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La Dernière

« Tous les acteurs rêvent de rôles de méchants »

L’acteur Daniel Brühl, membre du jury de la 17e édition, a partagé son parcours – et sa bonne humeur – avec « L’Orient-Le Jour ».


C. K. | OLJ
07/12/2018

Daniel Brühl ne cache pas sa joie en rejoignant la table des journalistes avec lesquels il chattera durant plus de vingt minutes. « Marrakech est fantastique. Outre le fait de faire des rencontres humaines avec des cultures différentes, il y a cette place de la Jemaa-el Fna, que j’ai hâte de voir, ce couscous que j’ai goûté avec ma femme hier et ces musées que je vais visiter aussitôt les interviews terminées ! ». 40 ans depuis quelques mois, et pourtant, l’acteur garde encore ce côté bon enfant qu’on lui a découvert en 2003 lorsqu’il incarne le personnage d’Alex dans Goodbye Lenin! du réalisateur Wolfgang Becker. De père allemand et de mère espagnole, possédant cinq langues, il est propulsé internationalement après le démarrage de sa carrière en Allemagne avec ce rôle. Il serait resté le gentil Alex aux yeux de tous les Allemands si un certain Quentin Tarantino n’avait pas vu sa face sombre et ne lui avait pas proposé le rôle du soldat Fredrick Zoller dans le film Inglourious Basterds en 2009. « Tous les acteurs rêvent de rôles de méchants », dit-il. Depuis, sa carrière s’envole. Aujourd’hui, avec à son actif des films auprès de grands réalisateurs comme Ron Howard (Rush), et des collaborations avec son amie Julie Delpy qui l’a fait jouer trois fois dans ses films, il ne craint pas de se jeter à l’eau. « Je n’ai même plus peur de l’échec, dit-il. J’ai pris la décision de faire une petite pause dans ma carrière d’acteur afin de passer derrière la caméra. »


(Lire aussi : Cristian Mungiu et son cinéma réalité)

Aucune crainte

L’acteur, ravi de faire partie de ce jury prestigieux avec à sa tête James Gray, n’en est pourtant pas à sa première expérience. « Je l’ai déjà été dans un petit jury de films à Cannes et dans le jury principal du 65e festival de Berlin (Berlinale). C’est une expérience intéressante et enrichissante et un exercice difficile car il s’agit, pour moi, comédien, de juger le film dans sa totalité et non pas seulement à travers le regard d’un acteur porté sur d’autres acteurs. Les discussions avec les différents membres sont essentielles car on peut changer d’avis le lendemain après l’avoir donné à chaud la veille. C’est aussi le même processus qu’emploie le comédien pour endosser ses rôles. Exigeant envers lui-même, il a d’interminables discussions avec les réalisateurs afin de préparer son personnage, et d’autres interminables discussions avec lui-même… « Alors que, rajoute-t-il, ma femme travaille et que mon petit garçon est occupé à jouer ailleurs ». Ron Howard ne s’est certainement pas trompé, même s’il a donné le rôle d’un Autrichien à un Allemand. Daniel Brühl était un Nicky Lauda plus vrai que nature. Il avoue très fièrement que même pour la série télévisée L’Aliéniste, il a dû prendre l’avis de sa psychologue de femme pour jouer le personnage de Dr Laszlo Kreizler. Alors bon ou méchant ou acteur caméléon ? Tout simplement un professionnel qui poursuit sa trajectoire avec beaucoup d’assurance.



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