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Liban

Gouvernement : Berry définit les priorités, le nœud chrétien d’abord

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Le président de la Chambre se dit prêt à intervenir pour régler le problème druze. Joumblatt et Arslane campent sur leurs positions.

Yara ABI AKL | OLJ
29/08/2018

Quelques heures après son entretien, lundi, à Aïn el-Tiné, avec le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, le président de la Chambre, Nabih Berry, a laissé entendre qu’il pourrait intervenir pour défaire le nœud druze entravant encore la formation du gouvernement. Mais il a toutefois insinué que le véritable obstacle sur le chemin du futur gouvernement est la querelle opposant le Courant patriotique libre aux Forces libanaises autour de leurs quotes-parts gouvernementales respectives. Selon lui, le Premier ministre désigné, Saad Hariri, devrait franchir cet obstacle d’abord.

« Qu’ils règlent les autres nœuds et le reste est facile », avait lancé le chef du législatif, interrogé par le quotidien al-Joumhouriya, en réponse à une question portant sur le différend opposant Walid Joumblatt à son principal adversaire politique druze, Talal Arslane, le premier voulant nommer tous les ministres de sa communauté, à la faveur des résultats des dernières élections législatives.

Les propos de Nabih Berry interviennent à l’heure où le chef du législatif semble effectuer une sorte de recentrage par rapport au clivage CPL-FL, en faveur de Meerab. On en veut pour preuve le fait que plusieurs députés FL participent, depuis mai dernier, aux audiences du mercredi tenues chaque semaine à Aïn el-Tiné après un long boycottage lié, bien entendu, aux divergences stratégiques entre les partis de Samir Geagea et Nabih Berry. À cela s’ajoutent les apparitions médiatiques effectuées par des parlementaires et des responsables FL, via la chaîne NBN, organe médiatique du mouvement Amal. Des gestes que des observateurs politiques ne dissocient pas du désaccord entre M. Berry et le chef du CPL, Gebran Bassil, notamment depuis l’épisode de la vidéo fuitée dans laquelle M. Bassil avait qualifié le président de la Chambre de « baltaji », l’équivalent égyptien de voyou, en janvier dernier.

Sauf que dans les milieux de Aïn el-Tiné, on préfère ne pas aller aussi loin. On se contente de placer les propos de M. Berry dans le cadre d’une tentative d’aider le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à former son équipe. M. Hariri avait formulé cette demande devant M. Berry, lors de leur dernière rencontre, le 10 juillet, à Aïn el-Tiné.


(Lire aussi : L’envers du jeul'éditorial de Issa Goraieb)


Le problème druze « peut être réglé »...
Contacté par L’Orient-Le Jour, un proche du président de la Chambre assure que « le nœud druze peut être réglé », sans donner plus de détails sur les modalités de cet éventuel règlement. « Mais il faut d’abord que Saad Hariri trouve une solution à la querelle interchrétienne », note-t-il, dans ce qui pourrait être interprété comme un partage de rôles entre MM. Berry et Hariri. Le proche de Aïn el-Tiné assure en outre que Nabih Berry est « garant du règlement de la question druze », tout en assurant que « cela ne se fera pas aux dépens de Talal Arslane ».

Dans certains milieux politiques, on évoquait récemment une éventuelle issue qui consisterait à accorder deux ministres druzes au PSP. Le troisième serait une personnalité non provocatrice pour Moukhtara, mais qui bénéficierait de l’aval de Talal Arslane.

Une proposition que les milieux joumblattistes refusent de commenter, dans la mesure où elle n’a pas encore été discutée avec eux. « Si Nabih Berry est notre allié historique, cela ne signifie pas que nous accepterons de facto toute proposition qu’il nous présentera », souligne un proche de Walid Joumblatt à L’OLJ, rappelant que son parti ne demande que le respect des résultats des législatives et campe sur sa position, dans ce domaine.

Parallèlement, les rapports entre Nabih Berry et Talal Arslane subissent de sérieuses secousses. Conscient de l’appui berryiste accordé à Moukhtara, le chef du Parti démocrate libanais s’en est pris au président de la Chambre. « J’ai de l’affection personnelle pour Nabih Berry, mais je ne comprends pas comment il fait ses choix stratégiques, lui qui a accordé trois sièges parlementaires (druzes) à Walid

Joumblatt », avait-il déclaré dimanche dernier à l’OTV, organe médiatique du CPL.

De source proche de M. Arslane, on apprend que ce dernier n’entend aucunement modifier sa position gouvernementale et attend la proposition de Nabih Berry, tout comme Walid Joumblatt.


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Irene Said

Et si chacun de ces Messieurs commençait par défaire le gros noeud dans sa propre tête ?

Un noeud composé de sa religion, d'héritage familial, d'égoïsme, d'ignorance, de prétention, de manque de patriotisme, d'amour de l'argent qui prime sur tout, d'allégéance à des puissances étrangères qui justement le fournissent en monnaie sonnante pour accomplir leurs propres projets, et pour finir, de l'incapacité de s'adapter au temps présent...et à penser:

LE LIBAN, MA PATRIE EN TOUTE PRIORITE !

Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FAUT LIRE LE SUPERBE EDITORIAL DE MONSIEUR ISSA GORAIEB !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

COMME LE NOEUD GORDIEN LE NOEUD GENDRISSIMO-BEAUPERIEN DEVRAIT ETRE TRANCHE D,UN COUP NET PAR LE P.M. EN NOMMANT SON GOUVERNEMENT !

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