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Gouvernement : les soutiens de Aoun et de Hariri s'écharpent sur leurs prérogatives

Liban

Berry appelle tous les responsables politiques à "faire des concessions".

OLJ
05/09/2018

Plusieurs responsables du Courant patriotique libre (aouniste), qui soutient le chef de l’État Michel Aoun, et des partisans du Premier ministre désigné Saad Hariri se sont écharpés mercredi sur fond de bataille sur les prérogatives de la présidence de la République et du président du Conseil des ministres, alors que la formation du gouvernement se fait attendre depuis plus de trois mois.

La dernière formule de 30 ministres présentée lundi par le Premier ministre désigné au chef de l’État, sur laquelle ce dernier a "formulé quelques remarques en se basant sur les critères qu’il avait fixés dans l’intérêt du Liban", lors d'un discours prononcé à l'occasion de la fête de l'armée, le 1er août 2018, a relancé le bras de fer sur les prérogatives de la présidence de la République et du président du Conseil. Les anciens Premiers ministres, Nagib Mikati, Tammam Salam et Fouad Siniora avaient alors estimé dans un communiqué commun que ces critères présidentiels étaient "un concept qui n'existe pas dans les textes constitutionnels".

Dans un tweet adressé dans la journée aux anciens Premier ministres, le député du CPL et conseiller du chef de l’État, Élias Bou Saab, a indiqué "avoir lu le communiqué" qu'ils ont publié la veille et "partagé leur souci quant aux prérogatives du Premier ministre désigné comme le spécifie la Constitution". "Mais j'espère que vous êtes aussi soucieux des prérogatives du président de la République et que vous ne les ignorez pas", a-t-il ajouté. Un autre député CPL, Ziad Assouad, a ironisé sur le refus du Premier ministre désigné Saad Hariri de jeter l'éponge.

Mardi, le bloc parlementaire du "Liban fort", dont le CPL est la principale composante, avait vertement critiqué la dernière mouture du futur cabinet présentée par M. Hariri. Quelques heures plus tard, le chef du gouvernement sortant avait réaffirmé qu'il ne se désisterait pas.

Dans ce bras de fer, le Premier ministre désigné peut compter sur le soutien de l'ancien ministre Achraf Rifi, un des rivaux de Saad Hariri sur la scène politique sunnite, qui a accusé le camp du 8 Mars de vouloir torpiller la Constitution. "Nous assurons nous tenir aux côtés de M. Hariri dans son attachement aux prérogatives de la présidence du Conseil, et son refus de porter atteinte à la Constitution", a déclaré M. Rifi sur son compte Twitter, accusant ses adversaires de "tenter de torpiller la Constitution avec le soutien du proto-État armé", en référence au Hezbollah.


(Lire aussi : La cohésion entre Baabda et la Maison du Centre mise à rude épreuve)


Concessions
Dans la journée, le président de la Chambre Nabih Berry a appelé tous les responsables politiques à "faire des concessions" dans le processus de formation du cabinet, tirant la sonnette d'alarme sur la situation économique du pays. "Pour pouvoir former le gouvernement, il faut que toutes les parties, sans exception, fassent des concessions, dans l'intérêt de la nation", a affirmé M. Berry, dont les propos ont été rapportés par des députés présents à la réunion hebdomadaire à Aïn el-Tiné. Il a également déclaré "s'attendre à ce que le président Aoun adresse une lettre au Parlement au sujet de la formation du gouvernement".

Les évêques maronites ont également appelé les responsables à "assumer leurs responsabilités et à faciliter la formation d'un gouvernement" à l'issue de leur réunion mensuelle.

La formule proposée lundi par M. Hariri compte 10 ministres pour le président et le CPL, six pour le Courant du Futur, quatre pour les Forces libanaises, trois pour le PSP, six pour Amal et le Hezbollah et un pour les Marada. Selon cette même formule, deux ministères dits de service et un troisième régalien, celui de la Justice, seraient confiés aux FL.

Depuis sa désignation le 24 mai, M. Hariri a présenté plusieurs formules qui ont toutes été rejetées par les différentes forces politiques. Le processus de formation du gouvernement continue de buter sur plusieurs obstacles, notamment le différend opposant le Courant patriotique libre aux Forces libanaises autour de leurs quotes-parts gouvernementales respectives. À cela s’ajoute la querelle entre le chef druze Walid Joumblatt et son principal rival Talal Arslane, le CPL insistant à intégrer ce dernier à la future équipe ministérielle, contrairement à la volonté du leader druze qui veut nommer tous les ministres appartenant à sa communauté au sein du cabinet Hariri. Certains observateurs et responsables politiques attribuent aussi les causes du blocage gouvernemental à la situation régionale.



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Irene Said

Cela devient de plus en plus clair que ce ne sont pas Michel Aoun et Saad Hariri qui s'affrontent, mais les forces extérieures qui les manipulent, pour accomplir leurs projets au Liban.

L'un d'eux leur obéit sans discuter pour pouvoir garder son fauteuil dont il a rêvé toute sa vie, et pouvoir le transmettre à son gendre, le second se laisse manipuler par faiblesse, marqué par la tragédie de l'assassinat de son père.

Aucun des deux n'a la personnalité nécessaire pour diriger le Liban, ni se soucie de la catastrophe dans laquelle il entraine notre pauvre pays.
En cas de malheur, les deux auront les moyens de fuir le pays, comme ils l'ont déjà fait...mais le petit peuple lui...payera les pots cassés, comme toujours !

Les deux figureront dans les pages les plus sombres de notre histoire !
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET L,HISTOIRE DIRA QUE CE SONT DES CHRETIENS MARONITES MALHEUREUSEMENT QUI CAUSERENT LA PERTE DU PAYS SI IL N,Y A PAS FORMATION DE GOUVERNEMENT A TEMPS ET SI CEDRE ET SES AIDES FINANCIERES SONT PERDUS...

Le Faucon Pèlerin

Ziad Assouad et consorts du Bloc du Liban fort (sic) se moquent de Saad Hariri... Se moquera bien celui qui se moquera le dernier.
Selon la déclaration de Me Rifaï, expert spécialiste de la Constitution, le président de la République n'a droit à aucun quota au sein du gouvernement. Tout simplement. Fort de ses prérogatives accordées au chef du gouvernement, Saad Hariri, par l'Accord de Taéf, il ne cédera plus rien.
Et vous les nostalgiques des temps anciens, regardez plus loin que votre nez, vous ferez mieux de chercher à savoir quelle serait votre position devant les implantations prévues des réfugiés palestiniens et de centaines de milliers de déplacés syriens avec le boulveresement démographique conséquent. Fin.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

HONTE A TOUS CEUX QUI RETARDENT LA FORMATION DU GOUVERNEMENT POUR DE FUTILES CAUSES ! 3AYB !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BLOCAGE : GENDRISSIMO-BEAUPERIEN !

Wlek Sanferlou

100% d'accord avec Berry: que tout les politiciens du Liban fassent des concessions et prennent une (même 10 ou plus) année sabbatique et entretemps on trouvera 3 à 4 personnes de bonne (mais vraiment de bonne) volonté pour redresser notre situation sociale/économique/environnementale/securitaire/etc.

Min temak la bweb el Sama!

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