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Le célèbre quotidien panarabe Al-Hayat a tiré sa révérence à Beyrouth

Presse

Le bureau de la capitale libanaise employait une centaine de personnes, dont la moitié sont des journalistes. Leur sort reste, pour l'instant, inconnu.

OLJ/AFP
01/07/2018

Le prestigieux quotidien panarabe Al-Hayat, fondé à Beyrouth en 1946 et détenu par des capitaux saoudiens, a fermé samedi ses portes dans la capitale libanaise, sur fond de difficultés économiques dans le pays et la région.

"Aujourd'hui le bureau de Beyrouth tire sa révérence, alors que la diffusion du format papier s'était déjà estompée début juin", regrette un journaliste sous le couvert de l'anonymat.

Il a été décidé de fermer "tous les bureaux à l'étranger pour des raisons financières et de transférer le quartier général à Dubaï, après la fermeture du siège central à Londres" début 2018, ajoute une source au sein du quotidien, citée par l'AFP.

Le bureau de Beyrouth employait une centaine de personnes, dont la moitié sont des journalistes, impliqués dans la production du quotidien et d'un magazine de variétés. Le sort de ces derniers reste, pour l'instant, inconnu.

Le quotidien comptait deux éditions, l'une internationale, diffusée à partir de Beyrouth jusqu'à début juin, et l'autre, saoudienne, destinée au marché local qui continuera d'exister.

La version mondiale sera uniquement consultable en ligne, mais dans les pays du Golfe elle sera également diffusée en format papier.

Fondé il y a plus de sept décennies par Kamel Mroué, journaliste libanais de renom assassiné en 1966, le quotidien Al-Hayat ("La Vie" en arabe) fut contraint de fermer ses portes en 1976, un an après le début de la guerre du Liban (1975-1990). Il a rouvert en 1988, basé à Londres et simultanément publié dans plusieurs capitales arabes, deux ans avant son acquisition par le prince saoudien Khaled ben Sultan.

De tendance libérale, Al-Hayat avait accueilli dans ses colonnes les plus grands intellectuels et journalistes arabes.

Les médias au Liban traversent une crise financière sans précédent depuis plusieurs années, liée à la fois à la débâcle mondiale du secteur de la presse à l'âge du numérique, ainsi qu'à une mauvaise conjoncture économique, qui touche également l'Arabie Saoudite.

Fin 2016, le quotidien libanais As-Safir, diffusé à travers la région, a mis la clé sous la porte, 42 ans après son lancement.


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Eleni Caridopoulou

C'est triste j'ai des larmes aux yeux....

Wlek Sanferlou

"Kol Kalimatika oua'mchi" "dit ton mot et marche" avait dit l'illustre Kamel Mroueh!! un autre trésor libanais trop tôt éclipsé par les mains assassines!

Aujourd'hui son journal marche après avoir dit son mot! Allah yirham Al Hayat et Yirham Kamel Mroueh!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL EST REGRETTABLE QUE LES JOURNAUX L,UN APRES L,AUTRE FERMENT !

Sarkis Serge Tateossian

Beaucoup d'amertume en lisant ces lignes...
Une partie de nous qui disparait.
Gardons espoir sur ce Liban tant éprouvé mais qui finira par se redresser.

Antoine Sabbagha

L'âge du numérique impitoyable oblige les quotidiens et tout ce qui est papier , à tirer leurs révérences

MGMTR

Encore une victime de la pensée politique étroitement binaire, hélas envahissante dans notre région, qui ne laisse pas la place à l'universalisme, la multiparité ni à la neutralité qui caractérisa ce bon journal à ses débuts. Adieu Al-Hayat papier, et longue vie à la version pixel.

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