurait été possible de l’envisager, mais la vraie clé est entre les mains du Hezbollah ». Or, quelle est vraiment la position du Hezbollah ? se demande-t-il.

Une déclaration du cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil central du Hezbollah, hier, était significative sur ce plan. Il y assure que « les députés sunnites indépendants sont devenus une partie de l’équation politique », accusant Saad Hariri de « renier les résultats des élections ». Sur la position du Hezbollah, il indique toutefois que ce parti « n’est pas celui qui leur a donné le droit d’être représentés au gouvernement, mais ce sont les urnes qui le leur ont donné, d’où le fait que le Hezbollah ne négocie pas en leur nom ni ne fait pression sur eux, mais accepte ce qu’ils acceptent ».


(Lire aussi : Les haririens plus que jamais déterminés à affronter le Hezbollah)


« Pratique déviante et excès de pouvoir »
Quoi qu’il en soit, en réponse aux bruits qui courent sur une possible rencontre avec le Premier ministre contre un recul sur la condition principale qui est la désignation de l’un des six députés au gouvernement, le député Fayçal Karamé s’est indigné en considérant, dans un communiqué, que « si la rencontre avec ces députés devait être considérée comme une concession de la part de quiconque, alors elle ne devrait pas avoir lieu ».

Cette semaine devrait débuter avec une réunion du Premier ministre et du président de la République, au cours de laquelle le premier devrait mettre le second au courant de ses derniers contacts. L’espoir reste-t-il permis au niveau de la formation prochaine du gouvernement ?

Quoi qu’il en soit, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, s’en est pris avec virulence aux responsables politiques dans son homélie dominicale, les accusant d’empêcher la formation du nouveau gouvernement. « Je m’adresse spécifiquement aux responsables politiques qui empêchent la formation du gouvernement et, par conséquent, aggravent la crise économique et financière que connaît le pays, a déclaré le patriarche à Bkerké. Comment pouvez-vous accepter une pratique aussi déviante du travail politique et de tels excès de pouvoir, comment le pouvoir et les blocs parlementaires peuvent-ils dialoguer et se comprendre si chaque partie s’accroche à son point de vue et ses revendications ? »


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Irene Said

Merci qui ?
Merci le BIG BOSS du parti divin qui pour des raisons que nous découvrirons certainement bientôt ne veut pas de gouvernement en ce moment.
Irène Saïd

Le Faucon Pèlerin

Il y a une semaine, Saad Hariri avait déclaré : "Nous sommes à 100 mètres de la formation du gouvernement, aujourd'hui il est à 100.000 kms seulement.
En face lui, il y a un groupe qui revendique tous les ministres chiites, les ministres sunnites pro-syriens, les ministres chrétiens du CPL, les druzes pro-syriens, les tunnels sous la frontière-sud, jeter les juifs à la mer, étendre le nouvel Empire Perse de Ghana à Ferghana...

LIBAN D'ABORD

CELA SUFFIT CAR LES 19 DEPUTES CHRETIENS INDEPENDANTS AURONT AVEC LE MEME PRINCIPE LE DROIT A LEUR TOUR DE DEMANDER DES MINISTRES

MR lE PRESIDENT ET MR LE PREMIER MINISTRE SOIT VOUS ALLEZ VERS UN CABINET DE TECHNOCRATYES SOIT VOUS ENVOYEZ AU PARLEMENT LE MINISTERE QUE VOUS AVIEZ COMPOSE ET C'EST AU PARLEMENT DE DECIDER LA CONFIANCE OU PAS

A PARTIR DE CELA VOUS ETES TOUS LES DEUX RESPONSABLES DU RETARD MIS A ENVOYER CE MINISTERE AU PARLEMENT CAR TOUS LES DEUX VOUS ETIEZ D'ACCORD ET C'EST SEULEMENT QUAND HB A VOULU IMPOSE UN MINISTRE DES 6 QUE TOUT S'EST BLOQUE

JUSQU'A QUAND VOUS ALLEZ SUBIR SES DICTATES???

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CHACUN DES SIX SUNNITES CANDIDAT AUX ELECTIONS SUR UNE LISTE DIFFERENTE ET ELU PAR DES VOIX NON SUNNITES NE PEUT PAS PRETENDRE REPRESENTER LES SUNNITES ET SURTOUT PAS CONSTITUER UN GROUPE HOMOGENE. DONC ILS N,ONT DROIT A AUCUN MINISTERE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE MANDAT AOUN RISQUE PAR COUP PORTÉ PAR LA MILICE IRANIENNE ET LES SIX VENDUS A L,ETRANGER DE PASSER SANS GOUVERNEMENT, SANS REFORMES, PERDRE LES AVANTAGES, DONS ET INVESTISSEMENTS DE LA CEDRE, ET PLONGER LE PAYS DANS L,ABYSSE ET SON PEUPLE DANS LE DESESPOIR DE L,INCONNU ! FORT DANS LA FAIBLESSE !

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